A. Sabatier, op. cit., p. 4Ci-4i
Marie, crucilié sous Ponce-Pilate, enseveli, ressuscité le troisième jour, monté aux cieux... » La formule finale in remissioiiem peccatorum ne désigne d'ailleurs pas, comme on pourrait le croire, la rémission abstraite des péchés, mais le baptême, ainsi que le précisent certaines formules postérieures ^ C'est dire que nous sommes en présence d'un énoncé tout positif, et sans prétentions théologiques, des faits qui sont la base fondamentale du christianisme. Si le sens dogmatique n'en est pas autrement précisé, ce n est pas qu'il fût « accessoire )), mais parce qu'il en découle à titre de conséquence et que ce compendium de la foi n'a pas pour objet de dire ce qui est suffisamment connu par ailleurs.
Ce serait donc une grosse méprise que d'invoquer contre la foi de l'Église le laconisme intentionnel de l'antique symbole baptismal. Un auteur qu'on ne suspectera pas de complaisances apologétiques, M. Charles Guignebert, le reconnaît en termes excellents.
Nous sommes tout de suite frappés qu'il ne fasse pas allusion à la Rédemption. Faut-il en conclure qu'elle n'était pas couramment acceptée à cette époque? Nullement... Cette foi en la Rédemption, laissée en dehors du symbole et qui fit son chemin sans y entrer jamais, était pourtant universellement reçue dans les r.glises chrétiennes au début du u^ siècle'-.
La preuve en est, comme nous l'avons établi ex professo^ qu'elle remplit les épîtres de saint Paul et
1. Pour les Icxtos, ^oir Uxns, Bibliolekder St/mbole''^, Breslau, 1897, p. ii-2-li7, ou encoH' Denzinoek-Bannwart, E/ic/îirirfton i^*, Fiil)our^'on-Brisgau, vm, ir ' 2-10. Pour le commentaire critique, consulter Batutol, dans Dictionnaire de thèolotjie catholique, fasc. ti, art. ApôtresiXa symbole des), col. lOiJO- 1073.
2. Ch. (ificNF.BEnr, Manuel d'histoire ancienne du C/iristianistne, Les Origines, l»aris, VM\, p. WX
enskic;m!:mi:nts du ma(.isïi:iu: i:( clksiastiquk. ny.i
les autres ('crits <ln Xcnivcau rcslamcnl. (pu», dès le premier jour, clli^ s'est ('X|)ri!nre dans la liluri^^ir (ni('Iiaristiqu(^ — (;t cela parce; (pi'elh; fait partie; inlc*;Tante de riwan^ile authentique de Jcsus-(^lirist.
Dans les synibules plus d(';vcl()pp«';s des siècles suivants, l'idée; de K<'d(unptiona pénètre'' petit à polit, mais sous une l'orme» encore» très ge'*nèrale. Là où l'ancien texte se contentait eraligner les principaux épisodes de la vie du Sauveur, on ajoute bientôt en tète de rénumération que tout celas'est fait « à cause de nous et de noire salut » ; spécialement l'article de la Passion est complété par cette <^lose, significative en sa brièveté : « il a été crucifié et est mort pour nous » '. Ce seront désormais les termes pour ainsi dire ne {'arietur^ qu'on relève partout dans les symboles ecclésiastiques.
On les trouve rapprochés dans cette révision du texte de Nicée qu'on appelle le symbole de Constantinople et que l'Eglise a recueillie dans la liturgie de la Messe : « Qui propter nos homines et propter nostra ni saluteni descendit de caelis.,.; crucifîxus etianipro nohis suh Pontio Pilato '^. » D'autres fois, elles sont synthétisées en une seule, dans des phrases comme celle-ci : « il a souffert pour notre salut ». C'est la formule adoptée partout, depuis le symbole d'iVthanase : « quipassus estpro sainte nostra^ ^^ jusques au quatrième concile de Latran (1215) ^ : icpro sainte humani generis in iigno crucis passas et jnor-
i. Voir le symbole de Nicée et les formes avoisinantes dans DenziNGER, n"^ 9, 10, 13, 5'4. La formule « mort pour nous » apparaît d'abord dans le texte de saint Épiphane (Hahn, p, 135), puis dans les symboles syrien (p. 140) et égyptien (p. 157).
•2. Haun, n-^ 144, p. 164, et Denzinger, n° 86. Ce texte forme la première partie de \2l Professio Tvidentina, Denzinger, n° 994.
3. Denzinger, n« 40. Cf. ibid., n° leJ, la vieille formule appelée Fides Dama^i : « In buius morte et sanguine credimus emundatos nos. »