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bOQ DEIORMATIO.NS PROTESTANTES DU MYSTKKE.
grande attention à mettre en reliei' le libre dévouement du Sauveur : les plus rigides théoriciens de l'expiation pénale ont toujours alïirmé le fait et parfois l'ont éclairé de précieuses analyses.
La théologie protestante de langue française n'a pas laissé d'œuvre aussi importante : mais les mêmes idées se retrouvent dans des publications nombreuses et diverses, qui en attestent la profondeur aussi bien que l'étendue. Au début du xix*^ siècle, les prédicateurs du Réveil, pour réagir contre le rationalisme et contre l'indifférence, sont revenus aux formes les plus accusées de la première orthodoxie. Tout le monde convient, amis et adversaires, que la substitution et la malédiction du Christ, l'imputation au Sauveur de la peine des coupables pour que sa justice pût à son tour être imputée à ceux-ci, sont les thèmes préférés que développèrent, dans leurs prédications, César Malan et Adolphe Monod, le « bienheureux Henry Pyt » comme aussi « le bienheureux et excellent M. Gaussen » '. Sous une forme moins échauffée, les conférences données à Genève par le pasteur Jacques Martin exposent une doctrine semblable^ . Marchant d'abord « sur une voie presque indépendante de la Révélation » (p. 12), l'auteur étudie le péché, la condamnation qu'il entraîne, les sacrifices par où l'humanité en cherchait vainement Texpiation. L'enseignement biblique recueille et confirme ces indications imparfaites.
Dieu n'abandonne pas Thumanité dans l'abime où elle s'est précipitée ; il veut la sauver. Mais comment sau-
1. Voir les textes reproduits dans les ouvrai^es qui seront ciliés plus bas de Presscnsc, p. Vi-4!> et de Po//.y, p. 1H4 ^22.
4. J. Martin, Conférences .sur la Rêdemjjtion, Paris, I8i(». Les ailleurs de droite et de ij^auclie s'accordent à signaler l'importance de cet ouvrage. Voir Hkville, op. cit., p. 108 et L. Ciioisy, Le but <l.c lu iwe, la Rédemption, Paris et Genève, 1879, p. 107-108.
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vor en nic^iiu^ temps hcs invioliihli's attributs «le justice et de saintet(^? ('etti^ roiiciliation (ju'aucinie rn'ature ne Staurait tenter ni nK^nicconrevoir, l)i<*u Ta faite. Son y'\\s uni<iue... se dévoua... \ ictime^ innocent»*, volontaire, divine, il vicMit satisl'ain; à la loi et porter la pcîincî du péchc à la j)lace de l'homme qui ne |)nuvait la porter lui même sans péril'. Telle est Toeuvi-e de la liédemption. La cause première, c'est Tainour de Dieu. Le moyen choisi par rinson(iai)le saij:esse du Très-Haut, c'est l'expiation par le sacrifice de la Croix '.
Va si Ton veut savoir jusciu'où est allée celte expiation, il n'y a qu'à lire les lignes suivantes :
Voyez le divin Rédempteur s'approchant de ce redoutable moment, II. FKÉMrr. Aiionie de (lethsémani, que nous apprends-tu? Quoi! le I-'ils de Dieu est comme accablé?... Quelle angoisse, quelle lutte inouïe, que celles qui font tomber de son corps une sueur de sang!... Ht lorsqu'il est suspendu sur la croix, entre le ciel et la terre, sur ce terrible autel, ce n'esc pas seuletuent le sang de sa chair qui coule, V Agneau est immolé spirituellement : entendez-vous ce cri d'ineffable douleur? Mon Dieu, mon Dieu, pourfjuoi m'as-tu ahnndomn'y... La voilà sans doute cette séparation d'avec Dieu qui m'attendait et qui m'eût précipité dans l'abîme! Le voilà sans doute cet instant suprême de l'expiation, où le Fils ne sent plus Dieu dans sa grâce, mais dans sa souveraine justice- !
De ces développements oratoires la plume austère des théologiens ne craint pas de consacrer le principe ; on en peut juger par les thèses publiées à cette époque. Sans parler de quelques productions superficielles qui n'entrent pas dans le vif du problème^, à Genève, L. Boissonnas professe que Lex-