Ibid., qu. »9, im. 't
3>i EXPLICATION CATHOLIQUE DU MYSTERE.
vent, ou non, être appelés infinis; si la satisfaction par lui présentée est valable en justice ; si même elle ne serait pas ad stn'ctos f/iris apices. Quelle que soit l'importance théorique de ces questions, qui ont défrayé de si longues controverses, il faut bien convenir qu'elles ont perdu pour nous de leur intérêt et qu'en tout cas elles ne touchent que des points secondaires. Sans prétendre à une précision juridique, qui est sans doute impossible à atteindre, il nous suffit de regarder l'œuvre du Christ dans la vivante réalité de sa valeur morale.
Assurément c'est bien dans son humanité que Jésus-Christ agit et souffre ; mais on ne doit pas oublier la dignité incomparable qui revient à ses actes du chef de l'union hypostatique.
Les opérations humaines du Rédempteur, finies dans l'ordre de l'être, dans leur réalité physique, reçoivent en elles-mêmes et intrinsèquement une dignité infinie dans l'ordre moral... On comprend ainsi qu'elles soient inépuisables... Toutes les actions, mérites et satisfactions, sont les œuvres d'une personne divine qui subsiste et agit dans une nature humaine. Leur valeur, par conséquent, est celle d'un Dieu opérant par le moyen de l'humanité. La nature humaine et la personne du Verbe se sont épousées de manière à former un seul principe total... L'œuvre satisfactoire est donc bien celle d'une personne divine, considérée, non pas toute seule, mais comme agissant par la nature qu'elle s'est unie... La valeur des actes de la personne divine agissant par l'humanité est limitée dans l'ordre physique...; elle est infinie dans l'ordre moral... Or, pour les réparations comme pour les offenses, c'est le point de vue moral qui est surtout enjeu... Les satisfactions de Jésus-Christ, quoique limitées dans l'ordre de l'être, offrent à Dieu une réparation moralement infinie pour toutes les fautes du genre humaine
\, HucoN, op. cit., p. *.)\-\yA. Des fidèles de Scot se .sont raUiés ù
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l^ar où Von voit (jiril f.iiit usur de quelque pn^caii-
tion (Ml pai'lant dos <'iïr|s (d>j(M'tivrin('!it produits sur Dieu par la inoi'l r«'dt'in|)tri(<'.
On dit parfois (pic la mort du CJirist (îtait exigée par le plan divin du salul. \\l la proposition, rpii est fausse si on rcnirnd dune exij^rncc absolue, peut (Hre conserv(}e dans le sens d une n<'*eessit(j cons(îcpu^te, c'est-à-dire sul)ordonnée au libre d(»cret de Dieu'. De m(!^me ne peut-on affirmer que la eroix a dt}sarm6 en noire faveur la justice de Di(Hi, si Ton ne sous-entend (|u elle est. au préalable, le don par excellence, le don de sa inisi'ricorde. Plus souvent (^t plus volontiers, on dit ([ue le (Ihrist nous a rendu rainiti('' divine et nous a rouvert les voies du pardon. Ce qui est très vrai à condition d'observer avec saint Thomas que Dieu ne hait dans les hommes que leur péché, mais qu'il n'a jamais cessé d'aimer leur nature (jui est son ouivre. De même, lorsque nous disons que lai^assion du Christ nous a réconciliés avec Dieu, il ne faut pas se représenter qu'il commencerait à nous aimer de nouveau, mais que cette Passion salutaire a fait disparaître tout motif de haine, soit en enlevant de nous le péché, soit en lui ofïrant un bien d'ordre meilleur'-.
Sous le bénéfice de ces observations, on jicut et on doit maintenir Taspect objectif et divin de la Rédemp • tion, qui est comme l'énoncé même du dogme traditionnel. Mais il faut ajouter aussitôt qu elle présente un C(jté subjectif, qui découle du précédent et le complète, par lequel, en un mot, la réalité transcendante du mystère a sa bienfaisante répercussion sur notre vie surnaturelle.
ces formules d'un tlicolni^ieu tliomiste, ce qui ne diminue en rien leur valeur.