‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 28 sur 79 · LE DOGME DE NIGEE · texte numérisé non relu

LE DOGME DE NIGEE

était découverte ; l'écrit coupable fut déchiré à la vue de tous. Cependant quelques membres du concile rendirent à la minorité le service de faire appel à la paix et de fermer la bouche aux défenseurs du dogme. Les Eusébiens, redoutant une sentence d'exil, se précipitèrent pour anathématiser l'hérésie et signèrent avec entrain une définition de foi. Ainsi réussirent-ils à sauver leurs sièges; et ces hommes qu'on aurait dû, poursuit Eustathe, soumettre à la pénitence publique, propagent, soit en secret, soit en public, leurs doctrines condamnées, en attaquant sur divers points les preuves qui les condamnent. Pour semer l'ivraie, ils fuient les' regards des hommes éclairés, et réussissent à prévaloir contre les prédicateurs delà foi. Mais ils ne sauraient prévaloir contre Dieu.

Ainsi parle ce grand évêque, bientôt confesseur de la foi de Nicée dans un exil où il finira ses jours.

Avec saint Athanase, nous pénétrons quelque peu sur le terrain de la discussion théologique. L'évêque d'Alexandrie n'est à aucun ^ degré courtisan et ne s'inquiète pas de l'empereur Constantin, sinon dans la mesure exigée par l'intérêt de la foi. Mais il voit très clairement que ce qui se joue à Nicée, c'est la vie ou la mort du christianisme. D'où l'intérêt poi-

gnant de son oeuvre doctrinale, où nous pouvons glaner bien des traits d'histoire.

- Pour la question présente, le plus important de ses écrits et celui auquel nous devons nous attacher particulièrement est la Lettre sur les Décrets du Concile de Nicée ^ . Vingt-cinq ans après le concile, vers 350, un ami d'Athanase, dont le nom ne nous a pas été conservé, se trouve aux prises avec quelques fortes têtes ariennes. Il demande aide et conseil : l'évêque d'Alexandrie répond à son appel, en fixant des souvenirs sur la discussion de Nicée.

Il nous apprend que les Ariens, mis en demeure de s'expliquer, s'embrouillèrent et ne réussirent point à se mettre d'accord entre eux. Un symbole de foi fut rédigé, que lesEusébiens eux-mêmes signèrent. Maintenant, s'ils viennent médire du concile, on leur répondra que c'est trop tard : leur signature demeure et les condamne.

Athanase cite la Thalie d'Arius et d'autres textes ariens, d'où il ressort que tout l'effort du parti tendait à rabaisser le Fils de Dieu au rang des créatures. Ils abusaient d'abord du mot Fils. Ce mot a, dans l'Écriture, deux acceptions : une acception large, selon laquelle tous les hommes, et spécialement les justes, sont

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