A. Sabatieu, op., cit. p. 2-3. Cf. p
122 RÉVELATIOX DU MYSTÈRE.
dinaire qui n'a pas été jusqu'à présent saisi de la question, le magistère ordinaire a consacré la doctrine de la satisfactio vicaria. Il s'agit bien entendu, ici comme toujours, du concept général de satisfaction, tel qu'il est établi par renseignement commun des écoles, sans que l'Eglise entende lier sa foi aux particularités de tel ou tel système.
Néanmoins, sans parler de ces apologistes inexperts qui suppriment ou suspectent l'idée de satisfaction, quelques théologiens catholiques trahissent un certain embarras sur la note doctrinale qu'il convient d'appliquer à cette thèse. Tandis que la plupart des auteurs écrivent sans hésiter un solennel est de FiDE, le récent manuel du P. Lottini se contente de cette formule sensiblement plus réservée : « Conclusio.., ad fide?n pertinet^ . » Le P. Hurterest de ceux qui enseignent que la thèse est de foi; mais, jusque dans les dernières éditions, il ne l'affirme qu'avec des nuances très étudiées et non sans laisser entendre qu'il pourrait y avoir encore un doute :
Thesis est de fide. Christum enim pro nobis satisfecisse aequivalenter iam statuit conc. Ephesinum... ; expressms iam id docet conc. Tridentinum... Ceterum id signifîcat Ecclesia, ex unanimi tlieologorum interpretatione et fidehum sensu, quoties profitetur Christum pro nobis esse mortuum... Forte ad omne diihiiim submovendum, paratus erat canon a patribus conc. Vaticani sanciendus-.
Ces scrupules de précision nous fixent sur l'état exact de la tradition théologique en la matière. Mais
1. J. Lottini, 0. P., Institutiones Iheologiae dogmaticae, Rome, 1910. t. H, p. 2S'k
2. H. ncKTKu,S. J.. Thcologmc doiimaticac rompcndium, Innsbnick, 1010, i. II, p. Vil. Dans l'édition de 18S0, le même texte se trouve précédé (le la d<'claration suivante : « NuUa quidem exstat dïserta et fjxpressa Ecclesiac definilio », p. 408, note 2.
r.NSICM'.NKMKMS Ui' MA(;iSI KHI'i I.CCLKSIASTigiJK. 123
ils HO (JoivciiL pas nous ciiiprchri" do iHuoiinaîtrfî (|ue le conci^pt de s^i/is/aciio sncnria, sans avoir Taulorité caiioniipK' <jui s'attacli<' \\ un tcrine (J<''lini, ap- |)arti(»nt nH'Jloiiu^iil ;» la formula ciilKiIlipic <lu dof^nrHî rédcnipUMir. « La llH'oloj^ic, ou plulot la foi catholi- (|ue, écrit V' II. I*. llu<^on, eiiscij^ne que Jésus-dhrist a oITerl à DitMi, à notre place, une vérilai)le satisfaction pour iu)s [)ccliés... S'il n'y a pas à ce sujet de dclinidon explicile et formelle, le dof>'me est t'quivaleinnicnt aHiinu» dans les synilxdes de foi et les illusions des conciles * . »
Aussi bien est-ce autour de cette idée centrale que, dans ri^<;lise catholique et au dehors, les théolo*>iens ont entrepris l'élaboration systématique de la foi traditionnelle.
1. i:. HuGoN, 0. p., Lp mysti're de la Rrdrmption. p. «>l-()i. I/autour ajoute {ibid., note 1) à propos du concile du Valican : « Le projet de caDon est dojà, à lui seul, un témoignage de la loi ratholi^pu;. . Voir aussi K. SïAAn, op. cit., p. 1.