‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 118 sur 183 · DeChristo servatore, Praef., t. II, p · texte numérisé non relu

DeChristo servatore, Praef., t. II, p

toujours devant les yeux et qu'il poursuit de ses arguments.

Un examen superficiel suffit pour s'en rendre compte. Est-ce la théologie scolastique ou l'Église romaine qui ont jamais posé comme condition indispensable du pardon divin le châtiment des coupables, ou expliqué 1 avènement du Sauveur par la nécessité de satisfaire aux exigences impérieuses de la justice vindicative; qui ont distingué entre l'obéissance active et l'obéissance passive du Christ, ou enseigné que le Christ dans sa Passion a dû subir toutes les peines dues aux pécheurs, y compris les peines de l'enfer; qui ont conçu la justification comme une imputation extérieure des mérites du Sauveur, excluant toute coopération personnelle? Ce sont pourtant les thèses que Socin s applique à démolir l'une après l'autre avec une impitoyable rigueur. Si donc il est entendu que sa dialectique a eu gain de cause, c'est au détriment des positions les plus caractéristiques de la sotériologie protestante.

Il est vrai que Socin parle constamment de satisfaction; et de là pourrait surgir quelque équivoque, puisqu'il prétend exclure entièrement cette idée. Mais il est facile de voir que partout il prend satisfaction pour synonyme d'expiation pénale, c'est-à-dire au sens pseudo-juridique adopté par les protestants, et non point au sens essentiellement moral qui a toujours été retenu par les catlioliques. Nous avons pris soin de le bien faire observer au début même de cette exposition, 'et cette définition préliminaire, qu'il ne faut plus ensuite perdre de vue, suffit à faire voir dans quel sens est orientée sa critique.

D'ailleurs, ce point de départ étant bien admis, la logique de Socin est impeccable. Si l'on a présent devant l'esprit ce processus tout juridique et quantitatif suivant lequel les docteurs de la Réforme

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avaient ('«mslruil leur llicoiic de la Kédcînpt.ion, on a l irnprcîssioii (juc jamais sans dont^* réi'ulatioii plus claire et plus vif^ouiMMiso nCn lut faite rpie i)ar l'autour des Pntrlecfio/tcs. Il peut y avoir i;à et là (|uel- <pie suhlilité; mais, dans ses traits essentiels, la (liseussiou est lumineuse. (Test la protestation du bon sens (*t du sens ehréti(^n contre le mysticisme irrationnel où s'éj^arail la Kéforme : partout Ton peut dire que Tavantag-e est du eot('' de Soein.

Après avoir établi (pie Dieu était libre d'exercer sa miséricorde sans aueunt^ satisfaction, il écarte l'opinion adverse par cette formule lapidaire : « Mini m est quanluni Deo adimat [conirdriasenicntia] •. » Et si Ton objecte que Dieu ne saurait laisser le péché impuni, c'est oublier la distinction élémentaire qui s'impose.

Quod igitur ais Deuiu iniquitatem impiinitam non relinquere, lioc quidem verum est, idque perpetuo, si veram iniquitatem, hoc est obstinatam hominis malitiam... intelligis. Sed si de ea iniquitate in qua quis non persistât verba facis, id a veritate quam longissime abhorret-.

Tout de même, s'il est vrai que Dieu nous ait pardonnés, on ne saurait dire en même temps qu'il ait exigé le paiement intégral de la dette. Ce serait détruire la miséricorde divine.

Quid mirum esset si earum iniquitatum [Deus] non recordatus fuisset amplius, postquam pro omnibus sibi plene satisfactum vidisset? Quaenam tanta haec ipsius liberalitas et magnitîcentia fuisset, si ne tantillum quidem de iure suo remittere vohiisset? ... Remittere peccata et sibi pro ipsis vere satisfieri plane contrarii sunt nec ulla ratione simul consistere queunt.

i. Praclect. theoL, 16, t. I, p. 566.

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