‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 13 sur 183 · Touzard, p. (r · texte numérisé non relu

Touzard, p. (r

pour la rémission des péchés était la conversion spirituelle. Mais de même que lalivé donnait une expression sensible de sa bienveillance envers le peuple en promettant au peuple sa présence pleine de grâce, de même riionime devait, lui aussi, manifester extérieurement ses sentiments de pénitence en offrant à Dieu quelque chose de ses biens. Sauf le cas de nécessité, on choisissait d'ordinaire un animal propre au sacrifice : par l'immolation d'un animal, c'est-à-dire d'un être vivant, le caractère sérieux du péché, dont la mort est le salaire, était représenté de la façon la plus saisissante '.

On n'ira pas pour autant transporter à cette époque primitive une théologie raffinée de la substitution, que rien ne justifie dans les textes. 11 est probable que le même rite devait susciter diverses impressions, suivant la nature des âmes. Le P. de Condren a écrit des Juifs, non sans quelque hardiesse :

Ils la brillaient [la victime], afin que la fumée montant en haut^ Dieu parût recevoir et avoir pour agréables leurs sacrifices. C'était pour les Juifs spirituels une image et une figure de cette acceptation. Et pour les plus grossiers, peut-être avaient-ils sur cela une créance peu éloignée de Terreur des païens, qui pensaient que les dieux, en les recevant, se nourrissaient de la fumée de l'encens et des victimes-'.

A plus forte raison pouvons-nous admettre que les idées, d'ailleurs parfaitement religieuses, d'olîrande intéressée, de tribut payé à un souverain et d'alliance divine par commensalité, comme aussi parfois quelques conceptions superstitieuses plus ou moins entachées de magie, ne leur furent pas plus étrangères qu'aux peuples de leur race et de leur milieu. Mais

-i. I'. i)i: (:()M)i;LN, Uidrc du sacerdoce et du sacrifice de Jésusr/ir/st, Paris, iîMJl, p. 4î>.

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il II y a |)Jis (l(; iiiolil pour Icui' rcriiser syst<'Tnali(ju«'monl ("(îttc i(l('*n (»h»iiïontniro cl*expiation, (|iii n« réclarno pas (rautres postulats (pu- la notion dr l)i<*ii et du p<h'Ih''.

Un»' auti*e conct^ption, l)i('n judaKpie ((dloci, cpii se manifeste dès ccllr épocpn», e/est cella de la solidarit<' (pii rrlic rnlic eux I(\s membres du pru|)le élu. F. a proniirrcî alliance est essentiellement eollective; elle a pour résultat de faire de tous les lltibreux une seule» famille, dont tous les intérêts sont communs devant Dieu, soit en bien, soit en mal. C'est ainsi (pi'un petit nombres de justes aurait suffi pour sauver les villes coupables (//V/^., xviii, 22-3'^ , comme Tintercession de Moïse et le nom des grands patriarches arrêtent le courroux de l'Eternel prêt à frapper les Israélites au [)ied du Sinaï [Kdod.^ xxxii, ll-lf)). De même, les fautes de chacun ont-elles leur répercussion sur tous, et c'est pourquoi la Loi prescrit une cérémonie d'expiation générale.

La fête d'expiation... avait pour but de conserver vivace dans le peuple la conscience de la peccabilité humaine et de la nécessité d'une rédemption, et aussi de rappeler la solidarité de l'obligation qu'avaient les Israélites d'observer les prescriptions de l'Alliance'.

Telles sont les amorces providentielles que le dogme de la Rédemption, si Ton veut faire abstraction de tout parti pris, rencontre dans les couches les plus profondes de la religion juive. Non pas qu'il faille aussitôt chercher dans ces antiques institutions, comme parfois on l'a fait, la clef de la doctrine chrétienne : ce serait un étrange défaut de perspective théologique. Mais, s'il est vrai qu'à travers ces egena

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