‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 69 sur 183 · Harnack, Dogmengeschidite'^, t. HI, p. 368. Cl", p · texte numérisé non relu

Harnack, Dogmengeschidite'^, t. HI, p. 368. Cl", p

;>. Su)u. th., pars o». qu. 4S, arl. -2. Cf. art. \. ad 1"'". C'est dans le niômo sons que saint Thomas entend le sacrifice de .Icsus. Ibid., art. 3.

Dieu a donné la grâce sans mesure, et cet hommage est celui où apparaît la ])lus grande charité, c'est-à-dire le l'ait de se dévouer jusqu'à la mort pour la justice ^

Et c'est ce qui fait, suivant une belle doctrine du J3octeur Subtil, que toute la vie du Clirist participe au mérite de la Passion, parce qu'elle procède tout entière du même principe essentiel.

Ab instant! enim conceptionis Christus habuit meritum Passionis, et in illo interiori actu consistit princi- //aliorraitio meriti.Et ideo quidquid instituit tempore vitae suae potuit etiam habere tune efncaciam a Passione volita perfecte ab ipso Christo, in qua volitione erat jwincipalû oblalio grata fada Deo-.

Môme langage chez les mystiques et théologiens modernes.

Le sacrifice que Jésus-Christ a offert sur la terre à son Père... est le sacrifice de sa charité, et il n'y a que cette charité excessive et infinie, par laquelle il s'est livré pour nous à Dieu, qui ait pu réparer la violation de la charité par laquelle Adam et sa postérité avaient irrité la justice de Dieu. C'est pourquoi saint Paul ne fait guère mention de ce sacrifice de Jésus-Christ qu'il ne parle en même temps de sa charité; pour nous faire comprendre par là que ce qui a plu à Dieu^ dans le sacrifice de son Fils, n'était pas tant ses jeûnes, ses sueurs, ses travaux, ses prières, ni le déchirement de sa chair par les fouets, les clous et les épines, ni l'effusion de son sang, ni tout ce qui s'est passé au dehors, enfin non tant sa mort môm.e, que la charité immense par la(|uelle il l'a offerte à Dieu en perdant la vie, répandant son sang pour les pécheurs^.

I. DcNs S(.oi,Oyy. Oxoii.. I\, (li>l. Il, <|ii. 1'. H" 7; étlil. Vivis, t. \VI, |). 'l'S.

-2. Ibid., n" JO. p. "l'tX.

:\. V. m. CoNnr.F.N, L'tdrr du sacerdoce cl du sacrifice de .Jrsus- ( hrisL p. 16.'i.

i:I,I<:MKNTS HKKLS : LK IU:rAKATlnN MOHAIJ 'T.'J

Ce (]\ir Uî p. (le (ioiidrcii dit du sar,rilic(î \\r. s'.ip- |)liquo pas moins à la salisractioii, l('mîoiii ces li^rins (riiiic cxccllciilc m(Hi(><j;'ra|»Iii(' d<' la n<'d<'rn[>!i(»n lr()[) peu couiiiu' vu l'rancc.

l*our satisfaire, le tils de l'Imimne doit léinoi^nor au créateur de riiuniauité autant (Tolx-issanee. de dévoûinent et d'amour que, d'après h» plan de la (Téation, le i;enre humain tout entier devait en fournir à I)i(îU... Dans cette soumission à Dieu, (pli va pour le représentant de riiumanité jusqu'à la mort la plus désolée, il faut bien pnMidre .uarde ([ue la sou lira n ce et la mort ne jouaitMit (jue le rôle d'un accident. Ce n'est pas la mort ni la soulVrance du Fils de l'homme se dévouant à Dieu sans réserve qui étaient, comme telles, chos(î ai^réahle et précieuse devant Dieu; mais cet amour du Christ s'oubliant lui-même jusqu'à souffrir et mourir, cet amour (|ui est fort comme la mort, cette obéissance (jui triomjjhe de la mort même. .Non pas que Dieu ait envoyé j)ar un acte positif la soulVrance et la mort sur le juste qui satisfaisait pour nous, comme s'il trouvait un plaisir dans les convulsions et les râles de l'a.n'onie. l.a souffrance et la mort devaient tomber d'elles-mêmes sur le juste, parce que son ellbrt incessant vers Dieu le mettait en contradiction avec un monde égaré. Mais il était bon que le juste rencontrât cette épreuve, parce qu'elle lui fournissait le moyen de se dévouer à Dieu, au mépris de son propre intérêt, au mépris de sa vie même, et par là de payer plus complètement notre dette •.

