SocRATE, H. Ei, I, 23 ; PG;, LXVII, 141 C
volonté, clairement manifestée, de César. Or le danger d'une telle ingérence saute au3ç yeux ; et là leçon ne porta; que trop tôt ses fruits. .Un fils de Constantin, qui, n^ avait pas, sa ^roiturç, Tempereur Constance, ne .devait retenirfde l'exemple paternel que cet empressement à faire la loi ;dans l'Eglise, .et il: ne légiféra qu'ati profit de l'hérésie. ; ; .
Au concile de Niçé.e, le pape Sylvestre ]a été représenté par des prêtres latine, dont Finfluence n'alla point jusqu'à obtenir que les ulcères doctrinaux fussent crevés et une recrudescence du mal rendue impossible. Tandis que les Pères regagnaient leurs Églises respectives, un homme demeurait sur place? qui allait; pendant quinze' ans, avec une ténacité incroyable, s'attacher à ruiner roéuvre accomplie , et n'y réussirait que trop . bien. C'était Eusèbe, évéque de Nicomédie, celui que les; Ariens nommèrent « le grand Eusèbé» : Après' avoir été pour Arius un allié, de la. première heure, il travailla de toutes ses forces. à sa réhabilitation. A ses côtés, nous ' trouvons l'autre Eùsèbe, éveque de Gésarée en. Pale s r tine, homme; d'étude, plus que d'action, arien moins radical, mais tout de même arien. '
Au début du conflit arien, Eusèbe de Nicomédie adressait à Paulin de Tyr une lettre qui mérite de retenir l'attention. Paulin n'est pas
encore évêque de Tyr; le ^siège épisçopal appartient encore à Zenon, qui, dans quelques mois, assistera au concile de Nicée et en signera les décrets. Mais, déjà Paulin est près de lui, au second rang. Il n'a pas pris ouver^ tement position sur .la, question arienne, et Eùsèbe de Nicomédie lui écrit pour réchauffer çpn zèle, en lui proposant comme modèle Eusèbe de Gésarée. Voici la lettre que nous a conservée Tliéodoret\
A mon maître Paulin, Eiisèbé, dans le Seigneur salut.
On n'a pas manqué de relever le zèle de mon Maître Eusèbe pour la vraie doctrine : la nouvelle en est venue jusqu'à nous, et aussi la nouvelle de votre silence, Maître. Naturellement nous noussommes réjoui pour mon Maître Eusèbe ; mais pour vous,^ nous nous sommes désolé, voyant dans le silence d'un tel homme un échec pour nous. Aussi je vous le demande, à vous, qui savez combien peu il sied à un homme de sens de déguiser son sentiment et de taire la vérité, exhumez, par un effort de l'esprit, votre d.ialectique, commencez d'écrire sur un sujet qui intéressera vous-même et vos auditeurs, surtout s'il vous plaît d'écrire e:n serrant de près l'Ecriture et vous attachant à la trace de ses paroles et de ses intentions. Car jamais nous n'avons entendu parler -de deux inengendrés, ni d'un seul partagé en deux ou éprouvant quelque accident corporel; non, Maître,; mais d'un seul inengendré,, et puis, d'un autre engendré par lui réellement, non, de son essence, mais complètement; étranger à toute participation de là nature inengendrée, étranger à son essence, tout autre par nature et puissance, fait à l'exacte ressemblance de la disposition