Hlgon, oj[>. (.w7., p. 94-lMj
:!l»i EXPLICATION CATIIOLIgl K Dl MVSTKRi:.
attachement désordonné et mal compris ils portaient i^ leur loi, jusqne-là qu'ils défendaient aux hommes de se faire iruérir le jour du sabbat, tandis que ce jour-là ils l'etiraient du puits la brebis ou le bœuf, et nombre de choses semblables. Le Christ donc, voulant par ses œuvres les retirer de cette erreur, aima mieux mourir que de se taire, parce qu'il fallait alors dire aux Juifs la vérité. C'est ainsi qu'il mourut pour la justice. En fait cependant, il ordonna sa passion par sa grâce et l'offrit à son Père pour nous. Aussi lui sommes-nous grandement redevables. Du moment, en effet, qu'il pouvait racheter l'homme autrement et que néanmoins il l'a racheté de la sorte par sa libre volonté, nous sommes immensément liés envers lui, beaucoup plus même que si tout cela était nécessaire et si nous n'avions pu être rachetés d'une autre façon. C'est, je crois, pour nous attirer à son amour qu'il a surtout fait cela et qu'il a voulu rattacher l'homme à Dieu par un lien plus fort'.
Duns Scot, en écrivani ces lignes, se rattache à la tradition doctrinale de saint Anselme, qui montre, lui aussi, comme Ta bien signalé im de ses plus récents commentateurs, que le (Christ est mort pour son amour de la justice [proptrr obedientiaDi ser- {>andi iustitiam^ in qua tam fortiter perses>eravit ut inde mortem incunerel et nous laisse par là le plus fécond exemple-.
Si la nature humaine du Christ a souffert, ce n'est pas en vertu d'aucune nécessité, mais par volonté libre...; ce n'est pas sous la contrainte de l'obéissance, mais pour entrer dans les dispositions d'une sa^resse toute-puissante. (>ar Dieu n'a pas contraint cet homme à mourir par ui). précepte; c'est lui qui, voyant ce qui devait plaire à Dieu et être utile aux hommes, l'a fait spontanément.
1. DiNs ScoT, O}). O.ron.. III, dist. \\, (|H. unir;», w" 10; t. XIV, p. 7.S7-7.HH.
i. A>SELM., Cnr Deus homo. I, \)\ roi. M[\ oi il. i<»: cnj. 'i2(). Voir lît- «h'.ssus L. HiiNi'.iciis. [>io (icninillnniiinsthrorie des h1. ArisoJm ror ifinlrrhurt/, p. i'M-M:*.
Car \r Prrr ny poiuait j)as Ir contraiiKln' ace (|ii il n'avait pas le droit (l'rxi^fM* de lui; et d'aiitn' part, h- Prre no jxmvait pas nr |)as avoir p(>ur a^^réable un si LiTand lionnrur (jue son l'ils lui (dirait spontan<'îment d'iuio volonté si .L;'èntTeust» '.
On a souvent accns»'» les sc()lasli(|nes et, à leur suite, tous nos lh('*olonfi(ms «l'avoii' une eoneeption [>urennMit juri(li(|ue de la |{<'(lernption. Il est vrai (|ue. les habitudes d'école l(*s inclinent à considérei* de |)r(''férenec les asp(H*ts fornuds du mystère. Mais, si. l'on ne veut pas s'arrêter à l'ecoice des mots et à la structure extérieure des raisonnements, il est clair que leur pensée se meut dans la sphère des plus hautes réalités morales. La siitisfaction dont ils parlent est toujours j>our eux un honima<^e réparateur d obéissance et d'amour, d(^nc un acte méritoire de vidonté. De ce chef, la soulTrance expiatoire peut y entrer, comme elle y entia de fait, à titre d'élément accidentel ou de condition préalable ; mais elle ne constitue pas son essence. Ce concept ainsi entendu ne s'applique donc pas seulement à un moment ou un aspect de la carrière du Sauveur; il est propre à embrasser Tensemble de ses actions et de sa vie morale tout entière, en même temps qu'à montrer comment la raison croyante y peut voir un fondement à la réparation objective du péché.
Telle est, en tout cas, la direction traditionnelle de la théologie catholique : r^t ce fait devrait être à lui seul décisif pour orienter nos spéculations. Mais, de plus, si l'on a bien saisi le principe deldi sa tisfactio {ficaria et les applications dont il est riche, il apparaîtra qu'on trouverait dithcilement idée plus synthétique et plus féconde pour une systématisation rationnelle du doorme.
l. \>sEi.M., Medil. IX; col. 70«i.