Les théologiens de l'école, s'ils parlent une langue plus sobre, professent les mêmes doctrines. ^( Ce n'est pas, dit le cardinal Franzelin, dans la Passion et la mort du Christ matériellement considérées, mais dans son offrande volontaire, que se trouvait la foi'jiuilis ratio de mérite et de satisfaction-. >

t. G. Pei.l, Das Dogma von der Sàndc un<l Erlôsi/ng, p. «>9et tH)-*>l. *2. FuAN/KLiN, Traclatus de Verbo Incirnuto'^, Rome, 1881, p. 50i.

'11 \ EXPLICATION CAÏHOLIQUK l}\} MYSTERE.

N'oici en quels termes le D' Dorliolt analyse el développe ces principes, qu'il rattache à la notion précise de satisfaction.

L'objet propre et formel de la satisfaction est l'offense en tant que telle... Or Toffense en tant que telle ne requiert pas un châtiment, mais une compensation, parce qu'elle est pour l'offensé une perte ou une diminution d'honneur, qu'elle lui ravit, en fait de considération et de respect, ce qui lui appartient ou lui refuse ce qui lui est dû. La satisfaction est précisément destinée à fournir cette compensation et par là même, encore que d'une façon bien supérieure, à réparer et supprimer ce désordre que le châtiment tendait à réduire. La satisfaction fournit donc tout ce que fournit le châtiment et quelque chose de plus encore... D'ailleurs, il n'est pas nécessaire que la satisfaction coïncide avec le ciiâtiment, même dune façon simplement matérielle. Bien que, le plus souvent, elle s'exerce par une action de nature pénale — et rien n'est plus convenable — en soi elle peut être réalisée également par autre chose, pourvu que cette chose soit seulement propre à honorer l'offensé et à lui offrir une compensation pour le déshonneur de l'offense ^ .

De cette définition l'auteur fait aussitôt Tapplication à l'œuvre rédemptrice.

Une satisfaction pour les péchés du monde est une œuvre offerte à Dieu librement, qui compense devant Dieu par sa valeur Tinjure des offenses qui lui ont été faites par le péché, ou encore qui plait à Dieu autant, sinon plus, que ne lui déplaisent tous les péchés dans leur ensemble. Ces deux conditions seront réalisées par une action cjui honore et p:lorifie Dieu autant ou plus que tous les ])échés ne le déshonorent et ne l'offensent. Le Christ a olfert une satisfaction de ce genre pour tous les péchés (lu mond(% en acce])tant de souffrir et de

\. \\. DOKlîIloLT, '/;/. cit.. p. II Cl 13.

i:li-:mi:nts hkki.s i a kkimiuiion moum-l. 'a:^

iiioiini- ]);ii- iiii :i<-li' lihi'c (r.'iinoui' rt (r)>l)(''i.sKance... Cette j^assion a.r(;ept(''r (tour riioiiiPindr Dieu <»t l'aocoinpIiKHeinrht, (In sa volonîr avait assez de vahMir poui' r«»m|)(»iispr toiilc la (Iclte (les hommes, et «•(•la jxmi* îF'ois motifs : la (lignit«» (lo s;i porsoniuv.., I.i >i:raii(l('iii* (ît la prrt'oction «le son amour.. . . la ,L;raiHl«'m' «'t rétciultic «l«'s soiilTrances oiuluiv'os '

Vins loin raiitciii' r('[)r(Mi(i «1 précise sa pensée, c'tîst-à-dire la penseo calliolicpie, à rencontre drs objections rationalistes.

La satisl'action pom- rolVens*' diviiu' t!«mt<Miu«' dans !«• péché ne coiisisliî })as en «•«' (pi«' «'ejui (|ui l'olVre soit j)uni à la place des couj)al)les... Mais l'onivrc^ satisfa«-toire, «lu'elh^ consiste ou non dans \o l'ait de souffrir le mal «jui est intli.iié aux coupables comme peine, est essentiell(Mnent une action qui honore la ])ersonne offensée, qui a pour but de lui «)tVrir une compensation pour le déshonneur de l'olTense, et, par suite, de réconcilier rollénscnu' avec elle, de \v délivrer du châtiment, au moins tle celui qu'elle s'épargne en se réconciliant avec Dieu. Que l'action destinée à honorer Dieu offensé ait coïncidé matériellement avec \v chàtinuMit intliiré aux pécheurs, c'était pour la satisfaction une circonstance tout à fait accessoire [durchaus nicht iresentlich)-.

Quoique le D' Dorbolt. pour réagir contre les exagérations protestantes, s'emploie surtout à distinguer la satisfaction du châtiment, la même distinction vaut, à n'en pas douter, par rapport à la simple expiation pénale. On ne s'y trompera pas après les explications suivantes du P. Stentrup, où nous sommes heureux de trouver Texpression adéquate de notre propre pensée.

Satisfaire pour le péché signifie réparer l'honneur di-

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