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On dira peut-être que Dieu est plein d'amour et tout prêt à nous pardonner. C'est oublier que le Dieu de bonté est aussi un Dieu de justice. « Vous dites que Dieu est amour; mais prenez-y garde, vous affirmez par là même qu'il rejette le contraire de l'amour, et que l'égoïsme est proscrit par lui,... haï d'une haine parfaite et éternelle ^ » A moins de dire que Dieu pardonne automatiquement, ce qui serait le dépouiller de sa sainteté et créer en nous la plus lamentable indifférence pour le mal.
Mais le pécheur ne peut-il pas se repentir et changer dévie? Le pardon, en effet, deviendrait moral dans ces conditions ; mais il est malheureusement impossible. « Ce pardon, ce n'est pas Dieu qui raccorde, c'est le pécheur qui se l'octroie à luimême... Déplus, étant subjectif, ce pardon dépendra de la subjectivité du pécheur^. >> Et l'on aboutit à ce résultat que les âmes superficielles se l'attribueront sans difficulté, tandis que les âmes les plus saintes ne seront jamais satisfaites. Le même inconvénient se manifeste si l'on réclame seulement le repentir.
Ce système trouble l'âme qui a le plus besoin d'être rassurée et calme l'âme qui aurait besoin d'être troublée... Le relèvement moral de l'homme réclame un pardon qui soit la proclamation de la loi parfaite, plus exigeante que jamais, et non l'abolition de cette loi ou l'amoindrissement de son autorité, un pardon qui soit une condamnation autant qu'une grâce..., un pardon qui révèle à l'homme les profondeurs tragiques du péché en même temps que les profondeurs insondables de l'amour éternel... Un tel pardon peut seul transformer l'homme -^
Il est facile à M. Bois de montrer ensuite que le