CHAPITRE m
l'empereur de NiGÉE
L'année qui clôt le seizième siècle révola depuis le concile de Nicée, voit/ tomber lin rayon de gloire sur Fempereur de IN^icé'e, Constantin le Grand. A vrai dire, sa mémoire en avait besoin; car les historiens modernes de l'Église lui sont plutôt durs. Constantin a donné la paix à l'Eglise et provoqué la définition dogmatique du Christ consubstantiel ; l'édit de Milan et le concile de Nicée suffisent à immortaliser son nom. Mais les tergiversations de ses dernières années dans la question arienne, mais le sang de son fils aîné Crispus et de sa seconde femme Fausta, sont des taches difficiles à laver. Ajoutons qu'il a eu la mauvaise fortune de tomber entre les mains d'un biographe trop complaisant. Eusèbe de Césarée, père de l'histoire ecclésiastique, est un auteur ordinairement bien informé; mais esprit plus curieux que ferme, caractère sans élévation, évoque jamais rallié franchement
à la foi de Nicée, il porte sa lourde part de responsabilité dans la réaction arienne qui se dessina au lendemain du concile et déchira toute une moitié du iv^ siècle; familier de Constantin, il n'a pas exercé sur l'empereur une bonne influence ; biographe, il aborde sa tâche avec un parti pris de louange qui nous exaspère, et se tait soigneusement sur ce qu'il nous importe le plus de savoir.
La carrière de Constantin présente un autre aspect relativement peu connu. Soii activité quotidienne, pour traduire dans les faits une foi religieuse très sincère et organiser chrétiennement l'empire, a pu échapper, pour une large part, à l'historiographie officielle ; la trace n'en est pas moins empreinte dans son œuvre législative ; c'est là qu'il faut la chercher. Ce travail vient d'être accompli par un jurisconsulte et archéologue français de très grand mérite, M. Jules Maurice, qui a vécu trente ans dans la familiarité de Constantino On lui devait déjà trois volumes de numismatique et d'histoire constantinienne, couronnés par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Son récent volume intitulé :
Constantin le Grand; V origine de la civilisation chrétienne^ ^ est une revendication