‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 59 sur 183 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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clic à i'(mi[)r('n(li'(' s;i loi / (icilc idécî cncoro a besoin dV'tre ilélinie, analysée, expliquée, défendue peutrtre ; elle îie vaut en toul e;is que par les éléments c'onerels {\[w. Ton y enl't rinc : i'aule de (pioi, il en [•('sulterait moins d(; clarté qu<' de confusion ou de lo^'omaehie.

Kt ces observations n'attei<^nent en rien ni le concept même de satisfaction, qui demeure susceplibb* d'un sens toujours actuel : ni la doctrine des grands docteurs catholiques, qui lui ont donné une signification aussi précise que profonde: moins encore la pensée de TMglise, qui ne fut jamais responsable de r infirmité de qu(dques-uns de ses interprètes. Mais il fallait bien signaler, puisqu'il est démontré possible et réel, le déficit de certaine théologie courante, dont rinconsistance aurait pour elTet de transformer en obstacle ce qui devait être un secours, de produire robscuritt' en promettant la lumière, au grand détriment des âmes de bonne volonté et de la vérité catholique elle-mcme.

De cette enquête, qui peut sembler toute négative et critique, se dégage un résultat positif. Si les notions de rançon, de sacrifice et même de satisfaction nesauraient par elles-mêmes être prises pour des explications réelles, elles sont du moins à retenir par le théologien comme des cadres : ceux-là fournis par rÉcriture et la tradition patristique, celui-ci garanti par la théologie du moyen âge et la consécration de l'Église. Par conséquent, elles conviennent toutes dans une certaine mesure au mystère de la Rédemption, encore qu'il soit permis d'apprécier la perfection relative de chacune ; mais on se méprendrait à les traiter comme des valeurs en soi. Chacune de ces expressions a sa signification formelle comme catégorie de l'esprit et. à ce titre, nous les retrouverons plus tard : mais leur portée réelle et

pratique vient surtout de ce qu'on leur fait dire. Toutes risquent, si on n'y prend garde, d'être de simples manières de parler; à toutes il est plus ou moins arrivé, au cours de leur longue histoire, d'abriter des conceptions différentes ; aucune n'atteint la réalité profonde delà Rédemption.

Car ce qui importe, c'est de savoir, avec tout le respect qui convient au mystère, en quoi, par quoi et pourquoi la mort du Christ vaut devant Dieu, de telle façon qu'on puisse parler à son sujet de rançon, de sacrifice, de satisfaction et de mé.rite. Voilà où doit tout d'abord se concentrer l'attention du théologien qui veut faire œuvre solide et claire, dépassant les apparences pour atteindre le fond, creusant les formules pour en extraire le sens, montrant ce que le moule traditionnel renferme de substance révélée. C'est à quoi les penseurs chrétiens ont appliqué leur effort, dont il nous reste à recueillir et utiliser les fruits.

CIIAIMTUK III

ÉLÉMENTS RÉKLS DL MYSTÈRE : LKXPIATION PKNALl

Puisque la Rédemption est le moyen ordonné par Dieu à la réparation du péché, c'est à l'analyse de celui-ci que doit s'appliquer le théologien désireux de comprendre la nature de celle-là. ^< De même que, dans la chute, rolTense vient en premier lieu et engendre tout le reste, ainsi dans la Rédemption ce qui est i:>rimordial, c'est la réparation de l'injure divine '. » Mais on ne tarde pas à s'apercevoir qu'il y a plusieurs conceptions de l'injure divine et, par conséquent, diverses manières d'en entendre la réparation.

Deux éléments entrent dans la notion du péché : le désordre intérieur qui constitue la faute weatus culpae), comme impliquant en quelque sorte une diminution de la majesté divine; le désordre extérieur qui le rend passihle d'une peine yi^eatuspoenae). Loin de s'exclure, ces deux éléments s'appellent l'un l'autre. Encore est-il que, dans l'analyse spéculative, on les peut distinguer et, par suite, attribuer plus ou moins d'importance proportionnelle à chacun d'eux. D'où les directions différentes imprimées à la théologie de la Rédemption.

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