‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 31 sur 79 · SoCRATE, H. E., I, 9 ; PG., LXVII · texte numérisé non relu

SoCRATE, H. E., I, 9 ; PG., LXVII

2. La clôture des sessions eut lieu, selon une tradition ancienne, le 19 juin. M-m^i, ■ Sacromm Conciliorum nova et

Gonstantm aurait cru l'œuvre incomplète, s'il n'y était allé de sa prose impériale : il écrivit donc lettre sur lettre ^ Lettre aux évêques et aux peuples pour notifier la condamnation d'Ariusét ordonner de détruire ses écrits. Gomme l'hérésiarque avait iniité l'impiété du philosophe Porphyre, cet ennemi acharné du Christ',' il convenait d'associer leurs deux mémoires': les Ariens seraient désormais appelés Porphyriens^. Lettre pàrticiilière au peuple d'Alexandrie. Lettré aux évéques qui n'avaient point paru au concile.

Un demi-siècle après le concile de Nicée, il s'est trouvé un auteur ecclésiastique pour parler dédaigneusehient des Pères appelés à se prononcer sur la; doctrine d'Arms. Cet auteur s'appelait Sabiiius^; il était évêque

amplissima CoUectio, t. II, p. 668 B. Le concile avait duré un mois. "'

1. EusÈBE, Vie de Constantin, III, 17 sctq.; PG., XX, 1073 sqq. ; Socrate, 84 sqq.

2. SocRATE, H. E., 1, 9; PG., LXVII,88C. — m»" Batiffol, Echos d'Orient, 1925, p. 399, rejette simplement toute cette littérature. La condamnation me paraît un peu sévère, surtout quant à là lettre adressée au peuple d'Alexandrie. On y relève des traits qui sembleiit bien personnels, et il est difficile de croire qiie cette lettre, composée en plein règne de Constance, ait pu trouver dans Alexandrie le crédit qu'avait voulu le faussaire. Quant au, long àiscours Ad sanctorum coelum, annexé dans les éditions d'Eusèbe à la Vie' de Constantin, le cas est tout différent. Je ne songe point à en revendiquer la paternité pour l'empereur. ,.

.3. Socraté,'i6i(i., 88 A.

4'Héraclée en Thrace, et appartenait à la secte macédonienne, qui.- renouveliait, sur là personne du Saint-Esprit, les erreurs énoncées pa:r Arius sur la personne du Verbe, et sîllait enpourir l'anathème du deuxième Concile œcuménique. Dans* un recueil d'actes synodaux, compilé principalement aux archives de Cdnstantinople, Sabinus présentait les Pères de Nicée comme des hommes simples et sans culture. Il voulait bieiî faire exception pour Eusèbe de Gésarée, qui fut! manifestement le plus savant homme 'de son temps;, et a:ussi pour l'empereur Constantin.

Gë verdict d'un intellectuel arieu est injuste ; d'ailleurs Sabinus se condamnait lui-même,; en faisant crédit à Eusèbe; car Eusèbe,; qui connaissait bien les Pères de Nicée, déclare expressément qu'on trouvait parmi eux non seulement des ascètes fameux par leur endurance, mais de beaux génies. Rufin, Théo^ doret et autres historiens ont redit et amplifié ces éloges; ils prit, ajouté qu'il y avait là,; en nombre, des confesseurs de la foi j des saints et des thajUmaturgéSi'sur ^^^ reposé

l'Esprit de Dieu, i Les : Pères de Nicée n'ont que faire; d'MtjMs, garanties; ;;; ,; r.

Dans l'histoire de ce concile œcuménique, notre foi cherche naturellement la part du

Pontife romain; et elle peut s'étonner de la voir si peu apparaître.

Nous savons qu'il appartient au Pontife romain de réunir le concile œcuménique, d'en diriger les travaux,: d'en confirmer les décrets.' Justement parce que nous le savons très bien, nous cherchons dans les documents du concile de ; Nicéë la réalisation de ce programme; et nous avons quelque peine à la découvrir. ' i

Constantin se croit appelé, à gouverner rÉ'glisej comme évêque du dehors, le mot est de lui. C'est lui qui lance les Ic'fctres de convocation pour le concile; lui qui, de sa personne, intervient dans les discussions sur la foi et pèse sur les décisions; lui qui, après la clôture, écrit aux Églises et presse l'exécution des décrets. Tout cela est fort éloigné de nos pensées ordinaires. -Pourtant, l'effacement du sacerdoce à Nicée . n'est pas tel qu'on n'en puisse ressaisir l'action essentielle. Voyons donc comment^ à ce- stade primitif, le fait ecclésiastique compose avecle droit*

Les historiens nous ont montré l'empereur prenant l'initiative de l'assemblée conciliaire. Ce qu'ils ne nous montrent pas, parce que renfermé dans les conseils du souverain, c'est que cette initiative dut être prise de concert avec le pape Sylvestre. Gela, nous sommes

fondés à le supposer. Onze ans plus tôt, Constantin avait agi, nous le savons positivement, de concert avec le même pape, d'ans la conyocatioiï du concile d'Arles pour l'affaire ' des Donatistes. Il n'a pas dû agir autrériiërit dans la convocation du concile de Nicée.

Les historiens nous ont niohtré l'empereur assez pénétre dû devoir qui lui incWbe, mettant son iautorité au service' de la vérité dogmatique pour la faire triompher dans lés discussions. Il j avait là un abus et un danger, c'est évident. Mais ils nous montrent aussi' que le pape est là, présent par sa pensée bien connue sur la question de foi; présent en la personne de ses représentants autorisés, le grand Osius, évêque de Cordoue, lumière de l'Ocbident; les prêtres romains Vite et Vincent, interprètes de la pensée pontificale. Le concile n'a délibéré, n'a conclu qu'en union avec le pape. S'il a choisi le mot ôpouaioç comme mot d'ordre de l'orthodoxie, c'est que dejpûisprès d'un siècle, comme on l'a très bien dit, le mot était romain. Denys de Rome l'avait rappelé à Denys d'Alexandrie: lui-même le tenait d'une tradition romaine. Si à Nicée il prévalût, c'est, à n'en pas douter, par l'autorité d'Osius, le mandataire de Rome ^

1. Saint Athanase, Hisloria Arianorum ad Monachos, 42; PG., XXV, 744 À, dit d'Osius : Ôùtoç... tviv èv Nwàîa Ttiffitv

Les historiens lious ont montré l'empereur donnant un écho puissant à la parole du concile et la répandant jusqu'aux extrémités de l'empire. Mais ils nous montrent aussi, en déroulant les annales ecclésiastiques du lY^ siècle, le Pbntifè roriiain associé à tout ce qui s'est dit et fait à Nicée; confirmant l'œuvre du cbhcile par l'autorité^de son propre enseignement et par l'appui donné à ceux qui combattent pour la foi définie à Nicée.

Telle est la forme, peu saillante en histoire, mais très effective, sous laquelle la Papauté a mis le sceau à l'œuvre du premier concile œcuménique. -

è^£0£To. — Ce témoignage autorisé est accepté par des critiques étrangers à la foi, romaine. Harnack, Dogmengeschichte, t. II*, p. 233,: «. Die Annahme ist.fast geboten, dassliberhaupt nich^ ein Orientale, dem die Verwerfung des Wortes zu Antioctiia driickend sein musste, sondern ein Occidentale auf das Wort zurûckgegriffen hat, und dann l<ann man nur an Hosius denken. » — LooFS, Leiffaden zum Studium der DG^, p. 222.

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