‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 126 sur 183 · Ibid., II, 1, p · texte numérisé non relu

Ibid., II, 1, p

"2. Ibid., III, 6, p. 51.

Il: LKiiALISMK l)i: (JlOrH s /|'il

D'aillant (pic, en plus do C(3S excellents motifs, Dieu a usé dans cette dispcMise d'une* procédure sin- «^•uliére, (pie ranteur (ITHinissail plus haut en ces termes : n piinitio nnins <ui inijniniditetti (lUcri consi'(jn('!idnni ' » (ch. m).

Mais cette procédure m«'me n'est-elle pas paradoxale? Contre elle Socin avait multi|)lié les objeclions: (Irc^tius est S()uci(Mix d'y r(''pondre, (it ceci ramène au cœur du problème. Kn trois cliapitres, il eludie la question de droit, la question de convenance, la question de fait (ch. iv-vi). D'où les trois l>ropositions successivement démontrées : qu'il n'y nvait pas d'injustice à ce que le (liirist fût puni pour nos péchés, qu'il y avait des raisons sullisantes pour (ju'il le fût, qu'il l'a été effectivement et que c'est en (juoi consiste la satisfaction. Si les solutions sont peut-être contestables, du moins la méthode estelle rigoureuse.

Pourquoi y aurait-il injustice":^ C^e n'est pas parce (]ue le Christ a souffert malgré son innocence : Socin le reconnaît et, pour ce motif. Grotius se dispense de l'établir plus longuement. Serait-ce parce qu'il a souffert à cause de nos péchés? Pas davantage; car cette sorte de substitution est admise par la Bible, parle sentiment universel des peuples, par le droit : sur ce point Grotius multiplie les exemples et les autorités-. Tout reproche d'injustice s'évanouit enfm si Ton songe que le Christ a voulu donner sa vie pour les pécheurs et qu'il en avait le droit, qu'il était par nature et par fonction notre représentant.

i. Ibid.. III, 1, p. 4G.

5. Grotius invoque les cas de substitution volontaire (amende, prison et mort inlîigées à qui s'est porté caution pour un coupable), de solidarité naturelle et familiale, même la pratique barbare de la décimation.

11 n'est pas question de savoir s'il est permis à n'importe quel juge d'infliger à n'importe qui les peines, quelles qu'elles soient, du crime d'un autre. Car les juges inférieurs sont privés de ce pouvoir par l'autorité des supérieurs. 11 n"est pas davantage question de savoir si l'autorité suprême parmi les hommes le peut pour n'importe qui et pour n'importe quelle peine. En effet, il y a obstacle quelquefois ou dans la loi divine ou dans la raison naturelle. Mais il est question de savoir si un acte qui est au pouvoir du supérieur, même en dehors de toute considération de délit, peut être par lui ordonné comme peine du péché d' autrui... Dans notre cas. Dieu avait le pouvoir d'affliger le Christ innocent même jusqu'à la mort, Socin le reconnaît, en vertu de son droit souverain. Le Christ avait par concession divine, et plus encore comme Dieu, ce pouvoir que nous n'avons pas sur sa vie et sur son corps... Il n'y a donc pas la moindre injustice à ce que Dieu, dont le pouvoir souverain s'étend à tout ce qui n'est pas essentiellement injuste, qui n'est soumis lui-même à aucune loi, ait voulu se servir des supplices et de la mort du Christ comme d'un exemple sérieux contre les fautes sans nombre de nous tous... En quoi il jdi disposition, non seulement juste, mais sage, de la part du Dieu très sage et très juste ^.

Cette transition amène Grotius à rechercher les causes de ce plan divin. Il se défend tout d'abord de donner aucune raison nécessitante et absolue; car il s'agit d'un acte libre. Du moins pouvons-nous trouver de nombreux motifs de convenance. Pour nous remettre les peines éternelles. Dieu avait une raison suffisante dans sa bonté; mais la gravité du péché explique qu'il n'ait voulu le faire qu'en frappant le Christ.

Dieu n'a pas voulu laisser passer tant et de si graves fautes sans un exemple insigne. La raison en est que

i. Jbid., m, J8 et 19, p. ()3-Gi.

LK LKGALISMK I)»-: C.lUnH S. 443

tout prclir dcpl.iil viviMiicnta Dieu, ri d auUuit plus qu'il est plus ^ravc... (Jcî souverain déplaisir, il convenait à Dieu de le ténioi/^ner par un aet(Mjnrlcon(pie; et il n'en est ]>a8 d(î plus j)i\)pre à cvi elTet que la j)eine... D(! plus, l'inipunité a pour résultat de faire ((u'on a])])réeie moins la faute, tandis (pu^ le meilleur moyen d'arrêter la tendance au mal c'c^st la crainte du châtiment. D'où cet adage : supporter une injustice passée, c'est en solliciter une nouvelle. La ])rmience l'ait donc un devoir au (-hef de })orter des sanctions. IMus encore y a-t il motif de si'-vir, (juand une loi est pul)lié(» qui menace les coupables d'un châtiment : dans ce cas, ne pas punir, c'est diminuer Tautorité de la loi auprès des sujets... Dieu avait donc de très graves raisons de i)unir le ])éc]ieur, surtout si l'on tient compte de la grandeur et de la multitude des péchés. Cependant Dieu aime par-dessus tout le genre humain. A'oilà pourquoi, ])ien qu'il eût le droit et la volonté d'infliger aux péchés des hommes la peine qu'ils méritaient, c'est-à-dire la mort éternelle, il a voulu épargner ceux qui ont la foi au Christ. Or il y avait deux moyens de pardonner, ou de faire un exemple, ou de n'en pas faire. Avec beaucoup de sagesse, Dieu a choisi le moyen qui lui permettait de manifester à la fois uu plus grand nombre de ses attributs, savoir sa clémence et sa justice, autrement dit la haine du péché et le souci de faire observer la loi^

... Par là Dieu nous détourne efficacement du péché. Car la conclusion est facile : si Dieu n'a pas voulu remettre les péchés, même aux pécheurs repentants, sans que le Christ les remplaçât pour en subir la peine, à plus forte raison ne laissera-t-il pas impunis ceux qui s'obstinent. De plus, il nous donne, de cette manière, une preuve insigne de son amour. S'il nous pardonne, ce n'est pas, en elTet, qu'il lui fût indifférent de punir les péchés; au contraire, il y tenait tellement que, plutôt que de les laisser tout à fait impunis, il a livré au châtiment son Fils unique-.

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