‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 132 sur 183 · Ibid., p. \i.vi · texte numérisé non relu

Ibid., p. \i.vi

-1. G. B. Stevens^ op. cit., p. ITiî.

I). A. Rkvili.e, op. cit., p. 78-79.

452 DEFORMATIOiNS PROTESTANTES DU MYSTERE.

mais qui reparaissent bientôt pour fournir un large fleuve au cours puissant, cependant que d'imperceptibles canaux vont porter au loin la fécondité du courant principal.

Un tel succès n'a pourtant pas désarmé la critique. Bien au contraire, les théologiens de droite et les historiens de gauche, aussitôt qu'ils se trouvent en présence de la théorie propre de Grotius, s'accordent dans une commune réprobation.

Ces derniers, moins sensibles au fond des choses qu'au défilé de conceptions théologiques également fragiles, ont surtout porté leurs critiques sur la cohérence intime du système. Il aurait, à leur sens, le défaut commun à toutes les doctrines de conciliation, c'est-à-dire de cumuler les inconvénients de celles qu'il prétend remplacer, sans offrir l'avantage — ou du moins le charme spéculatif — de leur rigoureux enchaînement.

La théologie calviniste était bâtie sur la notion rigide de justice ; celle de Socin sur le concept de bonté. Sous prétexte de les accorder, il arrive à Grotius de les compromettre l'une et l'autre : la justice, puisqu'il conçoit un Dieu qui pourrait pardonner sans aucune satisfaction ; la bonté, puisqu'elle ne s'exerce qu'au prix d'un châtiment exemplaire sur la personne de Jésus-Christ. On s'est demandé de quel droit Grotius pouvait conserver les termes d'expiation et de sacrifice, puisque Dieu n'est pas offensé ; ou parler de satisfaction, quand il n'y a pas d'équivalence entre ce que nous devions faire et ce que notre Sauveur a fait à notre place. Dans une théorie qui exclut précisément la justice distributive, comment peut-on dire que le Christ a été puni? Et d'autre part

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