Voir Su m. (/t., pars 3'. (pi. 14, art
i. L. (;uiMAL, op. cit., t. H, p. 338-340.
3. « IQ quo ostendilur, dit très bien saint Tliomas. Dei st^verifas, qui peccatuni ^ine poena diniittere noluit. » Sum. th., pars 3% qu. 'i~. art. 3, ai T"".
1. Ibid. Cf. Stfntuii». op. rit., y. -2-2(i. - tatenus initjuitatcs nostrae
même une cause de souffrances; et il faut ici faire entrer en ligne de compte un second agent humain : la volonté coupable des hommes, que Dieu a voulue sans doute, mais d'une tout autre manière. Suarez expose en maître cet enchaînement des causes secondes et des vouloirs divins.
Dans la Passion, on peut d'abord considérer l'action des Juifs, qui, parce qu'elle est mauvaise, n'a pas été définie par Dieu d'une volonté efficace et absolue, mais seulement permise. On peut considérer aussi la passion du Christ, qui est bonne ; celle-ci a été préordonnée par Dieu d'un vouloir absolu, comme elle a été aimée d'une volonté absolue par le Christ lui-même. Mais parce que cette passion bonne dépendait nécessairement de cette action mauvaise, il faut aller plus loin. Avant de décréter cette passion dans ses conseils éternels, Dieu a prévu par raison, suivant nos manières de concevoir, ce que les Juifs feraient contre leur Christ s'il leur permettait d'user de leur libre arbitre. Cette prescience étant supposée, Dieu a réglé que le Christ naîtrait en tel temps et lieu, prêcherait et accomplirait le reste de ses œuvres. En même temps, il a voulu permettre que les Juifs fissent ce qu'il avait prévu qu'ils feraient s'ils en avaient permission. Alors il a voulu et décrété que le Christ souffrit ce qu'il a souffert... Dans ce sens on dit que la passion du Christ a été préordonnée. Et cette parole signifie l'antériorité du décret éternel par rapport au temps où il fut exécuté, non pas l'antériorité logique ou l'ationnelle de la volonté qui décrète la passion du Christ par rapport à celle qui permet l'action des Juifs, ni par rapport à la science conditionnée qu'on vient de voir et qu'il faut toujours supposer ;i la base de ces deux décrets ' .
Clirislo im|)0sifa(3 crani quatcmis, Dco ratam habente vuluntateni. Cliristi, liuic libéra acccptioiie o(liciuri) pro ipsis salisractioiiciii cxliibendi cral. »
1. Si'AREz, In Siini. theol. comment., pars ;V', (|u. i'J, ail. 10, ii. 1; édition Vivks, t. \IX, p. 57-2.
KLI'l.MKMS KKKLS : I/IAI'I A MON l'KNALK. '>.U1
Aussi, l()rs<|irils (îîivisag(»nt la Passion dans sou onsoinhle, av('c toulcs l(»s ('pi'cuvos pliysirpics et morales qu'(îll(î a coinportérs pour le Sauveur, les nioillcnirs lliùoloj^icns niî veul(»nl-ils la rattacluîr qu'à la u volonté permissives » (l<; Dieu. Dans ce sons seuleuHMil ils conscMiliMU à dire rpu' Dieu le l^'re a livré sou l'ilsà la uiorl. Telle est, eu somme, la formule ii laipielle aboutissait déjà saint Anselme *, et l'on aura remarqué plus haut les termes de saint Bonaventure : (( nan trudulit inllii!;cndn nfortcin sh'I pnwripieiulo^ .s7'rfpEHMiTTKM)o ». Les scolastiques postérieurs tiennent avec plus de ri<>ueur encore le même langage, témoin ces lignes de Suarez :
11 ne faut pas imaiiiuer que Dieu ait })ar lui-même poursuivi le Christ ou qu'il ait fait en sorte, par une opération spéciale et miraculeuse, (pie le Christ souffrît quelques douleurs extraordinaires : ceci est contraire à la bonté de Dieu et n'a aucun fondement, ni dans rÉcriture, ni dans une tradition quelconcpie. Quant à la parole d'Isaïe : // a été frappé par Dieu et humilié^ saint Jérôme et tous les interprètes l'entendent — et par manière seulement (le permission — de la mort et de ses tourments. De même pour la phrase de saint Paul : Il n'a pas épargné son propre Fils, mais il Va livré pour nous-.
Sur les mêmes textes, le même auteur observe plus loin avec Tertullien : « Patrein tradere Filium nihil aJiud fuisse quam mortem permittere'^ » A propos de l'abandon du Christ en croix, Bellarmin n'a pas une autre doctrine : « Placuit Verho... permitteri: ni e/.v humana in Christum ad. tenipus praei'a/cret...