‹ Le dogme de la RédemptionChapitre 90 sur 183 · Ihid., ad ïi · texte numérisé non relu

Ihid., ad ïi

.'t. Sv.m.tït., pars H', qu. Vi,, ai', i, ad ;<""'.

lUISON D'KIKi: IM M^MIKI 357

Cl'rsl ainsi ijuc la llicohi^rir calhnliiiur, sans c<»niluMuncllrc la lihcrlr dr hicii. s'est cIlonM'O <!«' com- |)i'(Mi(lrr les laisofis <|iii oril iiispirr Ir jJjifi dr U»'*- (Icinplion clnHsi j>ar sa sagesse.

Il faut maintenant l'aire un pas de plus. (]ar cette satisraction exigée, Ditm n'a pas voulu qu'elle fui (pielconque : il l'a voulue aussi grande que la faute à réparer, et c'est pour cela qu'il a décrété T Incarna lion de son Fils.

Devant ce mystère par excellence de la foi et de l'amour, il semble que le croyant ne puisse que répéter avec les élus de l'Apocalypse : <( A celui qui siège sur le trône et à Tagneau, l)én(''diction et honneur, gloire et puissance dans t(Mis les siècles î » [Apoc.y V, 13. Cf. VII. 12). Cependant, ici encore, il s'est trouvé d(^s chrétiens qui ont voulu faire entrer le don du Christ dans le cadre d une nécessité rationnelle. Et nous n'entendons point parler de cet étrange déterminisme, attribué à Wicleft, d'après lequel Tlncarnation serait une manifestation nécessaire de l'être divin, ni de cet optimisme ahsolu, caressé par iVlalebranche, d'après lequel l'Homme-Dieu devait être le couronnement normal de la création. C'est en vue de l'œuvre rédemptrice que des penseurs catholiques ont cru pouvoir logiquement requérir l'intervention d'un Dieu incarné.

Toute leur argumentation repose sur la notion du péché, qui, atteignant en quelque sorte Dieu luimême, est un mal d une portée incalculable : « Xon- (liim considerasti quanti ponderis sit peccatujJi », dit saint Anselme à son jeune disciple. D'où il suit

358 EXPLK AJ ION CATHOIJQUE DU MYSTÈRE.

que le pécheur est incapable de réparer le mal qu il a commis, soit parce que déjà il doit à Dieu tout ce qu'il possède, soit parce que son péché participe à linlinité même de celui qu'il offense*. Néanmoins Dieu ne saurait renoncer, ni à racheter les hommes, ni à exiger de leur part une satisfaction intégrale. Ces deux principes, que le saint docteur tient pour établis, aboutissent à la troisième étape de sa dialectique : nécessit(^ de l'Incarnation.

Il faut rendre à Dieu pour le péché de l'homme quelque chose de plus grand que tout ce qui n'est pas Dieu... : ce qui ne peut être réalisé que par quelqu'un qui soit aussi grand que Dieu même. Personne ne peut, par conséquent, fournir cette satisfaction qu'un Dieu; mais personne ne le doit qu'an homme... Nécessairement donc il faut que ce soit un homme-Dieu -.

Au xviii^ siècle, le même raisonnement était encore retenu par Tournely, qui concluait à son tour à la nécessité derincarnation, au moins « ex potentia Dei ordinaria et iure ^irlutibas teniperatOy seu ex fegihus dwinde iastitiae'^ ».

Déjà nous avons ébranlé une des bases essentielles du système, en établissant plus haut que Dieu n'était })as tenu d'exiger une satisfaction et que le simple repentir du pécheur aurait pu suffire à motiver son pardon . Mais, à prendre la conclusion en elle-même, il est clair qu'elle se heurte à l'enseignement réitéré de 1 Ecriture, d'après laquelle l'Incarnation est une œuvre d'amour. « Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son h^ils unique » (Jean, m, 16). Saint

Page 1