Ihid., c. \vi, o, p. -ÎKi-iio'i
-1. Ibid.. (i- p. '■23'é.
3'J2 DEbOUMVTIONS PJlOiESTAMES DU MYSTKRK.
Il n'y avoit rien de f;iit si Jesus-Christ n'eust souffert quo la mort corporelle : mais ilestoit besoin qu'il portast la rigueur de la vengeance de Dieu en son âme pour s'opposer à son ire, et satisfaire à son jugement. Dont il a esté requis qu'il combatist contre les forces d'enfer, et qu'il luitast comme main à main contre l'horreur de la mort éternelle... 11 a esté plege et respondant, il s'est constitué detteur principal et comme coulpable, pour souffrir toutes les punitions qui nous estoyent apprestées, atin de nous en acquitter... Xon seulement son corps a esté livré pour le prix de notre rédemption : mais il y a eu un autre pris plus digne et plus excellent, d'avoir enduré les tormens espovantables que doivent sentir les damnez et perdus... Toutesfois par cela nous ne voulons inférer que Dieu ait jamais esté son adversaire ou courroucé à son Christ... Mais nous disons qu'il a soustenu la pesanteur de la vengeance de Dieu, en tant qu'il a esté frappé et affligé de sa main, et a exprimenté tous les signes que Dieu montre aux pec-îieurs en se courrouçant contre eux et les punissante
Calvin trouve une preuve de cette vérité, non seulement dans le cri de Jésus sur la croix, mais dans la crainte que le Sauveur a manifestée de la mort : un tel abattement lui paraît inexplicable en toute autre hypothèse. Et c'est par là qu'il a réponse à « certains brouillons » qui « dressent les cornes contre cette doctrine^ ».
Pour avoir la physionomie complète de la sotériologie protestante, il faut ajouter que les expiations du Christ nous sont appliquées par la foi seule et ([ue, moyennant cette condition, tout croyant est assuré du pardon. De ces textes il résulte sans doute avec une sullisante clarté que, dès le début de la lléforme, s'alTlrmc une conception très particulière de la Uédf^mption. l^^t il n'échappera pas aux histo-