‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 140 sur 183 · Wengei;, ibid., p · texte numérisé non relu

Wengei;, ibid., p

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On sait (\\u\ pour lui, Dieu cl le ntoiidr soni, id<Mitiqucs, le nnnule rrctaiit (jii un iiiorrKnit do l'éternelle ('volutiou divine; mais, parce (pi'il est lini, le mondr se trouver in()in(MitamMneiit en opposition avec l'infini. I /homme doit donc s'arraclier ii sa nature pour revenir à sa destination première, et cela ne se peut qu'au prix du r(Mioneement et de la mort.

De là pour l'homme le besoin de la Hédemption, (jui est réalisé!^ dans un j)ers()nna,i!(* histori(|ue, dans l'Ilomme- Dieu, en (pii le Dieu-huuianilé s'est pleinement réalisé et par (jui le genre humain i)eut parvenir à participer de la Divinité. l']n Christ, l'humanité individuelle atteint le j)lus haut degré de perfection ; sa mort fut une péripétie dans l'histoire même de Dieu ; c'est le centre de la conscience universelle; dans cette mort subie par Dieu, tous les hommes ont expiré, car tous ont été réconciliés avec Dieu^.

De nombreux essais furent tentés en Allemagne, sur lesquels il est inutile de s'appesantir, pour appliquer à la dogmatique chrétienne ces principes panthéistes. Il y eut tout d'abord grand enthousiasme devant cette conciliation imprévue de la raison et de la foi, et les systèmes se multiplièrent-: mais comment se dissimuler que la base en était ruineuse? Aussi ces tentatives de théologie hégélienne sontelles jugées sévèrement par tous.

Quelque temps, la trompette sonna pour célébrer cette merveilleuse alliance, et, avec un aveuglement qu'on serait près de taxer plus sévèrement, on s'obstina à ne pas voir que la religion étouffait dans cette dialectique abstraite et que le Christ-Rédempteur n'était plus qu'un symbole philosophique ^ — Le christianisme est sa-

i. Wengei;, op. cit., p. 48.

i. Voir V^'en(;ek, p. 4'i-4G et 50-54, après Baur, op. r^ï., p. 688-743.

i. A. RÉVILLE, op. cit.^ p. 103.

crifié à la doctrine du philosophe ; il n'est pour lui que l'exposition mystique ou symbolique de l'absolue unité de l'infini et du fini, de l'éternel et du moi; l'élément historique n'est plus que l'enveloppe mythique de l'élément spéculatif. Il n'y a d'orthodoxe que le langage: sous prétexte de vouloir expliquer le christianisme il l'a fait disparaître, et, en revêtant sa logique d'un vêtement antique et consacré, il a trompé beaucoup d'esprits, qui avaient cru reconnaître dans son système une connaissance supérieure, un christianisme spéculatif ^

Peut-être cependant peut-on s'expliquer en quelque mesure la séduction exercée par ces sortes de philosophies.

Affligés par les tristes résultats du rationalisme empirique et philosophique, les théologiens, pour réhabiliter le christianisme, cherchèrent à le transformer en système philosophique, où les dogmes de l'Eglise trouveraient au moins une place honorable; mais, sous les mots anciens, on cacha de nouvelles idées et les dogmes nouveaux cherchaient à passer pour anciens à l'aide de la terminologie usitée ^.

En tout cas, la réaction ne tarda pas à se faire, comme les observations mêmes qu'on vient de lire en sont la preuve. La haute spéculation allemande et la foi de l'Évangile parlaient un langage trop différent pour que l'accord pût être solide et de longue durée. De cette école spéculative et de la théologie qu'elle a produite il ne reste plus aujourd'hui qu'un souvenir. Même outre-Rhin, l'heure est sans doute passée pour longtemps de ces sortes de synthèses, et l'on a quelque peine à comprendre que la philosophie ait entretenu de pareilles ambitions ou que des pen-

1, Wenger, op, cil. y p. 50.

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