‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 31 sur 183 · Voir FcMvj;, op. cit., p. lOi-lO-jî · texte numérisé non relu

Voir FcMvj;, op. cit., p. lOi-lO-jî

CIIAPITUi: IV

i-:nsru;nemknts du ma(;isii:iu: ecclksiastiqlk

Ni rautorito de rÉcriturc, ni le témoignage de la tradition patrislique ne sauraient i)Ourtant nous siiHire, tant que leurs données, môme en apparence les plus claires, ne sont pas recueillies et consacrées par renseignement de rKglise, qui soûle a qualité pour prononcer en dernier ressort sur les matières de foi.

A cet égard, une observation s'impose tout d'abord, qui risquerait de surprendre un esprit peu averti: c'est que les décisions du magistère ecclésiastique sur la Rédemption sont peu nombreuses et peu explicites. Tandis que la plupart des dogmes ont reçu de TEglise, au cours de Thistoire, une définition qui est pour ainsi dire leur acte de naissance et une formule qui leur sert de nom propre, tandis que certains sont abrités par un véritable rempart où abondent comme autant de bastions les termes techniques, ici, non seulement on ne trouve pas de définition proprement dite, mais encore les allusions de détail sont rares et de mince relief.

Faudrait-il donc croire que la Rédemption n'appartient pas à la foi catholique, ou que l'Église n a pas de doctrine sur ce mystère? Aucune conclusion

ne ressemblerait davantage à un contre-sens. Pour discerner les vérités dogmatiques, les décisions conciliaires ne sont pas le seul critérium et Fimportance de chacune ne se mesure pas au nombre des canons qu'elle a provoqués. Les définitions ainsi comprises sont devenues nécessaires par suite de la controverse et se sont multipliées pour répondre aux mille subtilités de l'erreur. On est parfois tenté de ne prendre garde qu'aux manifestations de ce magistère solennel; il ne faut pourtant pas oublier renseignement ordinaire de l'Eglise, peu accusé sans doute dans ses contours et moins rigoureux dans ses formules, mais qui garde les vérités essentielles de la foi et de la vie chrétiennes.

C'est dans ces couches profondes qu'il faut chercher le dogme de la Rédemption, et voilà pourquoi sa place peut d'abord sembler moins apparente. En réalité, la foi en ce mystère est sous-jacente à ]a christologie ainsi qu'à la doctrine des sacrements ; elle est impliquée dans le culte et la pratique des bonnes œuvres; parce qu'elle assure le don de la grâce, seule elle permet l'espoir de la vie éternelle. Ajoutons que de longtemps aucune négation ni aucune hérésie ne sont venues troubler la paisible possession de cette vérité et l'on comprendra quelle ait pu rester comme la réalité la plus vitale du christianisme, sans presque trouver de place dans les formulaires oiîiciels de la foi.

L'Eglise, en effet, s'est longtemps contentée de répéter et méditer les données de l'Écriture, d'ailleurs particulièrement abondantes et riches, sans souci de les préciser. A la longue pourtant, on voit se dessiner comme une sorte de triage; puis aux termes ])ibliques viennent s'adjoindre des expressions d'école, consacrées par l'usage courant, et qui sont désormais inséparables du dogme. Telle (^stla marche générale

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(lu d<'V('l()|)|)('nic3fil (loiil nous allons lelrouvcr 1.» I !•;»«•'' dans les acl(;s aulluînliqucs du niagisLèrc.

On il beaucoup rtunarquo que les plus antiijue symboles de foi gardent un complet silence sur tout ce (pii concerne la Uédemption, et certains esf)rits, j)ronipts aux syntbèses tendancieuses, se sont emj)ressés de conclure (|ue Tancienne hlglise était liésitanle ou indilTérente sur cet article.

Une cli08(* étonne dans l'iiistoire des ])remicrs siècles de ri'^glise chrétienne : tandis qu'elle transi'ormait la célébration de l'Eucharistie en sacrifice expiatoire de k messe et mettait ainsi la mort du Christ au centre de sou culte, elle ne semble pas avoir éprouvé le besoin d'en définir la signification par une doctrine arrêtée. Toutes les controverses roulaient sur la Christolo.iiie, dans laquelle la doctrine du salut était comprise. Le reste paraissait accessoire... Le symbole apostolique énonce en deux endroits différents la mort du Seigneur et la rémission des péchés, et le symbole nicéo-constanti nopolitain rapporte le saluî de l'homme, d'une façon générale, à rincarnation, à la passion et à la résurrectioi de l'Homme-Dieu'.

En effet, le symbole romain et tous les anciens textes, qui sont à peu près conçus suivant le même modèle, se contentent d'énumérer les articles élémentaires de la foi, parmi lesquels les mystères (le N^otre-Seigneur tiennent la plus grande place. Mais aucun n'est Tobjet du moindre commentaire, pas plus d'ailleurs le fait de llncarnation que celui de la Passion. « Je crois... à Jésus-Christ Fils unique de Dieu, notre Seigneur, né du Saint-Esprit et de la Vierge

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