‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 20 sur 79 · LE DOGME Ï)E NICEE · texte numérisé non relu

LE DOGME Ï)E NICEE

Si3rviteur de Dieu': ce nom/ que Constantin aime à prendre dans ses lettres aux évêques et aux Eglises, exprime bien ce qu'il veut être, comme empereur même. Eusèbe, qui Ta bien connu, l'appelle « l'évéque conimun »; et Constantin, parlant à des évêques, s'est appelé « l'évéque du dehors »,^. Autant de mots pleins de sens. L'empereur ne prétend pas restaurer simplement la théocratie juive; pourtant, il a conscience de prolonger, en un certain sens, la lignée des rois d'Israël et de Juda. Il a ceint leur diadème, et se laisse représenter sur les monuments, tenant en main le rouleau des Evangiles.

Un siècle plus tôt, Tertullien avait envisagé cette question : les Césars pourraient-ils être chrétiens? et l'avait résolue négativement.

Cette réponse négative, qui était celle du vieil esprit romain, pèse encore sur Constantin.

N'est-ce pas pour cela qu'il reculera devant le baptême jusqu'à l'approche de la mort? N'estce pas encore pour cela, qu'en faisant le pas décisif, il croira devoir renoncer à l'exercice du pouvoir? Eusèbe nous dit expressément qu'à dater de son baptême il cessa de revêtir la pourpre et ne voulut plus être qu'un

1. Voir Eusèbe, Vie de ConsL, II, 28,29; PG., XX, 1005-8, II, 69, 1041 B, 72, 1048 A.

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