‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 82 sur 183 · Jbid., p · texte numérisé non relu

Jbid., p

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uiiMisc simplicitr ch; r«'lr<' divin. (!<; ii rsl doiu' pas là-dossiis ([lie porl(; rnaivro de- la Itt'drmption, ri la criliqutî des adv(Tsairos, (jiic Sal)ati('r croyait lO[)ii\\u\ toinixî à faux.

IMiis (lu'orc i'aiil-il (diiniiicr un atit;i<.(()nisnic du rnrMH' <4'enre, mais plus rt'pu^nant s'il rsL possible, (ju'on a voulu instituer parfois entre le Prrc et le Kils, 1(^. Père représentant la justice;, le b'ils incarnant la miséricorde. Iiuitile d'abonder en de lon<;ues consid(M'ationspour dire que ces tiraillements uc sauraient entrer dans la Trinité sainte et Inenheunuisc de notre foi : les trois personiu*s sont animées à Tégard des homîues (Tune nuMiie disposition et il ne faut pas craindre d'aflirnuM* que cette disposition n\*st autre qu(^ Tamour.

Qu'on ne s imagine pas non plus que cet amour a besoin d'être déterminé, et commc^ provoque; du dehors, par une intervention bienfaisante: (jue la mort rédemptrice de Jésus-Christ a été nécessaire pour surmonter je ne sais quelle divine résistance. Ni la raison ni la foi ne peuvent admettre cette sorte de pression : « Dieu nous a aimés le premier » (/ loati.y IV, 19;, et d'un amour éternel. Tous ses bienfaits, tant de l'ordre naturel que de Tordre surnaturel, en sont la preuve. De cet amour il n'est pas douteux que le don de son divin b'ils ne soit 1 efTet et l'expression suprême, bien loin qu'il en puisse être aucunement la cause.

Et pourtant, dans l'économie du salut, Tœuvre rédemptrice de notre Sauveur a son rôle, sa réelle efficacité, que la théologie permet de comprendre tout comme la foi fait un devoir de l'affirmer. Il n'est besoin pour cela que de distinguer les plans successifs de l'œuvre divine, Tordre absolu de sa réalisation historique, le décret primordial de son exécution sous condition.

322 EXPLICATION CATIIOLIQUK Dl MVSTEUi:.

Alors on conçoit que Dieu, plein d'amour pour les hommes, désireux de pardonner leurs péchés et de les ramener à leur destinée surnaturelle, ait pu décréter comme un des éh'mcnts de cette œuvre de miséricorde la vie et la mort de notre Sauveur. De la sorte, devant Dieu comme devant les hommes la mission rédemptrice de Jésus-Christ, qui est un elîet et une manifestation de Téternelle bonté, est en même temps une cause à laquelle est subordonna notre salut et, par conséquent, le pardon divin.

Pour expliquer cet enchaînement, quelques analogies sont classiques. Un riche prend un pauvre à son service par pure cliarité : cette libre initiative du patron empêche-t-elle ensuite le droit de l'ouvrier à son légitime salaire? De même peut-on supposer — et cet exemple est plus adapté à la question présente — un père offensé qui a résolu de se réconcilier avec son fils et qui même a fait vers lui les premiers pas, tout en lui laissant accomplir encore un geste d'excuse. Cette action a-t-elle perdu sa valeur par le fait que, dans son cœur, le père avait déjà accordé le pardon? Ainsi les mérites de Jésus-Christ peuvent-ils être, aux yeux de Dieu, un titre en notre faveur ' .

Car il n'est pas douteux que nous avions besoin d'être pardonnes. On se ferait une idée singulièrement fausse de l'amour divin, si on oubliait quïl s'accompagne d'une sainteté également infinie. La tliéodicée expose comment Dieu, sans changer en lui-même, modifie cependant ses rehitions envers sa créature suivant l'attitude morale de celle-ci. C'est pourquoi, tout en étant animé pour nous d'un amour

1. Ces ï)rincipcs on' é\r iiippelcN .incc beaucoup fie nerf ei de rlarl«* pai le K. V. Stiim;!; <"onir<' les criiiquo feiidanclenses de H. Schell. Voir Zcif^^drifl fin- /.(tlhofinrhe Throlofiir. V.\OiK ]k ^Hb' 'i(iT ei &2:*-GW.

I iti iTs i)i: \n su i{i; 32:1

sans hoiiM's. il in' |>rul «jiic «ItUiîster iioti'r pi^elié, jus(|u'à «•(' <|ii il ii|H'r(;()ivc <!<' noir»' p.iil mi iiiouviîmrnt (l(^ r<''|»jir;ili<»ii. Or, c Vsl I, sanilicr <J(; Notn;- Seii^iR'UP Jcsus-dlirisl (jui consliluc, comm»' ihmis l'avons oxpli(|n(''. la condilion pi«'vn«' an plan île sa inisériccMMlc. NOihi |MMii<|ih»i nmis lui sitnnnrs redevables (Je noire iM'coneili.ilicui.

O'anlanl (ju'il ne Tant pas perdriî <le vnc l.i s<jlidarilé iHahlie par Dien entre le (Ihrist et nous. Par son Incarnation. le h'ils de Dieu est «onstitué le elicf delà l'ainille liuinaine; il est donc notre rejjri'îsentanl, faisant en notri^ nom ce (pie nous (étions tenus de faire nous-niènuis. (]'est pounjuoi on peut dire sans exaspération (ju'eii sa personne c'est riiumanité lout entic're qui rentre dans lordji^ aux yeux de Dieu et retrouve ses droits à raniili('' divine. Telle est la doctrine explicite^ de saint 'lliomas.

Si le Christ a reçu la grâce, ce n'est pas simplement à titre individuel, mais en tant (pie chef de ri'^yiise*... De même donc qu'un organisme naturel réunit dans son unité la diversitc'î de ses membres, ainsi l'Kglise, qui est Je corps mystic^ue du Clirist, est considérée comme ne formant avec son chef qu'une seule personne morale-... l^ar suite, le fait que le Christ a souffert volontairement constitue un si grand bien que, pour avoir trouvé ce bien dans la nature humaine, Dieu apaisé oublie toutes les (offenses du genre humain chez tous ceux qui s'unissent iiu Christ souflfrant^^

Il n'y a pas lieu de se demander, en effet, si la médiation du (Ihrist est suffisante pour obtenir ce résultat. On a beaucoup discuté, entre écoles catholiques, pour savoir si les mérites du Sauveur peu-

1. Sam. fh.. pars .V. qu. 18, art. I ± Ibid.j qu. 4l>, art. l.

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