Denzinger, n
K.NSKIGNKMImNTS IMl MA(iISTÏ:KK lîlCCLP.SIASTIQnK. lit
en craulres Icrnios (|U(; nous sommes sauvés \)nv la mort du (Christ.
Les eonlrovers(^s clirislolooiques du v'^ siècle ne portaient pas sur l'œuvre du Sauveur, (|ui était plutôt commc^a doruK'e communément admise [)ar tous. (Cependant 1(^ nestorianisme, puiscpi'ii cïi arrivait bon gré mal fj^ré à diviser Iv (liirist en deux personnes, à instituer une relation simplement morale entre l'humanité et la divinité, devait avoir une funeste répercussion sur la manière de comjjrendre la mort du Sauveur, aussi bien du reste que les autres actions de sa vie. D'où cet anatliématisme de saint Cyrille :
Notre grand pontife et le messager de nos hommages, c'est le Christ, comme dit l'Ecriture {Ilebr., iv, 1), et il s'est olîert lui-même pour nous en sacrifice d'agréable odeur à Dieu et au Père {Eph., v, 2). Si donc quelqu'un affirme que notre grand Pontife et messager n'est pas le Verbe de Dieu lui-même devenu chair et homme comme nous, mais pour ainsi dire un autre en dehors de lui, c'est-à-dire un homme né de la femme ; ou bien si quelqu'un dit qu'il s'est offert en sacrifice pour lui-même et non pas plutôt pour nous seuls (car il n'avait pas besoin de sacrifice, celui qui n'a pas commis le péché), qu'il soit anathème'.
Où Ton remarquera que ce canon, destiné à sauvegarder la parfaite divinité du Christ, insiste sur le point culminant de son œuvre, savoir sa mort rédemptrice, et que, pour présenter celle-ci, il utilise la notion de sacrifice. La même idée se retrouve dans la profession de foi d'un concile de Tolède (675) : « qui soins pro nobis peccatum est foetus [II Cor.^ V, 21), id est sacrificium pro peccatis- ». Ce sont
J. Anath, Cyrilli, 10, Denzinger, n" 1-22. -2. Denzinger, n" :28G.
les premières consécrations, d'ailleurs tout à fait incidentes, d'une expression familière au Nouveau Testament.
Au cours du moyen âge, contre les négations téméraires d'Abélard, l'Église eut occasion d'affirmer que le Christ s'est incarné « pour nous délivrer du joug du démon » ^ : ce qui ne saurait se faire, ajoute le concile de Florence, « que par le mérite du médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ notre Seigneur»-. Mais l'idée de délivrance onéreuse suggère assez naturellement l'image d'un rachat, autre expression de l'Ecriture qui devait passer à son tour dans les documents ecclésiastiques. On la rencontre, en particulier, pour ne citer que le plus solennel, dans la constitution du pape Paul [V contre les Sociniens (7 août 1555), où nous lisons : « ,.,Eumdem Dominum ac Deum jiostrum lesum Chris tum subiisse acerbissimatn crucis inorterriy ut nos a peccatis et ab ae* teriia niorie redimeret et Patri ad {>itam aeternain reconciliaret^ . »
Tous ces éléments traditionnels reparaissent dans les décrets du concile de Trente. A propos du péché originel, le concile définit qu'il n'y a pas à ce mal « d'autre remède que le mérite de notre unique médiateur Jésus-Christ, qui nous a réconciliés avec Dieu par son sang » (sess. V, can. 3). En efi'et, il est venu pour nous racheter (sess. VI, ch. 2) et nous mériter la grâce comme fruit de sa sainte Passion [ibid.y ch. 7 et can. 10). Cette mort a donc tous les caractères d'un parfait sacrifice : la session XXII, qui traite de la sainte Messe, ramène cette expres-
1. Errores Pctri Abaelardi, 10 : «^ Quod Christus non assumpsit carnem ut nos a inj^o diaboli liberarot », Dknzin(;kr, n" 371.
-2. Dccrelum pro Jacobiiis (1441), Dknzingeh, n" 71 1.
3. Denzin(;er, n" 993. Voir anparavant le concile de Chiersy (853), De>/j>gku, n^ 319, et une bulle de Clément VI (1343), ibid., n° 550.
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lui |)lus (le CCS d(Uiii('('S d<''jà connues, 1(* concile inlroduil une formule nouvelle : c'est le terme théologique de satisfaction, <|ui intervient pour la pF-cmière fois afin de d(''si;^rHM* la cause rm'piloire de la erace. «... Donn'nus iioslcr Icsiis Christ us ^ ry///, eu m esscnnis ininiici (cf. Hoin.y v, 10; , proptvr niitiluni l'/nnildlrni (jini iUIcaH nos [Eph. , ii, ^i), stia seineiissiiîfd jxissionc in hiino ciiicis nnhis instiflcnlioncni nicinii ci pro nohis l)co /^///v* saiisiecit ' . n Le terme était depuis lone^temps usité dans l'école; le concile Tadopte en passant, sans aucune particulière insistance, et comme synonyme des expressions qu'on emprunte couramuKMit à IKcriture. 11 est employé de mémo à |)rop()S des œuvres satisfacloires qui doivent suivre le sacrement de Pénitence 2. Dans tous ces passades, les Pères du concile n'ont pas l'intention de définir le sens de la mort du Christ, qui n'était pas en cause. Mais il n'en est pas moins remarquable que, devant en parler incidemment, ils donnent droit de cité à l'idée scolastique de satisfaction.
A défaut d'une définition canonique, nous avons, dans le catéchisme du concile de Trente, un exposé qui traduit l'état moyen de la théologie à cette époque et qui emprunte à son origine un caractère pour ainsi dire officieux. Voici les principaux traits qui concernent la doctrine de la Rédemption.
Si quelqu'un cherche quelle fut la cause de la passion si cruelle que le Fils de Dieu voulut souffrir, il trouvera que ce furent surtout, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les fautes et les péchés que les liommes avaient commis depuis l'origine du monde jus-