Ibid., p
3. A. Nicolas, op. cit., p. o.'i et :»7. Voir les citations qu'il fait de Cliarron (p. 56) et de RoHin (p. 69).
ni du hasard, ni de la folie, ni delà raison. Le sacrifice demeure donc une « énigme^ » ; seule la tradition judéo-chrétienne en fournit la solution, lorsqu'elle y montre la prophétie en acte du libérateur promis et de son action expiatrice.
Pour entretenir la pensée de ce salut futur et en anticiper les effets, une institution commémorative fut établie par l'auteur même de la promesse, Dieu, qui ne voulut recevoir les supplications de l'homme coupable que par l'entremise du Médiateur. Telle est l'origine des sacrifices. Ils ne devaient être que des figures du sacrifice du Messie-.
Par là s'explique également la multiplicité des sacrifices, qui n'a d'égale que leur désolante inutilité, en attendant le seul définitif.
Ce qui prouvait la fausseté des sacrifices autrement que comme figures, c'était leur multiplicité : un seul aurait suffi s'ils eussent été efficaces; mais cette inefficacité même faisait la rage et l'ivresse du genre humain. Le gouffre que le péché avait creusé entre l'homme et Dieu ne pouvait être comblé par aucune expiation prise dans le péché lui-même, et cependant ce besoin d'expiation pressait la conscience universelle de l'humanité coupable. Dans cet état d'opposition avec elle et avec Dieu, elle s'en prenait à tout; elle précipitait tout dans l'abîme qui l'en séparait. Les victimes, et les plus précieuses, s'accumulaient tous les jours sous le couteau des sacrificateurs; mais le même vide, la même séparation se faisait toujours sentir; la justice de Dieu, plus outragée que calmée, rejetait tout ce sang comme gratuitement versé par la cruelle superstition de riiomme'\