‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 115 sur 183 · A. Rkvilli:, op. cit.^ p · texte numérisé non relu

A. Rkvilli:, op. cit.^ p

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précurseur (|uo riiisloirr lui (h'cijuvrc, et 1 un b.iit (|Ui' 1(^ sens chr<'li<'n rcjcîla .iussitôt coiunu' dos impi<';tés les négalioiis du cclèhrtî éeohUre. Sociri était à la f(Ms trop pénétri' du lil)rc examen pr(»lestant et trop convaiiuui de rexcellrncci de ses idées pour ^tnî beaucoup ému parle reprochede nouveauté, s'il était parvenu à sa connaissance. A certains moments, il semble s'attribuer une sorte de mission prophétique, témoin C(»s paroles qu'on peut lire dans la prf'face de son De Christo scrsuitore : « Vis fini rst niilii <th ipsis [</nii('is\, (j ni h us pnic caeteris istud dehchaniy initiuni fucere pcrniciosos istos criores penitus detegendi et \>eritateni^ quani nie Dei heneficio exacte nossr persudsNs crant^ apcriendi^ , » Mais cette assurance même du novateur n est-elle pas une raison de déliance pour tous et, pour ceux qui croient à la divine mission de rKglise, un motif sulfisant de condamnation y

Il n'est pas étonnant après cela que les âmes pétries de christianisme trouvent insuffisante cette conception du salul. Cependant il s'en faut que toutes les objections qui lui ont été faites du point de vue théologique aient une égale valeur.

On lui a reproché de méconnaître le rôle de la souffrance dans la réparation du péché.

Les conditions douloureuses du salut, ce qu'on désigne par le mot d'expiation, la souffrance qui suit le péché et sans laquelle il ne peut être vaincu, tout cela ne se trouve guère dans leur doctrine. Leur rationalisme est impuissant à saisir la tragique réalité de la lutte qu'on doit subir avant de goûter les joies de la victoire-.

Cette objection, où Ton a reconnu le postulat fon-

!. De Christo servatore, Praef., p. 118. Cf. iv, 14, p. 246. 2. J. BovoN, op. cit., t. II, p. 46.

4>r, DÉFORMATIONS PROTESTANTES DU MYSTERE.

damental de l'orthodoxie protestante, n'est qu'à moitié fondée. Sans doute Socin parle peu de la souffrance ; mais rien n'indique qu'il l'ait exclue de la réparation individuelle — et ceci n'est, au demeurant, qu'une question secondaire de psychologie. Ce qu'il conteste, c'est la possibilité ou la réalité d'une souffrance ^expiatoire, infligée parla justice divine à la personne innocente de notre Sauveur comme punition de nos fautes : l'orthodoxie protestante n'a pas encore démontré le contraire.

Avec plus de raison, Sabatier signale son individualisme excessif.

Cette critique purement logique, menée d'un point de vue moral ultra-individualiste, n'allait pas au fond du problème ; elle n'avait aucune intelligence du mystère social de la solidarité physique et morale, de la sympathie, de tout ce qui met les êtres dans la dépendance les uns des autres et, en quelque manière, les unifie ^

Où Ton voit que Sabatier a devant les yeux un fait de solidarité naturelle entre les individus de la race humaine; et ici encore Socin, bien qu'il ne fasse pas de la solidarité je ne sais quelle loi nécessaire, ne mériterait pas non plus tout à fait ce reproche. Car il a entrevu et accepté, au moins d'une manière passagère et à titre d'hypothèse, l'idée que les souffrances de Jésus proviendraient, par répercussion, de nos péchés^.

Mais ce qui lui échappe tout à fait, c'est le fait de solidarité surnaturelle, qui, dans le plan divin, associe chacun de nous au péché d'Adam et aux mérites

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