‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 66 sur 183 · Voir Cnr Dcûs homo. i, lO · texte numérisé non relu

Voir Cnr Dcûs homo. i, lO

-2. ScAiiE/.. Disp. XXXUI, soct. 1, n. i: ibid., p. 53!. • De morte ac MagelUs eius al) iHeron. et omnibus exposilorUms. et itcr missive, inleUigitur. »

\\. 1)1 Sv.m. thcol. comment., pars 3'. qu. 47. art. 3: \k *»08.

.)58 EXPLICATION CATIIOIJQLE DU MYSTEUE.

Sic ioitfir Deus Filium dendiquit, cjnando peiimisit ut huniana caro,.. pateretur '. » 11 y a toute une vue de l'histoire sous ces nuances du style scolastique, et nous tâcherons de nous en souvenir en son temps. On aperçoit combien la thc^ologie catholique est soucieuse d'(''carter toute conception qui introduirait en Dieu le moindre soupçon de cruauté ou d'arbitraire . Tout en affirmant le fait de l'expiation de nos péchés par le Christ, et précis(^ment pour le mieux affirmer, elle se tient en garde contre toutes ces exag('Tations qui ne manquent pas de compromettre les id(^es les plus justes.

Maintenant, si Texpiation ainsi entendue est un des aspects du mystère complexe de la Rédemption, sera-ce pour autant le seul? Personne sans doute n'oserait le prétendre, bien que certains exposés trop exclusifs laissent en somme cette impression.

Du moins ne serait-ce pas le principal? La substitution pénale, pour tout croyant, est un fait: s'ensuit-il qu'il la faut regarder comme le fait capital de la Passion et qui lui assure sa valeur rédemptrice, le fait essentiel à notre salut et que, de ce chef. Dieu se préoccupe par-dessus tout de réaliser dans la mort de son Fils? C'est le postulat de la théorie juridique exposée au début, qui semble vouloir expliquer par la seule expiation pénale toute la valeur rédemptrice du mystère do la croix.

Que cette théorie domine les exposés populaires de la Kc'demption, c'est un fait indéniable et qui se

I. Mellaiimi.n, De srpU'in vr}//is. 11. I. Opéra oninia, édition Vivks. I. \ MI, i)..*i13. Cf. ihid., \>. .ViGel ri-2S. Voir onr.ore Ps. x\i, t. X, p. 1-21.

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justili(^ suriisaiimiciil j)ar les .ippairnces dr nminir t't de siniplicilé (ju Vlli^ prc'Si'iile d'ahord à l'esprit. Pour ee moliret pour hien d'aulres, rpielrpics lliéologiens catliolicpies - ciieorcî (jiren petit iiofiiIht s(Mnl)lent eu l'aire, lelIiMiient ils la niett<'nt au premiei* plan, le dei'iiier mol de leur tliér)lof^ie rédemptrice. Mais ceci ne saurait mascpier, au re<^ard du llieologien averti, les lacunes et le déficit du système, sous la forme exclusive où il s(î présente. Aussi bien la théolo^'i'ie catholique dans son ensc^mhle n'a-l-elle jamais voulu s'en conhMil(M'. Voici pour qufdles raisons.

[^uis(pie tout repose sur les pr<^tendues exiofcnces de Tétre divin, ou pourrait tout d^abord se demander si la justice est en Dieu lattribul fondamental et si la forme rétributive en est vraiment l'aspect le plus essentiel. Il y aurait lieu de s'expliquer sur les conditions du pardon et le rôle de la peine; de dire clairement si ou la tient pour nécessaire, même après le repentir; sinon, de préciser pour quel motif Dieu a voulu la réaliser sur la personne du médiateur. Plus encore, puisqu'on parle de satisfaction par voie pénale, faudrait-il montrer comment la substitution, même volontaire, de l'innocent aux coupables est admissible au regard de la justice ; quelle commune mesure il peut y avoir entre le supplice de la croix et le châtiment spirituel mériti' par les pécheurs, entre les souffrances momentanées du Sauveur et la damnation éternelle de toute l'humanité.

