‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 131 sur 183 · VoirFosTKu, ibid., p. xlvii-xlix · texte numérisé non relu

VoirFosTKu, ibid., p. xlvii-xlix

Du moment que des créatures moi-ales ont été amenées à Texistence, il doit y avoir un gouvernement moral... Pour un gouvernement moral, il faut une sanction... Si la sanction est promulguée mais ne s'applique jamais, la loi devient comme si elle n'existait pas... Autant valait que la loi ne fût jamais faite ou publiée: bien plus, à certains égards cela vaudrait mieux... Porter une loi et ne pas l'exécuter témoigne toujours de quelque faiblesse... la loi et le législateur, non seulement sont mis en fâcheuse posture, mais sont réellement dignes de mépris... Que si Dieu maintient l'autorité de sa loi par un châtiment, cette attitude s'harmonise bien avec le rôle législatif et exécutif de son gouvernement... Le châtiment des pécheurs tendra d'une manière très efficace à préserver du péché toutes les créatures raisonnables. Mais si l'autorité de la loi n'est pas appuyée de quelque sanction, ce sera un encouragement au péché plutôt qu'une raison de s'en écartera

Telle fut la fin providentielle de la mort du Christ. En vrai magistrat, Edwards explique qu'elle se réfère, non pas à la justice commutative ni distributive, mais à cette justice générale qui préside à l'accomplissement du bien. Comme d'ailleurs nous avons tout intérôt à ce que l'autorité de la loi soit parfaitement maintenue, Dieu nous a donné une grande preuve d'amour en voulant que son pardon fût subordonné à une satisfaction aussi efficace.

A ce système qui ramène la Rédemption à un acte d'opportunisme gouvernemental le nom du président Edwards demeure attaché : tous les historiens de langue anglaise connaissent une Edwardean school et sont unanimes à signaler l'ampleur de son rayonnement. « Grâce à Finfinence d'Edw^ards, dit le D"" Poster, la théorie gouvernementale de l'expiation a prévalu dans l'Kglisc congrégationaliste et dans

\. Cité dans Fostkr, op. cil.,\^. \\-\a\.

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une «^TarMlc partie dcî la dciioïiiinalion j)irsl)\ tiriemic en Aniéi'i(|iie ^ » Au dire d un autre Américain, bien à même par conséquent d'être n^nsei^nf', « les principes et les nuUIiod<'s d«» (irotius sont employés d'une manière lelh^nent «;•('' né' raie fpi'on j)eut y voir une caracléristicpie de la théologie de la nouvelle Angl(»terre- ».

En dehors de cette école qui se rattache expressément à rirotius,son iniluence, consciente ou non, se fait sentir sur tonte la (li(''ol()0'i<» moderne, soit en France, soit en Allemagne. Iléville a bien siyiialé le caractère de ces infiltrations.

Cette manière de comprendre la Rédemption était à la fois assez ingénieuse et assez élastique })Our se rattacher à la longue beaucoup d'esprits. D'abord peu connue, puis violemment attaquée au nom do l'orthodoxie, elle surnagea cependant mieux que celle-ci sur la période rationaliste du siècle dernier... Avec les formules vagues auxquelles elle se prêtait si bien, elle lut d'un merveilleux secours aux théologiens et aux prédicateurs qui craignaient de rompre entièrement avec les idées et surtout avec les expressions dont ils ne pouvaient plus dans le for intérieur se cacher la faiblesse. Le supranaturalisme et le rationalisme se donnèrent souvent la main sur ce terrain neutre, et aujourd'hui encore, il n'est pas toujours facile, en lisant les écrits des représentants de l'orthodoxie, de savoir s'ils se rattachent, avec Anselme, à la chevalerie du moyen âge, ou bien, avec Grotius, à la diplomatie des temps modernes ^

Dans riiistoire des idées théologiques, si Ton compare ses humbles débuts à son immense destinée, le système de Grotius fait penser à ces sources profondes, dont les eaux semblent un moment se perdre,

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