I. HU«;<)N, <,p. rit., 1». ÎM>. cr, |). SI
•1. VA, llic.uF.Nv, La lSr(le)))j)ftoii, {\[iu^ \:\ Iicruc des scioiccs i>/(ilo- ■'<<i/i/tif/aes et throlofjirjurs, i«Ml. p. ;;!8.
i; \is(>\ I) Il m; m \n m ihk :t»;:.
l.r plus ('(»iiuiniiH-iii('iil, cl ;ivrc r.iisnti, on iiHli<|iir mi(> plus cclahinh' iN.'iiiircslaliou (1<; la juslice divine dans la n'paralion in^'ino i\r nos pochés. l'U coc\ non pas s(Mil(Mm»iit dans crrlains exposes, plus ornloircs <|ur throlo«;i(ph's. nù Von idenlifir salisfaclion cl expiation, les raisons do'^inalicpics (jui ap|)uienl la prcMuièro étani censées valoir aussi hien pour la seeond(». ('.elle fausse perspective a ét(î rceliliét; en son leinps. Mais, une fois admis (pic le» (llirisl iTétail pas ol)li<.;'<' de soulTrir à l'elTet de satisfaircî |)Our nos péelu's. nesemble-t-il pas(juela souffrances convenait niicMix à un plan de r(»paration intégrahî?
Tout péelu», en ellet, comporte un(* jouissance indue, dont la soullVancc sensibh* est le châtiment nécessaire pour le pécheur qui se repent. Ne fallait-il pas s'attendre à ci* (pie cette loi providentielle trouvât son application mém»^ dans la personne du Sauveur, en qui Dieu voulait assurer son pardon à Thumanité? Ainsi la miséricorde s'accompa<^nerait de justice, puisque le péché recevrait son châtiment. Saint Thomas fait valoir cette raison dans un d('vcloppement souvent cité.
Oe même ([u'il convenait que le Fils de Uieu, en prenant notre nature pour notre salut, y fît voir le terme de notre salut par la perfection de sa grâce et de sa sagesse, ainsi convenait-il que, dans la nature humaine assumée par le Verbe de Dieu, il y eût quelques conditions appropriées au mode le plus convenable de notre délivrance. Ce mode était (|ue l'iiomme, qui avait péri par l'injustice, fût relevé par la justice. Or l'ordre dq la justice exige que celui qui, en péchant, est devenu passible d'une peine, soit relevé par l'acquittement de cette peine. Mais ce que nous faisons ou soutirons par nos amis, nous semblons dan^s une certaine mesure le faire ou le soutfrir nous-mêmes, parce que l'amour est une vertu réciproque qui des deux personnes qui s'aiment ne fait pour ainsi dire qu'une. C'est pourquoi il n'y a rien
contre l'ordre de la justice à ce que quelqu'un soit délivré moyennant la satisfaction de son ami.
Or, par le péché du premier père, tout le genre humain s'était perdu et la peine d'aucun liomme ne pouvait suffire à délivrer toute la race. Car la satisfaction ne serait pas équivalente, si, par le fait d'im homme ordinaire, tous les autres étaient délivrés... Dieu seul, à raison de sa dignité infinie, pouvait, en prenant une chair humaine, offrir une satisfaction suffisante pour l'humanité. Il fallait donc qu'il prît une nature humaine, telle qu'il pût souffrir à la place de l'homme ce que l'homme avait mérité de souffrir par son péché... Mais l'homme par son péché avait encouru la mort, comme aussi l'obligation de souffrir dans son corps et dans son âme. C'est pourquoi le Christ a voulu prendre ces défauts pour racheter le genre humain en souffrant la mort pour les hommes'.
Ainsi la mort expiatoire du Christ rentre, au regard du théologien, dans l'exécution d'un plan de justice qui en est la raison d'être. Par surcroit, dans cette idée le moraliste trouve nombre de leçons utiles et le croyant la source des plus profondes émotions. On sait combien mystiques et prédicateurs ont pris soin d'exploiter les unes aux autres : il était bon de rappeler que leurs développements reposent sur un solide fondement théologique.
Flncore est-il que de ces excellentes considérations il ne faut exagérer ni la rigueur ni la portée. Tandis que saint Thomas les donne seulement pour des raisons de convenance, on semble parfois les trailsformcr en argumentation poremptoire, qui établirait la nécessite de la souifrance et de la mort.
1. TiioM., Opusc. I [Trarlntus de fide), cap. 2;Vi. Opcra omni(f. v{\\\. VivK>, I. WVIl, |). îMMOO. H est bon d'observer qu'à la suite le saint docleur inferprele dans ce sens, c'est-à-dire coniuie sii,Miitiant siins plus i'humanilc i)assible, les textes d(* saint Paul sur le Christ lail jtrrhè et malédiction pour nous.
K\l.s(rN I) KTIli: IM M^ si I lU.. 367
Los |)r()tostaiitH sojil ((mlimiirrs i\r ces excès (Ir (lialiH'licjnc ; innis (l(»s aiitrurs calliolicuH's n'ont pas loiijoiii's su S(î prc'siîi'Vri- «Ir rrxa^rcralion, an riMuiix dans la fornu».
IN)ur comiirrndrc ;i (|iirl {{v^rî' «le soullVancc doitallcîp la satistaclion, coiisidi'îrons ce ([Ur fait riionirnc par lo prché niortd. Il riMM'ciK» dans h» hirn pr^rissahli» une indiicn'' Jouissance, (juil aime jus(ju'au nh''j)ris de I)i(Mi, jus(ju'à ravaler hicn, dans son appréciation, au-dessous de la créature, l/onlre exi^^e donc (|ue celui (pii ré{);ire subisse xuw pcMUc* sensible en C(»inpensatinn du plaisir illéfj^itinu» goûté par le pécheur, et, puisque rattaciiement à la créature a été inini<»nse, jus<prau méj)ris du Créateur, la doulcnir subie })Our la réparation doit être immense aussi, aller jusqu'au mépris de la nature choisie pour satisfaire : en sorte que cette nature soit... réduite comme à néant, de même ([ue Dieu, dans le jugement t^t le choix du pécheur, a été mis au-dessous du créé, au niveau de rien '.
Pour de semblables motifs, le R. W llu<>-ueny voit dans le péché, « en même temps qu'une dette d'amour », une « dette de peine » et une *< dette de mort- ».
Toutes ces inductions seraient-elles incontestables, ce qui n'est pas entièrement assuré, il reste encore une question à résoudre : ce qui est vrai du pécheur lui-même Test-il au même titre du médiateur qui a voulu prendre sa place? Voilà ce qu'il faudrait démontrer, en évitant à ce propos tout ce qui semblerait dire que Dieu a pu se complaire dans la souffrance de Finnocent, que la satisfaction de sa justice est telle qu'il a voulu en elle-même la mort de son Fils : ce qui paraîtrait une cruauté bien peu conforme à sa sagesse.