‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 20 sur 183 · IbiiU ^vii · texte numérisé non relu

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â. NiKEL, Op. cit., p. 673.

restreint et que les espérances delà masse rrslaientà tout le inoins bien mélangées. Môme chez les meilleurs, cette aspiration au salut était souvent associée aune grande confiance dans les œuvres personnelles, qui est le propre du pharisaïsme^ 11 suffit de constater que le judaïsme contemporain du Nouveau Testament comptait encore de ces fidèles que saint Paul appelait « les Israélites selon Tesprit » : ce sont ceux-lk qui reconnurent le Messie dans la personne de Jésus.

Encore est-il qu'ils eurent à passer par-dessus le scandale de ses souffrances et de son crucifiement. Car l'oracle dMsaïe sur le Serviteur souffrant avait été oublié, ou du moins éclipsé par les prophéties qui annonçaient sa gloire. « Pris dans son ensemble, dit très bien le P. Lagrange, le judaïsme rabbinique a fermé les yeux aux textes qui faisaient présager les souffrances du Messie'^. » ^

Un trait curieux de cet état d'esprit est fourni par le targum de Jonathan. L'auteur entend sans doute le célèbre chapitre d'Isaïe comme signifiant le ÎNIessie ; mais il n'y sait rien trouver qui annonce ses souffrances : tous les détails sont par lui interprétés dans le sens d'une intercession réconciliatrice. On peut mesurer par ce fait significatif ce que la révélation chrétienne présente de nouveauté par rapport au judaïsme, que Dieu pourtant destinait à lui préparer les voies.

11 ne faut donc pas chercher en dehors du christianisme, pas plus dans l'Ancien Testament que dans les religions païennes, l'idée proprement dite de n*demption et moins encore la notion exacte de sa nature ou les conditions de sa réalisation. Tout cela

1. Voir Laoranoi:, Le Messianisme chez les Juifs, Paris, 1009, p. 2f)4-2()f>.

-2. IhirL. p. -23Î). Cf. p. 24';.

l'IMCAHAIlUN nU)\ IDI.MII.I.I I 45

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Mais, CM altrndaiil. \r souvcuiir de; la (dmtc ori- ^inello (*L la parole des Prophùles entretenaient TesjK^raiict' ferme du lihéi-aleiir qui devait le révéler; l'aetion cioissanle i\c la loi lliéocratique et la mé'dilation des oracles d'isaïe forniai(înt peu à peu dans les Ames croyantes du judiiïsme ces idées générales d'expiation et de solidarité (jui permtîttraient de le comprendre, ce|)endant (pie, par une expiîrience plus vive de ses dc'tresses morales, l'ensemble de Thumanité en ressentait de plus en plus le besoin. C'est ainsi que. d'une manière obscure mais réelle, Tliistoire religieuse du inonde s'orientait vers son terme providentiel : l'Incarnation et la croix du Fils de Dieu.

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