‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 18 sur 183 · ïraduciion A. Cond\:min, p · texte numérisé non relu

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Li: i)0(;mi: di: lv rédemption. 3

Le sens général de ce passage n'oiïre pas de grandes diilicultés. 11 y est dit du Serviteur de Dieu, non seulement que sa personne sera modeste et effacée [f 2), mais qu'il connaîtra Thumiliation et la souffrance (y 3-4) jusqu'à être mis à mort (f 8). Pour C(* motif, on le regardera comme un maudit (y 3-4); en réalité il est innocent (y 9) et, s'il souffre, c'est pour les péchés de ses frères (y 5-G, 8). Comme d'ailleurs il garde dans cette épreuve la plus parfaite résignation à la volonté divine (y 7), ses souffrances deviennent un sacrifice pour le péché (y 10). Dieu le frappe avec rigueur [f 5-6, 10), mais il s'offre lui-même à ses coups (f 4, 11-12); les hommes le méprisent et le condamnent (y 3-4, 8), mais il prie pour eux {f 12]. C'est pourquoi les douleurs et la mort du Serviteur deviennent pour son peuple un moyen de salut (f 5) et pour lui-même la cause d'un pacifique triomphe (y 10-12).

Cette prophétie est donc le chant de la souffrance expiatoire et salutaire. Le principe de solidarité en forme la base et le prophète le donne comme une des lois fondamentales du gouvernement providentiel à l'égard de son peuple. Par là il explique que Tinnocent supporte la répercussion douloureuse des fautes d'autrui, comme aussi que ses souffrances acceptées d'un cœur généreux et d'une volonté soumise obtiennent aux coupables le pardon divin. Et cette médiation bienfaisante mérite le nom de sacrifice pour le péché {f 10), comme elle en a la surnaturelle efficacité ; mais qui ne voit que nous sommes loin des oblations rituelles, parce qu'ici interviennent des éléments d'ordre moral ?

Quel est cependant ce Serviteur mystérieux? Il faut y voir plus qu'une personnilication idéale de la nation israélite ou seulement de sa partie fidèle. « X côté des textes où le titre de « Serviteur de

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Valiwoh » a un sens colUnîtil* (;t s'.ippliqiir à IsniT-l C()nsi<I»''r('» coïnnK» peuple, il en rsl d .iiitrcs où sa sigiiilicatioM se restreint visihhîinent a un s(îu1 prisonna^o^ » Mais encore quel [XTSonnagey Après avoir cherché en vain diversc^s personnalités historiques qui |)uiss(Mit n'q)()n<lre à ce portrait, la eriticpie finit |)ar y reconnaître le Messie. On sait (pie ce l'ut toujours rinterpnîtation catholicpie et tout nous autorise à la maintenir'-.

D'ailleurs, il nous semble que cette question exégétique est ici de peu d'importance : ce qui est davantage à considérer, c'est la portée religieuse et doctrinale du texte. Pour la première fois, 1 Ecriture révèle un rapport providentiel entre la souffrance imméritée du juste et Texpiation des péchés, en même temps qu'elle enseigne la solidarité de tous avec les mérites d'un seul. Jamais la révélation de l'Ancien Testament ne s'est élevée à des cimes plus hautes et qui touchent de plus près le christianisme. C'est à bon droit que la théologie chrétienne de la Rédemption, à la suite de Jésus-Christ et des apôtres, devait trouver dans le chapitre t.ih d'Isaïe une de ses principales sources.

En attendant cette lumière de l'Évangile, le judaïsme avait encore devant lui de longs siècles de préparation. C'est l'époque où Tinspiration prophétique s'est tarie, pour faire place à cequeTona appelé.

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