‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 28 sur 183 · AiGLST., Contra Fauat., \iv. 4; P. L., XLH, col. 2Î>T · texte numérisé non relu

AiGLST., Contra Fauat., \iv. 4; P. L., XLH, col. 2Î>T

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iiiorl, ne s'aj)|)li(jiiàt, pas apics l.i t.iiitc. I),iiih «t ras. I)i<'ii iKi serait plus v(';rac(% si, du inonicnl «jif il a drcrété iintr» mort, nous venions à ne j)as mourir... Le \'erl)e de hieu voyait done (jue la corruption d(vs liomiruîs ne serait dissoute riuo par l,i mort de tous: d'autre part, étant le Verhe. immortel et W (ils du Père, il ne j)ouvait lui-même mourir. C'est })ourquoi il prit un c<>r])s mortel, (jui, par cela même (ju'il a{)partenait au Logos souv(Tain, fût susce})til)le de mourir au lieu de tous et de demeurer ineor ruj)til)l(^ à cause du Loi^os (pii l'habitait... Il livra donc à la mort t'(î t(Mnple et instrumcMit corpoi'el qui était le sien comme une sorte de substitut pour nous tous (àvii-i/u/ov 'jT.h r.âvreov). Ainsi était accpiittée notre dette... Par le sacî'itice de son corps, il mit fin à la loi de mort ])ortée contre nous, en même temps qu'il inaui?urait en nous un principe de vie par l'espoir de la résurrection'.

Faut-il ajouter que c'est encore une théologie bien gauche que celle qui ne trouve à invoquer en ces matières que les exigences de la véi'acité divine? Du moins est-ce un effort intéressant pour synthétiser autour d'un principe rationnel le réalisme de la Rédemption par la croix. Cette théorie reparaît comme une sorte de tradition dans la théologie grecque postérieure, mais sans y faire de notable progrès -.

L'idée de sacrifice expiatoire a fourni le cadre d'une autre synthèse, non moins courante dans la littérature patristique. Voici commenl déjà la dessi- •nait Origène sur le plan de l'épîtroaux Hébreux.

Dominus et Salvator noster, quasi agnus ad occisionem ductus et in sacritîcium altaris oblatus. peccatorum remissionem universo praestitit mundo... Dicinir agnus

1. Ani.vN., Dr Inc. Verbi, G et 9-10: P. G., X\V. C(»l. 105-108 ei lli- 113. CI", ibîd., 20; col. 13-2.

2. Voir CYii. Hreu., Cat. XUI. 33: P. G.. XXXIll. col. 813: Cvhill. Alex., Dcadoratione in splr. et ver., m; P. G., LWIII, col. 293-207: IMiocL. CoNsT., De laudfbus s. Mariae, orat. I, 5-9: P. G.. LW. col. (;h.s-()8o.

96 REVELATION DU MYSTEKE.

quia vuluntas et bonitas eius, (jua Deum repropitiavit liominibus etpeccatorum indulgentiam dédit, talisexstitit humano generi quasi agni hostia immaculata et innocens, ([ua placari liominibus diviiia creduntur... Donec enini sunt peccata, necesse est requiri et bostias pro peccatis. Nam... si non fuisset peccatum, non necesse fuerat Filium Dei agnum fieri... Verum, quoniam introiit peccatum in bunc mundum. peccati autem nécessitas propitiationem requirit, et propitiatio non fit nisi per hostiam, necessarium fuit provideri hostiam pro peccato. Et quoniam peccati ipsius diversae etvariae qualitates fuerunt, diversorum animalium mandantur hostiae.. Sed et in bis omnibus unus est agnus qui totius mundi potuit auferre peccatum ; et ideo cessaverunt ceterae, quia talis haec fuit hostia ut una sola sufficeret pro totius mundi salutc \

Or, ici encore, cette page du brillant alexandrin inaugure une tradition théologique dont s'inspirent en Orient, pour ne signaler que les principaux, saint Basile et saint Grégoire de Nazianze-, qui est reprise en Occident par saint Augustin et saint Grégoire le Grand ^. Qui ne voit que toute la Rédemption s'y déroule autour de Dieu et du péché, que le cadre fourni par l'analogie rituelle de sacrifice leur sert à présenter ces notions de colère divine, de réparation nécessaire, de médiation réconciliatrice, qui sont encore à la base de nos traités modernes?

Du reste, les idées de substitution pénale et desacrifice expiatoire, qui représentent les deux directions fondamentales de la théologie rédemptrice cliez les Pères et se trouvent al)Outir chacune à un semblable schématisme, demeurent le plus souvent S(''-

1. OHUiF.N., lu Num., hoin. WIV, l ; />. G., \II,Col. 7o7-7;i8.

2. Voir Basji,., In Ps. \i.viii, a-l; P. G., XXIX, col. 437-^i40, cl (.uec;. N.vz., Oral. XLV; P. G., XWVI, col. r,â'É WJV.

:l Voir AuGusT., Knchirid., .'la. VSet 'i8-.W; P. L., XL, col. 'i48--2:><i et (;r\KG. Maon., Mot-ffl., WM, \\\, Mi; P. L., LXXVI, col. 3-2 33.

DKVKLori'lOMliNT IIISTOlUglK DK L\ IK)f TfUMv \n

pai'ccs. La |)lii|)arl (1rs «< rivaiiis |>aliisli(|in's (li'VCloppent 1 iinu et 1 auLnî suivant hîs occasions, mais sans (;n essayer la synthèse; Musèbe dr (^ésan'e est peut-être le seul <|ui ail ramené explicitement la noliou (le sacriliciià uiu; suhstitiilinu de peirie^ Il s'ensuit que les Pères oui, pai'h; beaucoup de sacrifice, (|u'ils ont proclame' Tohlation <lu Christ nécessaire (;t efficace, mais sans en dire la raison, tout c<jmme ils ont développe h^ thème de l'expiation jx-uale sans en chercher le motif, lui un mot, il leur manque d avoir fait une analyse rigoureuse du péché, dcmt ils ont plutôt retenu les elïets (pi'ils nen ont d<*ga<^é l'essence-. Voilà ])Ourquoi, jusque dans ses meilleures esquisses, leur tlK'olo^ie de la Rédemption demeure superficielle; mais il n en est pas moins vrai, pour qui refuse de s'en tenir aux formes excentriques — et secondaires, en somme — de leur pensée, que, par leurs essais de théorie sur l'expiation et le sacrifice, ils en ont formé le cadre, tandis que la méditation et le commentaire de TEcriture ne cessait d'en maintenir devant leur esprit, avec un relief croissant, les matériaux essentiels^.

Parvenue au moyen âge dans cet état encore amorphe, la théologie de la Rédemption allait y recevoir enfin sa forme systématique. De cette doctrine dispersée saint Anselme fit Tobjet d'un traité

1. Elseb. Caksar., Detuonst. Evang., X. 1 : P. G.. XXU, col. 7-2i-"i:>

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