I. F. BOMFÀS, ibid., p. 37-3î
-2. Ibid.^ p. 44-45.
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470 DEFORMATIONS PROTESTAMES DV MYSTERE.
prend que les soulTrances ne peuvent jouer qu'un rôle secondaire et Tauteur ne veut surtout pas qu'on les isole de la vie du Sauveur : l'obéissance active et l'obéissance passive distinguées par l'école en réalité n'en font qu'une, qui est la cause unique et totale du salut. Cependant il est certain que la souffrance imméritée du Sauveur est le fait de nos péchés et qu'elle coopère à notre salut dans le double sens indiqué tout à l'heure : à notre rédemption, à cause de la générosité dont le Christ y fait preuve: à notre réconciliation, à cause de la paix inaltérable qu'il y conserve. Mais on voit qu'il ne s'agit point d'uneexpiation pénale, qui serait à la fois impossible et inutile, ni d'une substitution proprement dite: car l'œuvre du Christ requiertet stimule la nôtre, au lieu de la supprimer.
Voici, d'après F. Bonifas, le résumé de tout le système : tandis que l'orthodoxie professait une satisfaction substitutive, Schleiermacher, renversant les termes, admettrait une substitution satisfactoire.
Jésus-Christ a satisfait pour nous, en ce que son activité est pour nous une source éternelle et inépuisable de vie sainte et bienheureuse; mais cette satisfaction n'est en aucune manière substitutive, car nous ne pouvons pas, en vertu de l'œuvre de Christ, être dispensés de travailler, en communion avec lui, à développer notre vie spirituelle. L'obéissance passive de Jésus est substitutive. au contraire, en ce sens que, si le saint et le juste — qui ne devait pas souffrir parce qu'il n'avait pas de péché — a souffert cependant, il est évident qu'il a souiTert à cause des hommes pécheurs et à leur place. 11 y a substitution aussi en ce sens que Jésus supplée, par l'effort de sa sympathie, au sentiment douloureux du péché qui manque à tant de pécheurs. Mais cette substitution n'a rien de satisfactoire; car les hommes qui n'ont pas encore senti leur péché doivent le sentir avant d'entrer dans la communion de Jésus. De même aussi les souffrances de Jésus^
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On voit (|uo Sclili'ierniacli(îr s'eiïorce d'incorporer dans son syslènui niystiqniî les loriniih^s mrrnes de rc^rlliodoxic, dont il ('()nd)al Ir.s doctrines : à la snite du maître, de nombreux tliéoIo»j;"iens s'appliciuèrenl encore à réaliser la conciliation du vieux dogme et de Tesprit nouveau-. Mais on ne saurait méconnaître que Tinspiration tondamentale de Scbleiermacher (^sl incompalihle, non seulement avec Tortliodoxic^ |)rotestante, mais avec la foi traditionnelle en la [{édemplion. l'n dépit de sa piété, comme le montre bi(m Tanalyse vii^oureuse de V. Honifas. ses idées le rapprochent plutôt du rationalisme. Pour lui. le péché n'est plus un d«''sordre du libre arbitre, mais le sentiment de notre inévitable imperfection: le Christ n'est qu'un produit naturel de l'évolution humaine, et la personnalité divine &(^ dégage imparfaitement des ombres du panthéisme^. Aussi n'arrivet-il pas, sur le point essentiel, à sauvegarder l'objectivité nécessaire de l'œuvre rédemptrice.
La diiïérence entre le point de vue de Scbleiermacher et le point de vue rationaliste est plus apparente que réelle... L'élément objectif de la Rédemption, c'est tout simplement — comme Baur La remarqué avec raison — V objectivité de V histoire, qui relie le présent au passé par la chaîne de la tradition ; c'est, en d'autres termes, une idée devenue vivante en s'incarnant dans une personne historique et qui s'incarne encore aujourd'hui dans une société qui Ta reçue de son fondateur pour la transmettre aux générations futures '•.