A.MvTTEn. op. rit., p. S3-S.*i
KVOUilON l)K I. (UrninDOMI . ..,/
ville... Par ces mots il ne faut ji.is entendre <jiie h; Christ se soit posé vis-à-vis de hieu ronune le seul |)éelieur. .. Nous reconnaissons hicMi (jue .lésus-Christ a accompli seul son (Piivre... Mais rôtir leuvre, c'était l'o-nvre de la race humaine, l'iruvrc^ (|ue l'humanité accomplissait en sa ptM'.sonn(\.. Pour assumer le [)é(hé du monde, pour s'associer à l'humaîiité pécheresse, il suffisait (ju'au Calvaire 1(^ Sauveur fût en connnunion avec les p(''cheurs réunis autour di^ sa croix, assumât les iniquitj's qui se commettaient sous ses yeux... .lésus-Christ seul en connaissait tout(^ la })ortée ; au (iol^^^otha il a <''té la conscience de l'humanité. Toutefois, cette sinistre colline (tsi ij:lorieuse aussi; elle est la manifestation de la justice divine, manifestation suprême, car la justice y est enfin satisfaite. Jésus-Christ y a assumé la réprobation du })éché du monde... Il s'est pieusement soumis; car cette réprobation était juste. La conscience de riiumanit»' a donné à la revendication de la justice une réponse sincère (^t légitime '.
Très complet et mélliodique, Texposé de (Charles Bois s'appuie sur les mêmes principes. Le professeur de Montauban revendique « la nécessité de Texpialion » d'après les postulats cl(* la conscience morale; la Bible lui en montre la l'éalité'-. Pour en rendre compte, la solidarité lui paraît tout à la fois nécessaire et sullisante. Car Jésus-Christ, parce que saint et Fils de Dieu, a été l'homme par excellence, « le seul vraiment homme )). Quoiqu'il n'eût pas de péché, il a pris sa part, en venant au monde, des souffrances et des contradictions qui sont autant de suites et de punitions du péché. C'était une première solidarité, d'autant plus précieuse qu'elle était voulue : u II ne faut pas craindre de dire qu'il a
i. A. Matieu, ibt'fl., p. 104-105 et 107-lOî).
-2. C\\. Kois. De la nécessité de Vexpiation, dans la Revue t/iéolorjtque de Montaiiban\ 188S, ir^ -2. p. 1)7-HS.
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voulu être condamné avec nous, ou du moins subir avec nous notre condamnation. »
De plus, il s'est solidarisé avec les pécheurs d'une manière tout intime et morale : il a connu nos péchés; dans son amour et son immense sympathie, il en souffre « comme s'ils étaient siens ». iNous pouvons voir le Fils de l'homme « confondu, identifié par sa sympathie avec l'humanité coupable, se faire devant Dieu son représentant, demander à répondre pour elle, se porter garant pour elle, s'humilier en son nom, condamner le péché en son nom, se condamner avec elle et pour elle » ' .
En même temps, ce que le Fils sollicite, le Père l'accomplit : l'imputation subjective s'accompagne de « quelque chose de pareil à ce qu'on a appelé une imputation objective ». C'est l'explication des angoisses de la croix. ^
Dieu devait le traiter comme les coupables avec lesquels il s'identifiait : il devait faire sentir à son Fils bienaimé, toujours bien-aimé, et, si l'on pouvait dire, plus que jamais bien-aimé, au fond même de la condamnation du péché, cette séparation d'avec Dieu qui devait être la douleur infinie pour le Fils éternel du Père fait homme -.
On voit que Fauteur s'efforce de conserver le plus possible de Fancienne orthodoxie; mais il prend soin d'éviter les formules extrêmes et de corriger, en tout cas. ce qu'il veut encore en retenir par l'idée toute nouvelle de la sympathie dans la solidarité. Ainsi pense-t-il avoir concilié les trois conceptions,
1. Ch. Bois. Expiation cl solidaritr, i/nd.. 188!». n° 1. p. 7. î). et 12 18. IMiis loin, l'auteur parln lormellemcnt de la repentance du Christ, p. '2H ct;iO.
"2. Ihid., p. 14-1.%. j/awleur cependant se défend de « d('t(MMiiiner jusqu'à quel point le Fils de Dieu a goûté Thorrible amcrlumo de noire condauinalion •• (p. 32).
KV<H.I MON hlO I oiniloDoMi. 5S»
juri(li(|ui', nioiiilc cl. iny.slh|ih', sniivcnl o[)[H)si'»cs f'iitrr cllcîs. (( S.'ilisfacl ion rsl ddnrM'r ;i l.i lui inorah' par \r rt^pri'sciil.iiil dt^ i iMiiii.niil)', (|iii r<;ssent la i'(m(lanmali(m iiicrilcc par la (li'solx'issaiiccî liiiiiiaiiitî cl la reconnaît jiisir. » Mais crUc satisractioiï <»st assiiréo par un aitr moral <1iî sacrilicr et viviliiMî par Tu II ion m\ .sii(jii<' du ( hrist avoc les siens '. (^uoi (pi il en sinl (le cotU' synliirs(\ (pii ne voit conihien la nouvelle orlliodoxie ouvre larncinent ses portes à l'espi'it ot aux l'oi'ninles mêmes cjue la f^c'neration preeédente e(uid>attil clie/ ridinoiid de Pressonsé?
(les doetrii\es ne sont pas reslées le in'opn^ de (pielques jXMisenrs solitaires : (dles onl forme une verilabli* Iradilion. Augustin (Irélillat leur donnait, il y a une vinL;(aine d'annces, la l'orme rio^onreuse de l'enseignement dans un manuel (pii jouit encore d'un o-rand crédit, légalement éloii;'né des écoles de droite et de <;auclie, ou. connue il dit, des systèmes »( ultra-juridi(pies » et des tendances « ultra-lilj(''rales », il s'al tache à tracer la {>ia /nedia d'une orthodoxie modérée. Il établit d(mc, en autant de thèses, « la nécessité d'une satisfaction objective -. et qui se l'onde sur les exigences intimes de la divine justice, puis u la néc(*ssité d'une satisfaction pénale ». A cette lin. le Clhrist a été substitué par Dieu et s'est substitué lui-même à l'humanité coupable : la solidarité et le sacritice volontaire permettent de comprendre ce qu'il y a d'apparemment paradoxal dans cette économie du plan rédempteur-.
Tout cela n'est guère autre chose que le système classique de l'expiation pénale, débarrassé systématiquement des outrances de l'ancienne théologie. VA c'est à quoi sans nul doute l'auteur consacre ses