‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 14 sur 183 · NlKEL, p. G-2:i · texte numérisé non relu

NlKEL, p. G-2:i

32 REVELATION DU MYSÏEHE.

elenientd apparaissent, avec le sentiment du péché, les notions de solidarité spirituelle et d'expiation, il ne saurait être indifférent à personne, (juand on sait Tavenir réservé à ces doctrines, d'en saisir le premier germe dès les plus lointaines origines de la révélation.

Ce qui demeurait encore d'imperfection dans la religion mosaïque, telle du moins qu'elle était pratiquement comprise par la masse, allait être corrigé par l'action énergique des Prophètes. Ici l'apologiste a l'avantage de se mouvoir sur un terrain plus sûr et plus connu, puisque les historiens sont à peu près d'accord sur la date des écrits prophétiques, comme sur l'ensemble de leurs idées directrices.

Les Prophètes se présentent en bloc comme les censeurs et les éducateurs du peuple au nom du Dieu de leurs pères. Tout d'abord ils font une œuvre réformatrice, (ju'il importe d'ailleurs de ne pas dénaturer.

L'épitliète de réformateurs ne siiiiiifie en aucune manière qu'ils se soient présentés avec des procédés nouveaux pour faire valoir une doctrine nouvelle. Ils apparaissent bien plutôt comme les tenants de cette tradition, qui, de Moïse jusqu'à eux, s'est transmise dans la lignée des inspirés... Mais, réformateurs, ils le sont en ce que leur action est en perpétuelle antithèse avec la mentalité et les préjugés de leurs contemporains ^

Par là même, ils devaient avoir une action « constructive et progressiste^ » ; en fait, c'est à eux que la foi d'Israël a dû ses plus beaux développements.

i. TorzAun, p. TMi\ •2. >iki;l, p. <»L

IMU<:i»AUATI()N IMloVIDK.NTIICr.LK. 33

Ainsi (jiril coiivcn.iil ;i leur iiiinislprc do prôdiral(uirs, les prophèUîS insistf^iit sur l;i iiolinn <!<• hini, si oublier ou si riK^coiuiun |);ir Icur's con* ilo\ rns ; «t cotte couooplion, suivant !<; mot <l(3 M. 'louzard, <( nous y apparaît sin^niliôromont agrandies* >•. i](\ (|u'ils piH^oliont, c'est \i\ |)lus jmi* et lo plus chaud uioiiotlioisino, av(;c toutes ses consfMpioncos. Dieu, sans abandonner 1<^ |)euploélu, se montre davanla^o comme le maître universel des peuples; à ré<^^'ird de tous, ilest doniK' comme le DicMi juste et saint, ennemi du p('ché, ven^jfour des moindres crimes. Par suite, tout en s'intéressant en palriotes et en croyants à rensemble d'Israël, les Prophètes font oeuvre de moralistes et s'adressent également aux individus. (]eci devait amener un progrès dans la notion d(î la loi morale.

En effet, ce qu'ils réclament pour le service de Dieu, c'est la religion parfaite. « Il est un [grief] qui s'applique à tout le culte de cette époque... Or ce grief universel, c'est le formalisme sans portée morale dont le peuple se contente si volontiers -. »

En même temps, ils prêchent aux Juifs l'accomplissement de tous leurs devoirs individuels et sociaux; leur mission propre, c'est d' « insister sur la moralité, en l'opposant à l'observation toute matérielle de la loi^ ». Jamais encore le contenu moral de la notion d'alliance n'avait été si complètement développé. On connaît ces belles et touchantes images : l'allégorie de l'épouse infidèle (Osée, ii, 4 ss.), celle de la vigne stérile (Isaïe, v, 1-8). Chez tous

Page 1