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Sur CCS finideinciils jcl('s piH- les prcmirrs doc- Icurs (le la lu'foriiK^ les tlK'oloj^ncns siiivaiils ont <'levr rcdilicc classicjue de* la théologie protestante. (l'(»st une période de véritable scolasliqne qui s'ouvre avtH* !(* \\ iT' siècle, laiil dans r^n-Iisc; luthérienne (jue dans rh]i;lise rdornice, pour codilier les doctrines propres d(î la Héfornie et ])réciser leur opposition essiuitielle au catholicisme.
Aujourd'hui ce nu)uvenient théologique est assez mal api)récié. « Le xvii'' siècle, en théologie, est généralement fort triste, écrit A. Réville. Le grand fleuve de pensée religieuse, qui débordait au xvT'. coule désormais dans des rives resserrées, et souvent on dirait qu'il se congèle"-. >> Mais, parle fait même, on peut être sur qu'il conserve et accentue les formes primitives. H est ind^^niable, en tout cas. que cette systématisation a constitué pour plusieurs siècles l'orthodoxie oniciolle du protestantisme.
La doctrine protestante de la Rédemption, conformément aux prémisses déjà connues, repose essentiellement sur cette idée que, devant la justice divine, le Christ innocent a été substitué à l'humanité coupable. Pour rendre cette substitution plus complète et encadrer dans ce schéma l'existence entière du Sauveur, on a imaginé une distinction entre l'obéissance active et l'obéissance passive,
1. G. C. Foi r.Y, op. ciJ., p. r^K'). Cl", p. -li-l. t>. A. IllMI i.K. op. cit.. p. !t:i.
toutes deux nécessaires à l'œuvre intégrale de satisfaction. Voici comment la Formule de Concorde pose le germe de cette doctrine.
Cette justice qui est imputée aux croyants devant Dieu ])ar pure miséricorde, c'est l'obéissance, la Passion et la résurrection du Christ, par lesquelles il a satisfait à la loi pour nous et expié nos péchés. p]n effet, du moment que le Christ n'est pas homme seulement, mais Dieu et homme en une seule personne indivise, il n'était pas plus soumis à la loi qu'à la passion et à la mort : à raison de sa personne, il est le maître de la Loi. Pour ce motif, son obéissance — non pas seulement celle qu'il a témoignée à son Père dans sa Passion, mais encore celle qui l'a fait se soumettre spontanément à la loi pour nous — nous est imputée à justice, de telle façon que Dieu, à cause de toute l'obéissance que le Christ a offerte à son Père à notre place, et dans ses actions et dans ses souffrances, et dans sa vie et dans sa mort, nous remet le péché, nous tient pour bons et justes, et nous accorde le salut éternelC
Cette double obéissance répond au double aspect du plan de réparation, comme l'explique Quenstedt.
Le Christ a satisfait pour les pécheurs de deux manières : V> en accordant à la loi à notre place une entière et parfaite obéissance, et la réalisant ainsi en acte; '2^ en attirant sur lui la peine et subissant de plein gré la malédiction de la loi que nous avions méritée par notre désobéissance. Non seulement, en effet, l'homme devait être délivré de la colère de Dieu juste juge ; mais encore, pour se présenter devant Dieu, il lui fallait la justice, et il ne pouvait l'obtenir qu'en accomplissant la loi. C'est pourquoi le Christ a pris sur lui l'une et l'autre charge ; non seulement il a souffert pour nous, mais il a satisfait à la
1. For ni. Concoril.^ iMpporicc dans Bali;. op. cil., p. -1\H. note -1.
\.K niOTIlSIANTISMI-: OKlIlODOXi:. .TJ..
loi <'n toutes choses, .ilin ([iir sdn ..!i(''iss.i nci" ricim fii' inpnlrc à justici» '.
