D'après J. S. Lidgftt, op. rit. ^ p. 153-i:i
LE lK(;aijsmi<: di: i.iunius. 455
(j' défaul initial (iX|)Ii(jii(i, sans les excuser, les tares plus visibles du système. Avec la IVoi*!» sérénité <lu l/'j^^iste, (Irotius «M-rit rôununinmt que le C^lirist a du étrtî, et a <';té d(î l'ait, puni j)(>ur nous. Les inter|)rètes de sa pensée assunint, il est vrai, (\w cette expression n'est pas h prendre selon toute sa rig'Ut'ur te(lini(|ue ' ; mais (illc n en est pas moins fAcheuse et IVanelienient inae(:ei)tabltî pour le sens chrétien.
Quoi qu'il en soit d'ailleurs de cette formule, ridée demeure, cpii est la pim-re angulaire du système, d'après hupielle, avant de pardonner, Dieu devait faire un exemple. Cette préoccupation sociale est juste dans une certaine mesure et la théologie catholique l'a retenue, à titre de convenance, comme motif partiel du plan divin; mais comment pourrait-on en faire la raison principale et l'ériger en nécessité absolue? Ainsi la mort du juste par excellence, la mort du Fils de Dieu, n'aurait pas d'autre sens que de servir, en manifestant la justice, d'avertissement salutaire pour etïrayer ou retenir les pécheurs. 11 n'est pas de magistrat, dans une nation civilisée, qui consentît à cette procédure, aussi cruelle dans son principe qu'elle est médiocre dans ses résultats; et tel serait le triomphe delà justice divine! Tout homme raisonnable, à plus forte raison tout chrétien, s'associera à la protestation d'Auguste Sabatier :
Quelle manifestation de justice peut-il y avoir dans le fait de condamner un innocent à la place des coupables ? Dieu n'a-t-il. pour maintenir le gouvernement moral de sa création, que les grossiers et imparfaits expédients auxquels la législation humaine, aux époques les plus barbares, a eu recours 2?
1. Voir FosTER. op. cit.. p. '260, et Stevens. op. cit., p. 105.