‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 141 sur 183 · Ibid., p. 44-4:i · texte numérisé non relu

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KVOLUTION DU IJHKRALISMK. 407

seurs chréti(ins aient en T illusion d'y trouver un concours.

Cotte dcbauclie do nirti|)liysi(|ue eut du moins un bon résultat : ce fut de provocjuer un nionvomcnt qui ramena la théologie à Tétudc des faits proprement chrétiens, c'est-à-dire la Bible inspirée et la foi vivante des î\mes. De là est sortie cette école mystique dont Scldeiermacher est le chef; orthodoxes et libéraux sont d'accord pour reconnaître son importance.

Schleiennacher a réforme la tliéologio comme Kant avait transformé la philosopliie. Il a trouvé le rationalisme et l'orthodoxie également épuisés, et son esj)rit, trempé par la science du ])remier et par une piété mystique oriiAinaire de la seconde, était merveilleusement propre à inaugurer les voies nouvelles *. — Esprit singulièrement original et puissant, son rôle a été surtout un rôle d'initiateur; il n'appartenait à aucune école, et il n'a pas voulu fonder une école après lui; mais il a donné aux esprits une impulsion féconde et a inauguré un principe nouveau qui a porté ses fruits , et (pii est devenu comme le patrimoine commun de toutes les écoles théologiques. Aussi ceux-là même qui ne sont pas ses disciples ont-ils subi son influence, et lui sont-ils redevables des progrès mêmes par lesquels ils l'ont dépassé 2.

Élevé chez les Frères Moraves, qui lui inculquèrent en matière de Rédemption les principes de Tortho-

1. A. RÉVILLE, op.lcit-^\>- lOi. Cf. Sabatier, op. cit.. p. 78-79.

2. F. BoNiFAS, La doctrine de la Rédemption dans Schleiermacher, Paris, 1865, 1). 7-8. Cette excellente thèse donne un exposé lucide et pénétrant du système, avant d'en faire la critique : il n'y a pas de

4fi8 DEFORMATIONS PROTESTANTES DU MYSTÈRE.

doxie la plus étroite, Schleiermacher en garda toute sa vie Tempreinte d'une piété profonde; mais il ne tarda pas à sentir combien cette théologie formaliste était impuissante à exprimer les réalités de sa foi. Un moment, il se contenta d'une vague philosophie religieuse, où la révélation chrétienne n'avait presque pas de place; mais, sa pensée se portant de plus en plus vers le christianisme et la Rédemption, il en aperçut la signification profonde, que sa théologie s'appliqua désormais à traduire. Son système atteignit sa forme complète et définitive dans la Dogmatique par lui publiée en 1821.

L'apparition de cet ouvrage a fait époque dans l'iiistoire de la théologie, et il a ouvert une ère nouvelle à la dogmatique. Deux courants opposés se partageaient alors la théologie en Allemagne... Schleiermacher se sépara à la fois du rationalisme et de l'orthodoxie : il prétendit ouvrir une route nouvelle entre ces deux tendances extrêmes et les réconcilier ensemble en cherchant un point de vue supérieur qui donnât une égale satisfaction au besoin d'une révélation positive et aux exigences de l'esprit individuel^

Ce « point de vue supérieur » lui est fourni par Texpérience religieuse. L'auteur met au premier plan de ses réflexions un fait positif : la conscience chrétienne ou le sentiment chrétien, et toute sa théologie cherche une explication qui puisse en rendre compte. Or, une donnée fondamentale de la conscience chrétienne, c'est le sentiment de la rédemption et de la délivrance. Tout homme éprouve en lui-même deux tendances opposées : la « conscience de Dieu », par laquelle il se sent dépendant d'un être infini, et la « conscience sensible ». (jui nous porte vers les objets terrestres. Le but de toute religion est d'assu-

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