D'où Ton V(»il, (juc l(^ (•hrclii'ii, pmir ohtrnir son salut, cist «aussi bien (lisp(;ns('; d'observer l.i loi divine* ([uc de satisfaire pour ses pécln's, puis(|U<î le (llirist a fait Tuii <'t rautie i\ sa place : l(^ systènu^ de la justilieation |)ar la loi seule atteint son apo^^/'e.
Mais e'est toujours le mystère de la mort rédemptrices cpii relient |>rinci|)alement 1 attention de nos ihéolooitîns ; ils y viucnt rexpiation de nos pecdiés suivant toutes les rigueurs (kî la justice. I^]t d'abord la uKuliation du CJirist IcMir païaît strictement nécessaire.
Les scolasti(|U(\s ont l)ien pi'ét(Midn ([ue Dieu pouvait, en vertu de sa puissance absolue, pardonner à riionime ses péchés sans aucune satisfaction. Mais cette polcntia (ibsobita par eux imaginée est en contradiction : 1" avec la nature de Dieu, qui ne peut pas ne pas s'enflammer de colère contre le péché; *J^ avec sa véracité, puisqu'il a dit à Adam : Si tu manges du fruit défendu, tu mourras de mort, c'est-à-dire toi ou ton remplaçant; :>^avec sa sainteté, qui s'oppose essentiellement au péché ; 4" avec sa justice, qui est imnmable et ne laisse aucune faute impunie -.
Ainsi donc le péché exige une réparation, et une réparation telle que seul le Christ la pouvait fournir.
Le péché, étant une olfense de Dieu et pour ainsi dire un déicide, a une malice infinie et mérite des peines infinies : il exige donc également une satisfaction infinie ^.
Cette satisfaction a été fournie par les souffrances
I. QiJENSTKDT, Thcologid diductico-polemicn, dans Bali!, op. ciU, ]). .)0G, note 1.
'2. Qlenstedt, cité ibni., p. ;U0, note 1. 3. QuENsiEDT, cité ibid., p. 308, note l.
iUG DEFOKMATIUNS PROTESTANTES DU MYSTERE.
du Christ. Dans la mort du Sauveur, en elîet, soit à cause du prix de la victime, soit à cause de l'intensité de ses souffrances, il y a l'équivalent strict des peines, tant éternelles que temporelles, méritées par les pécheurs.
Voilà pourquoi, en elle-même et par sa valeur propre, la satisfaction du Christ est tout à lait suffisante et achevée... Dieu n'd pas eu à accepter quoi que ce soit par libéralité pure ; il n*a rien relâché de son droit dans l'exaction de la peine qui nous était due et que notre caution a fournie à notre place; mais tout ce que réclamait la riû:ueur de la justice, le Christ l'a souffert exactement ^
En vertu de cette procédure, puisque le pécheur avait mérité l'enfer, le Christ a dû subir la même peine. Gerhard concède seulement qu'il n'est pas descendu dans Tenfer après sa mort, et c'est en quoi Calvin s'est trompé. .,
Mais, en attendant, on ne saurait nier que le Christ, à l'heure de sa Passion et de sa mort, surtout au jardin des oliviers alors qu'il suait le sang, n'ait souffert dans son âme les tourments les plus cruels, n'ait ressenti des douleurs, terreurs et angoisses véritablement infernales, et par là vraiment éprouvé la colère de Dieu, la malédiction de la loi et les peines de Tenfer. Comment, en effet, aurait-il reçu réellement en lui nos péchés et fourni une satisfaction parfaite, s'il n'avait réellement senti la colère de Dieu, qui est liée au péché d'un lien indivisible? Cornmont nous eiit-il rachetés de la malédiction de la loi et fùt-il devenu malédiction pour nous, s'il n'avait expérimenté le courroux de Dieu "^1
Pareillement Quenstedt enseigne :
Il a ressenti la mort éternelle, mais non pour l'éternité. Si donc on reiiardc» Tessence et l'intensité des