Saint Athanase, Or. i Adv. Arian., 5; PG., XXYI
y eut un temps où il n'existait pas; il n'existait pas avant d'être fait; lui-même commença par^ être créé. Car Dieu était seul; il n'y avait pas encore de Verbe et de^Sagesse., Puis, ayant décidé de nous produire, il fit un certain Être, et l'appela Verbe, Sagesse, Fils, voulant par lui nous produire. Il y a donc deux Sagesses : l'une propre et coexistante à Dieu; par cette Sagesse, le Fils a été fait; participant à cette Sagesse, il est seul appelé Sagesse et Verbe. Car la Sagesse doit l'être à la Sagesse, de par la sage volonté de Dieu.
Pareillement, il y a en Dieu un autre Verbe distinct du Fils : participant à ce Verbe, le Fils, à son tour, est appelé par grâce Verbe et Fils...
Dans d'autres écrits d'Arius; on lisait^ :
Il y a diverses puissances : l'une, est, par nature^ propre à Dieu et éternelle. Le Christ n'est pas la vraie puissance de Dieu, mais une des susdites puissances, entre autres, comme la sauterelle et la chenille ; d'ailleurs, il n'est pas appelé simplement puissance^ mais grande puissance. Il existe beaucoup d'autres puissances semblables au Fils : David les désigne dans le Psaume, en disant : Seigneur des puissances. Par nature, le Verbe est^ comme nous tous, sujet au changement ; mais, par son libre arbitre, tant qu'il veut, il demeure bon : il dépend de lui de changer comme nous, car il est, par nature, soumis au changement. Aussi Dieu, prévoyant qu'il serait bon, lui a-t-il prédestiné cette gloire qu'à titre d'homme, par sa . vertu, il conquit ultérieurement. Ainsi est-ce à raison de ses oeuvres prévues que Dieu l'a fait ce qu'il est.,.
Le Verbe n'est pas non plus vrai Dieu. Si on l'appelle Dieu, ce n'est pas à dire qu'il soit vrai Dieu : l'étant par participation de grâce, comme tous les autres [hommes], lui-même n'est Dieu que de nom. Comme toutes choses sont par essence étrangères à Dieu et différentes, ainsi
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le Verbe est-il absolument étranger au Père et différent' par ëssèricê et propriété ; il appartient a l'ordre des œuvres et dés créatures, étant l'une d'elles.
Encore dans la « Thalie » :
Le Père est invisible au Fils même; le Verbe ne saurait voir ni connaître parfaitement et exactement son Père; s'il connaît et''.roit, c'est selon la mesure de sa' science et de son regai'd, comme nous-mêmes connaissons selon notre propre force. En effet, non seulement le Fils ne connaît pas exactement le Père, impuissant qu'il est à le comprendre, mais le Fils même ne connaît pas sa propre essence. Les essences du Père, du Fils et du Saint-Esprit sont séparées par nature, étrangères, disjointes, sans contact ni communication entre elles : ils diffèrent entre eux d'essence et de gloire, jusqu'à l'infini. Donc le Verbe, en fait de gloire et d'essence, diffère totalement soit du Père, soit du Saint-Esprit. 11 existe à part ; le Fils n'a rien de commun avec le Père.
Saiiit Athanase, qui nous a conservé , ces textes, ne trouve pas d'expression assez forte pour flétrift le blasphème. Arius, auteur de la « Thalie », c'est le serpent recourant au sophisme pour séduire la première femme.
Gomment le ciel et la terre n'ont-ils pas frémï en entendant l'ennemi du Christ'? Goffiînent le soleil n'a-t-il pas refusé sa lumière? Dieu se doit à lùi-mêmé de faire justice ; ou plutôt, justice est déjà faite par la sentence du concilis œcuménique, retranchant Arius de la communion des fidèles.
Athanase écrivait plus de vingt . ans après
le^ débuts d'Arius. Mais rindignation qui vibre diàns ses pages esi; vive comme au premier jour. Il lié se dëâïande pas si tel trait, repris par Arius, ne se rencontrait pas déjà, autrement encadré, dans la littérature alexandrine; non, Athanase, toujours prêt à prendre en bonne part les assertions les plus osées d'Oïigène, se trouve, cette fois, en face d'un véritable blaspbéiûateuf et d'un suppôt de Satan.
Origène a bien pu insister imprudemment sur la prérogative du Père, jusqu'à lui subordonner lé Fils, îion seulement par le fait de sa procession, mais par une différence dans la participation à là divinité : le Père seul est Dieu au sens plénier, Autotheos, ho Theos, le Fils n'est Dieu qu'au sens amoindri, Theos: Atbanase ne demande qu'à trouver dans cette assertion et autres semblables un sens acceptable; pour Arius, il ne songe point à l'excuser, et son ressentiment est l'écho du premier accueil fait par l'Eglise d'Alexandrie à l'arianisme naissant.
En regard du manifeste d' Arius, mettons donc les écrits pastoraux de l'évêque Alexandre. Nous en possédons trois. D'abord, une lettre encyclique à l'épiscopat d'Orient, toute pleine de doctrine, témoignage -de sa vive sollicitude. Puis, une secondé encyclique,
portant à la connaissance de l'épiscopat catholique tout entier rexcommunication d'Arius et de ses adhérents. Enfin, , quelques lignes d'une déclaration que l'évêque d'Alexandrie fit signer à tous ses clercs, pour préciser la doctrine et peut-être raffermir quelques. hésitants.
La première encyclique d'Alexandre nous a été conservée par Théodoret, qui a transcrit l'exemplaire adressé à l'évêque Alexandre de Gonstantinople ^ L'évêque d'Alexandrie dénonce à ses frères dans l'épiscopat certains hommes suscités par le diable pour troubler l'Eglise. Il les, nomme : hier, Golluthos; aujourd'hui, Arius et Achillas. Ces « vendeurs de Christ » ont ouvert boutique, niant la divinité du Sauveur, le réduisant au rang des créatures. Ils trompent les fidèles au moyen de l'Ecriture, en insistant sur l'anéantissement volontaire du Fils de Dieu fait homme, pour nier la divinité de son origine et la gloire qu'il possède au sein de son Père. Auprès des Gentils et des Juifs, ils n'épargnent rien pour ridiculiser le christianisme, pour exciter contre lui les persécuteurs. Des femmes légères leur servent d'instruments pour mettre en mouvement les tribunaux ou vilipender