‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 26 sur 79 · EusÈBE, Vie de Constantin, III, 7; PG.> XXj 1060-L · texte numérisé non relu

EusÈBE, Vie de Constantin, III, 7; PG.> XXj 1060-L

9a • LE DOGME DE NICEE.

Eusèbe n'est pas complet ; nous le savons par d'autres témoignages, la Gaule, elle aussi, était là, en la personne d'un de ses évêques, saint Nicaise , évêque de Die ^ .

Magnifique génération de pasteurs, éprouves par la grande persécution; beaucoup d'entre eux, dit Théodoret, insignes par les charismes apostoliques, beaucoup portant dans leur corps les stigmates du Seigneur Jésus. Les historiens nomment Jacques d'Antioche de Mygdonie — autrement dite Nisibe, — qui ressuscitait des morts et accomplissait d'autres prodiges; Paul de Néocésarée aux bords de FEuphrate, qui avait éprouvé la colère de Licinius :

estropié des deux mains par la brûlure d'un fer rouge qui avait atrophié les nerfs moteurs; Paphnuce l'Egyptien, qui, durant la persécution de Maximien, avait eu l'œil droit arraché, le jarret gauche coupé ; des mines, où on l'avait enfermé, il était revenu avec le don des miracles et les semait à profusion : Constantin devait s'éprendre d'amour pour le saint homme, et se plaire à baiser l'orbite vide de son œil ; Spiridion, évêque de Chypre, qui gardait les brebis quand il fut appelé à l'épiscopat et continua de garder les brebis; lui aussi thau-

1. Voir Nicaenorum Patrum Subscriptiones, éd. C. H. Turner, dans Eeclesiae Occidentaîis Monumenta Itiris anliquissima, Fasc. 7, Oxonii, 1899, iii-4.

mâturge et prophète, héros de récits merveilleux.

A côté des confesseurs de la foi, réunis en grand nombre, voici les évêques des principaux sièges : Osius de Gordoue ; Alexandre d'Alexandrie; Eustathe d'Antioche ; Macaire de Jérusalem; Alexandre de Gonstantinople ; Léonce de Gésafée en Gappadoce ; Gécilien de Garthage.

Dans l'ombre, les historiens nous montrent le petit groupe des fauteurs d'Arius : Eusèbe de Nicomédie, le plus perfide, et le plus intrigant de tous; Théognis de Nicée; Maris de Ghalcédoine; Théodote de Laodicée; Paulin de Tyr; Athanase d'Anazarbe; Grégoire de Béryte; l'autre Eusèbe, évêque de Gésarée en Palestine; Aétios de Lydda; Ménophante d'Éphèse ; Patrophile de Scythopolis ; Narcisse de Néronias; enfin, deux évêques égyptiens, déjà excommuniés par l'cvêque Alexandre :

Théonas de Marmarique et Second de Ptolëmaïs.

Constantin, écrivant au lendemain du Goncile à l'Eglise d'Alexandrie, parle de plus de 300 évêques présents à Nicée. Eustathe d'Antioche, quelque cinq ans plus tard, avoue n'en pas savoir exactement le nombre ; il dit environ 270. Eusèbe de Gésarée, après quelque 3.ouze ans, dit : plus de 250. Saint "Athanase,

après vingt-cinq ans, dans son Apologie contre les Ariens et dans sa Lettre sur les Décrets du Concile de Nicée, dit 300. Dans sa Lettre aux évêques d'Afrique^ écrite vers 370, près d'un demi-siècle après le concile, exactement 318, chiffre déjà donné par saint Hilaire dans son écrit Contre Constance en 360. Gomme il n'y a pas de raison pour s'arrêter, Sozomène, au siècle suivant, dira : plus de 320. Mais le chiffre précis de 318 se trouve chez Rufm, chez Théodoret, chez Gélase de Cyzique, et en général chez les historiens postérieurs. Le rapprochement entre les 318 Pères de Nicée et les 318 serviteurs d'Abraham, engagés dans sa campagne de Ghodorlahomor, est classique.

Et il pourrait bien se faire que ce rapprochement biblique ait lui-même suggéré le chiffre précis de 318, que l'on ne rencontre pas au lendemain du concile, mais seulement après presque un demi-siècle ' .

Rufin assure qu'en arrivant à Nicée, Constantin se vit assailli de libelles et de plaintes, par des évêques s'accusant les uns les autres. Manifestement, beaucoup étaient venus plus occupés de leurs affaires privées que de la grande affaire du concile. L'empereur comprit vite qu'à les écouter on perdrait beaucoup de

1. La liste, très incomplète, des Subscriplioms, mentionnée ci-dessus, ne nous a conservé que 218 noms. *

temps. 11 leur marqua un jour où tous les libelles devaient lui être remis. Quand il les eut en mains, il déclara : « Dieu vous a établis prêtres pour juger les hommes ; il ne nous appartient pas de vous juger. Donc, que chacun de vous se remette à Dieu de ses propres intérêts. Et maintenant, occuponsnous des intérêts de la foi. » Là-dessus, pour anéantir la mémoire de ces récriminations sacerdotales, il fit livrer au feu tous les dossiers; et l'on aborda la question dogmatique.

On préluda aux séances officielles par des discussions privées, sur lesquelles nous renseignent quelque peu les historiens du v^ siècle i Le jeune diacre Athanase y prit une part considérable, aux côtés de son évêque. Arius lui-même y fut convoqué et put s'expliquer à loisir'. 11 y avait là des dialecticiens, quelques-uns étrangers à la foi chrétienne, car la sagesse du siècle vint, jusque dans l'enceinte du concile, provoquer là simplicité de

L RcFiN dit expressément, H. E., ï, h.; PL., XXI, 467C, qu'Anus fut appelé à Nicée, il ajoute, ibid., I, 5, 472A. : Evoeabatur fréquenter Arius in ConcÛium, et assicluo tractatu assertiones ■ eius disculiebantur. Le fait n'a pas d'attestation, plus ancienne. Il a été admis par Sozomènè, H. E., l, 17 et 19; P6., LXVII, 913 B; 917 B. Le récuser simplement parait difficile, d'autant qu' Arius pouvait, moins que personne, se désintéresser de ce débat. Sa présence n'est pas signalée ailleurs, pendant la durée du Concile.

la foi. Elle n'y remportait point toujours l'avantage. On a gardé le souvenir ^ d'un certain beau parleur qui éblouissait tout le monde par son esprit et réduisait au silence les évêques. Or, un vieux confesseur de la foi, homme tout à fait sans lettres, ne craignit pas de se mesurer avec lui et demanda la parole.

On l'accueillit par une hilarité générale. Mais le vieillard, sans se démonter, énonça devant le philosophe les vérités de la foi, et le somma de répondre. Il apparut que l'Esprit Saint avait parlé par sa bouche, car le philosophe, au lieu d'objecter, mit bas les armes et se déclara chrétien. Il reçut le baptême et entra dans l'Église.

Reprenons la narration d'Eusèbe de Césarée ^ .

Au jour dit% les évêques se réunirent dans la grande salle du palais et occupèrent les places qui leur étaient destinées. On s'assit, et l'on attendit en silence l'arrivée de l'empereur. Précédé non par des hommes d'armes, mais par quelques familiers, il entra. Sur un signal donné on se leva. Constantin traversa la salle, pareil à un ange de Dieu, dans l'étincellement de sa pourpre rehaussée d'or et de pierreries, mais paré surtout de crainte de Dieu

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