‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 23 sur 79 · EusÈBE, Vie de Conslanfin, VI, 24; PG., XXIV · texte numérisé non relu

EusÈBE, Vie de Conslanfin, VI, 24; PG., XXIV

d'une beauté redoutable et capable de toutes les fourberies, elle crut s'assurer le coèùr de Constantin en lui sacrifiant son propre père. C'était le temps où Maximien Hercule, dévoré par le regret du pouvoir et mal accueilli à Rome par son fds Maxence, avait cherché for^^ tune en Gaule près de son gendre. Il espérait . le supplanter, grâce à l'appui de sa fille. Fausta feignit d'entrer dans les vues du vieillard et de lui ménager une occasion pour poignarder Constantin. Mais elle avait fait coucher un eunuque dans le lit de l'Empereur.

Maximien s'introduisit, à la faveur des ténèbres, et poignarda l'eunuque. Quand il se retrouva, au joiir, en face de Constantin vivant, il comprit qu'il était perdu et se pendit à une poutre du palais. Cela se passait en l'année

En 317, Constantin éleva au rang de CésaBS son fils aîné Crispus et les deux aînés entre les fils de Fausta, Constantin et Constance. Il y eut de grandes fêtes militaires; à cette occasion, fut créé le labarum, célèbre trophée des victoires constantiniennes, portant, avec le monogramme du Christ, l'image des trois jeunes Césars. Le labarum fut.porté sept ans plus tard, en 324, dans la campagne victorieuse contre Licinius, qui fut suivie de près par la mort de cet empereur. Constantin de-

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meurait seul maître de l'empire. Son fils aîné Crispus, âgé de vingt ans et déjà illustre par une victoire remportée sur le Rhin, venait de se couvrir encore de gloire en conduisant de Tliessajonique au Bosphore, la puissante flotte qui avait largement contribué au triomphe de Constantin. Il avait épousé une jeune Hélène, qui bientôt lui donna un fils. Après le concile de Nicée, tenu en 325, Constantin devait fêter à Rome en 326 sa vingtième année de règne, et venait d'y convoquer toute sa famille. Le bruit courut même, et ne paraît pas dénué de fondement, qu'il allait installer Crispus dans Rome, avant de revoir le Bosphore. A la veille de ces fêtes, Crispus fut tout à coup arrêté, sur un ordre paternel, conduit à la forteresse de Pola, en Istrie, et mis à mort (fin juillet 326). On raconta qu'il avait été accusé d'un crime infâme par sa belle-mère Fausta. Et ce que nous savons du caractère de Fausta, rend croyable l'idée d'une mise en scène, perfidement préparée, pour compromettre et perdre le jeune homme. Trois mois après, Fausta disparaissait à son tour. On raconta qu'elle avait été surprise en flagrant délit d'adultère avec un esclave, et que l'empereur l'avait fait étoii (fer dans un bain.

Tels sont les faits. Si les accusations portées contre l'héritier de l'empire, puis contre

Ri LE DOGME, DE mCÉE.

l'impératrice, étaient fondées, l'un et l'autre tombaient sous le coup des lois d'empire, et ces lois exigeaient leur mort. Plutôt que de lés faire fléchir, Constantin sévit contre son fils et contre sa femme. Il estima son honneur et l'honneur de l'empire plus que sa propre tendresse; et celui qu'on représente comme un père et un mari dénaturé, serait un prince héroïque. Cette version est assurément la plus honorable pour sa mémoire. Nous n'avons pas le droit de la démentir, et l'allusion énigmatique d'Eusèbe à ce passé sanglant ne la dément pas. L'historien s'exprime ainsi ^ : « Le second des anciens Augustes, convaincu d'avoir préparé la mort de Constantin, finit misérablement... Plus tard, d'autres de ses proches furent convaincus de complots occultes contre lui. Dieu découvrant, contre toute apparence, à son serviteur, par des visions, tous leurs desseins. » En fait de preuves, c'est peu. Mais si, comme tout l'indique, la colère de Constantin s'appesantit sur Crispus puis sur Fausta, il dut avoir quelques griefs, réels ou supposés. Faisons crédit à sa grandeur d'âme ^.

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