Toutes ces questions ont leur intérêt, d'autant plus qu'on y a fait parfois des réponses plus étranges. Malheureusement elles sont trop souvent négligées par les théoriciens de Texpiation pénale, même quand il ne leur arrive pas de s'enfermer dans un cercle et de poser en principe de leur démonstration les vérités qu'il faudrait précisément établir.

260 EXPLirAÏIOiX CATHOLIQUE DU MYSTERE.

En dehors de ces difficultés accessoires, qui sont plutôt les données du problème et dont on peut, avec les nuances voulues, présenter une solution acceptable, la théorie demeure viciée par deux défauts essentiels qui tiennent à sa constitution même.

Elle repose, au fond, sur une notion sommaire du péché et de la réparation qu'il comporte, comme si le péché se réduisait au désordre extérieur et si l'accomplissement de la peine suffisait à le réparer. Ne serait-ce pas là du pire extrinsécisme ? Le péché est une injure faite à Dieu : la peine le châtie, mais, à vrai dire, ne le répare pas.

Quant au moyen de réparation — et ceci est la suite de ce qui précède — on y donne à la souffrance un rôle prépondérant et véritablement abusif. La raison et la théologie chrétienne ne conçoivent la douleur que comme un pis-aller, tout au plus comme un moyen voulu ou permis par Dieu au service d'une fin plus haute. Ici, au contraire, elle devient le but premier du plan de Dieu et le dernier terme de ses complaisances, comme si la souffrance, prise formellement et en elle-même, pouvait jamais cesser d'être un mal, et plus que toute autre la souffrance du Christ.

Aussi bien, lorsqu'ils veulent en arriver aux précisions suprêmes, ces théologiens font-ils intervenir l'amour et l'obéissance du Sauveur. Mais qui ne voit que cet élément moral dépasse la portée de l'expiation simplement juridique et fait éclater les cadres rigides du système?

Voilà pourquoi la thc^orie de l'expiation ne saurait par elle-même, et si on l'isole, fournir l'explication adéquate do l'œuvre rédemptrice. La contre-épreuve est, à cet égard, des plus faciles. Si le Christ n'avait pas souffert, s'il n'était pas mort sur la croix, nous aurait-il cependant rachetés? A cette question la réponse des théologiens catholiques est unanime-

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lucnl jiflinnalivi'. Il s'eiisiiil di' loutiM'vidrncc qiicj ni la soiilTrancr, ni la niorl, ni la croix, no rcprésrntcnl rosscntici on, \)(\\\v paiici' Ir lan<^^ioro de l'école, In /or/f/cl dcliï Urdcîinphon. (le sont aulnnt do circonstances contini^^cntcs, dont la raison ost à cliercInT dans les convenances dn niyslère, non dans ses oxig'cncos absolues.

Un regard sur les laits de l'histoire achève de eorrol)or(^r ces raisons. Ici encoi*e, c'est toujours la Ki'd'orme (|ui est responsable d'avoir mis au preniieiplan la notion de peine et rédnit la Uédem|)tion à un mystère de substitution sanglante. Comme la preuve en sera faite plus loin, alors même que ses tln^ologiens repoussent les a|)plicatioiis excessives où se complaisent encore qmdques prédicateurs, ils veulent du moins en retiMiir le principe : l'expiation pénale l'orme la ligiu^ caractéristique de rortliodoxie ])rotestante.

Tout autre, à de rares exceptions près, est la direction de la théologie catholique. Chez ses meilleurs représentants, anciens et modernes, Tidée d'expiation joue un rôle tout à Tait accessoire ; elle est retenue comme un élément de fait, mais elle n'est point érigée en théorie explicative de la Rédemption. Aussi, tandis que les théologiens qui la prennent pour base exclusive n'aboutissent qu'à des systèmes insuffisants, quand ce n'est pas à des exagérations funestes, la doctrine des Pères de l'Eglise et des grands scolastiques fournit à qui sait la comprendre une explication autrement lara^e et salislaisantc du mystère.

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