‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 7 sur 183 · Cilé dans Chantkime de Lv Sai ssaye, op, cit., p. 3U · texte numérisé non relu

Cilé dans Chantkime de Lv Sai ssaye, op, cit., p. 3U

IMIKI»AKATI()> l'IVOVIDIMIKI.LK. 21

Dis-le-moi, maître qui ne connais j)as le innnsoriKe. Par C(U lH)iniiia,t;r piiissn-je t*a|)ais('r' Kcartc de nous hî tort pattuMinl,

Kloi^ne le tort (jiic nous avons coinmis nous-mômes... Tout ce qui nous accahh», ('carte-le de nous, Dieu \ ai'una. et ({ue de nouveau nous sovons chôris de

|toi«.

11 y a (les psaumes de |)cuitenc(', dans la liUV'raLure babylonienne, à Tusa^'i^ de celui qui éprouve la colère de Dieu dans la maladie : <' On en a conclu, dit très bien le 1\ La^ianij^e, ([ue les Babyloniens ne se souciaient du pécbé que comme cause du mal physique. C'est trop généraliser. Lorsque le fidèle est représenté malade, troublé, inquiet, elï'rayé, la conscience chargée vis-à-vis de son dieu et de sa déesse, il se pourrait que la maladie ne fût qu'un mal moral. En tout cas, le roi qui se fait réconcilier ne parle que de la tablette où sont gravées ses fautes et qu'il voudrait voir brisée. Mais fût-on surtout sensible à sa souffrance, c'est le péché qu'il s'agit d'extirper avant tout^. » On jugera de l'accent par ce morceau que le P. Dhorme donne comme « type » :

Que la colère s'apaise dans le cœur du Seigneur!

Le dieu que je connais ou que je ne connais pas, qu'il

[s'apaise !

... Seigneur, mes péchés sont nombreux, mes fautes sont

[graves :

Ma déesse, mes péchés sont nombreux, mes fautes sont

[graves.

Le péché que j'ai commis, je ne le connais pas; La faute que j'ai commise, je ne la connais pas 3.

1. D'après la version aUemande de Grassmanx, citée dans K. Stàah, p. 8-9.

:iî. M.-J. Lagr.vnge, Études sur les religions sémitiques, Paris. 1905, p. -2-24-->2j.

o. Paul DiiORME, La religion assyro-babylonienne. Paris, 1910, p. 237.

Chez les Grecs, on sait que cette idée, absente de la religion officielle, se faisait jour dans les mystères et les pratiques de Torphisme. « Les purifications et les expiations jouent ici le rôle principal; on insistait sur leur nécessité, même en l'absence de toute souillure préalable. Car Thomme est déjà coupable à la naissance et a déjà besoin en raison de cela d'une pénitence spéciale, d'un pardon et d une consécration religieuse^. » On explique communément par le même motif la diffusion des cultes orientaux dans l'empire romain à partir du second siècle. (( Ces religions exotiques avaient entre elles un certain nombre de points communs, qui les distinguaient des cultes officiels, grecs et romains, et assurèrent leur succès : la part très large faite aux rites d'expiation et de purification ^. h

Avec le sentiment du péché croissait la préoccupation du remède. Le repentir accompagné de prières est de tous les temps et de tous les pays, aussitôt que les consciences s'élèvent assez pour avoir la notion de Dieu et du mal moral. Mais l'instinct religieux des peuples les a portés à rendre sensibles les réalités spirituelles. D'où, pour exprimer la purification de Tâme, ces multiples cérémonies de lustration, ablutions spirituelles ou bains sacrés, dont la portée était évidemment symbolique et qu'on retrouve partout : le taurobole des mystères asiatiques en représente une forme extrême et particulièrement significative.

De même, pour mieux traduire ses dispositions personnelles, le fidèle ajoute souvent à la prière une offrande, (/est ici qu'on doit faire une place au rite si important du sacrifice. On le trouve « dans toutes

1. Stenoel, dans CnANiiriF, de La Sai ssaye, op. cil.^ p. 5b3.

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