‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 128 sur 183 · Ibid., VI, 7, p · texte numérisé non relu

Ibid., VI, 7, p

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lui liiisse, si Pou pnil ainsi dire, h^s mains libres j)oiir lo |)ar<l()ii*. Nous soninu's rachetés, [)nrce que notn» Sauveur a l'ourni par sou saîi^^ la rariron qui nous délivre : (îrotius iusisl(» sui* 1 ÏMier-gie 8p(»ciale (lu terme avxiXuxpov, qui allirme tout à hi fois ridentité de la peine (»t la substitution du patient^. Telle est aussi, d'après la Rible et la tradition universfdle, la si^'uilicalion des sacrilicN^s : scuieuH'nt, ii ladiflerence des oblations anciennes, le sacrifice du (llirist a une ellicacité spirituelle et sa valeur s'étend à tous b's péclu's du monde.

Aussi bien est-ce la divinité du Christ qui est le dernier mot de son œuvre : Grotius a bien aperçu cette corrélation.

Rien d'étonnant à ce que ceux-là qui ravissent au Christ sa gloire naturelle, c'est-à-dire la divinité véritable, diminuent ensuite son rôle et refusent de reconnaître ses principaux bienfaits. A vous, Seigneur Jésus, comme vrai l)ieu, vrai prrtre et vraie victime pour nos péchés, en même temps qu'au Père et à l'flsprit qui ne forment avec vous qu'un seul Dieu, soient honneur et gloire^.

(/est ainsi que s'achève sur un acte de foi. d'autant plus touchant qu'il est plus discret, ce traité où les considérations juridiques ont tenu tant de place. N'est-ce pas la preuve que le juriste, en Grotius, n'a pas entièrement étouffé le croyant et, quoi qu'il en soit de son système, où les préoccupations politiques et sociales l'emportent sur les méditations théolo-

i. u Minime eiiim credibile estvoluisse Deum filium carissimum et innocenUssimuni tam graviter allligi, nisi egregio aliquo fine sibi proposito. Hic autem finis... alius esse vix potest quani impetrandum ius veniae per antecedentem satisfactionem » (vu, D, p. 9:>-9t3 .

-2. Voir vni, 9, p. 107. CI. ix, 5, p. 115 : « Poenas vice nostra ferendo ».

:i. Ibid., X, 3î>, p. 13ii. A la suite, p. 13:i-15-2, sous le titre de Testtmonia Patriun, l'auteur a réuni un petit dossier de textes relatifs à Texpiation, pris, soit chez les Pères de l'Église, soit chez les écrivains l)rofanes.

giques, que sa pensée profonde repose sur le solide fondement des réalités chrétiennes?

Si caractérisé dans sa physionomie doctrinale que paraisse à l'historien moderne le système de Grotius, il faut bien constater que son originalité ne semble pas avoir beaucoup frappé ses contemporains ; même ses partisans d'aujourd'hui reconnaissent que ses premières destinées ne sont pas en proportion de son importance. Mais sa vitalité dans l'avenir devait être une sufïïsante compensation à cet oubli d'un moment.

Comme Grotius s'était surtout employé à combattre Socin, ce côté polémique de son œuvre retint tout d'abord l'attention. Les sociniens jugèrent l'adversaire assez considérable pour l'honorer d'une réfutation en règle : dans sa longue Responsio ad lihrum Hugonis Grotii^ Jean Crell le suit pas à pas, s'appliquant à réviser son exégèse et à rétorquer ses arguments ^ Au cours de cette minutieuse critique, l'auteur a plus d'une fois Foccasion de dénoncer les points faibles du nouveau système; mais il se préoccupe surtout de défendre les positions de son Église et cet écrit de circonstance n'ajoute, au fond, rien d'essentiel à ce que nous savons des doctrines sociniennes. Jean Crell fut à son tour réfuté par André Essénius^, et les escarmouches confessionnelles continuèrent de la sorte, à la frontière des deux Eglises, sans amener de progrès appréciable.

1. L'ouvrage est imprimé dans la Bibliotheca Fratrum Polonorum. l. V. Cf. Baur, op. cit., p. 438.

2. A. EssENius, Triumplius Crucis, seu fuies cathoUca de satisfactione ac mérito Chrisii asserta, Utrecht, 1666. Cl. Foster, op. cit., p. 259260.

rend.iiil cv tern|)s. l;i Ihcnlo^rie orthoiloxe demeurait inatteiilive aux idées spéciales de; (irotius. Un mom(Mil celui-ci fut allacph' par Ilri*uianii Hav(;nspcrt^', j)rofesseur à (ironiu^^-ue, (pii trouva moyen d(; confondre ses docti'ines avec celles de Socin. Vossius prit aussitôt la plunu' pour relever ces lourdes confusions et dcfendnî la pensée de son illustre ami : ralîaire n'eut pas d'autre suite'. Le plus souvent, les théologiens prot(»stants se conttmtent d'ignorer (iTotius; il semble que les esprits sont trop absorbés par la controverse du dehors pour s'ouvrir aux divergences intestines et surtout chacun est trop pénétré de Texcellence de son système pour chercher à côté les idées nouvelles qui pourraient Ppurichir.

C'est ainsi que l'orthodoxie calviniste continue à raisonner sur Toirense divine et sur la justice qui exigeait une satisfaction aussi stricte que nécessaire, tandis que les Arminiens, quand ils n'inclinent pas vers le pur socinianisme, professent que l'exigence d'une satisfaction aussi bien que son eiïîcacité dépendaient uniquement du bon plaisir divin. Les uns et les autres négligent, ou à peu près, les principes les plus caractéristiques de Grotius^.

11 faut, pour en retrouver quelque trace, arriver à la théologie anglicane du xvii^ siècle; et la raison en est peut-être que les influences de la théologie arminienne coïncidaient, là mieux qu'ailleurs, avec les tendances utilitaires de la race. En tous cas, Tarchevêque Tillotson et Tévéque Symon Patrick enseignent dans leurs écrits que Dieu se devait, en pardonnant, d assurer le respect dû à ses lois, en même temps que de nous détourner elTicacement du péché : la mort du Christ leur paraît tout à fait ap-

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