Théodoret, /T.jff., 1,5 PG., LXXXII
LE LENDEMAIN Î)E NICÈE. 125
et de la puissance de son auteur; dont le commencement n'est pas seulement inénarrable' en paroles, mais incompréhensible à la pensée soit des hommes, soit même des êtres supérieurs aux hommes, selon notre foi.
Nous parlons ainsi, non' pas en vertu d'un raisonnement personnel, mais de par l'enseignement de rÉcriture. Nous ayons appris d'elle qu'il est créé, fondé, fait par essence, par sa nature inaltérable et ineffable, à la ressemblance dé son auteur ; seloii la parole "dit Seigneur lui-iriênie : Dieu m'a créé principe de ses voies... avant les siècles il m'a fondé,... avant toutes les collines, il m'engendre {Prov., "VIII, 22, 23, 25). S'il procédait de lui, hors de lui, comme une partie où par écoulement' de son essence, an ne dirait plus qu'il est créé ou fondé : vous-même l'entendez, Maître. Car ce qui procède de l'inengendré, ne saurait être créé ni par un autre ni par lui-même, ni fondé, étant dés l'origine inengendré. Si le mot engendré suggère qu'il est fait de l'essence paternelle et tient de lui l'identité, de nature, nous savons que ce n'est pas le seul exemple de génération dans l'Ecriture : on en r.encoritre beaucoup d'autres, pour des êtres tout dissemblables par nature. Ainsi Dieu dit-il des hommes : « J'ai engendré et exalte des fils et ils ni'ont méprisé » (/s., i, 2). jEt encore : « Tu as abandonné Dieu qui t'a engendré » {Dt., xxxii, 18). Et pour d'autres êtres : « Qiii engendra les gouttes de rosée?» (/o6, xxxviii, 28). Dieu ne donne point à entendre que la nature procède de la nature, mais que toute créature procédé de sa volonté. Car rien ne procède de son essence, mais par sa volonté toute créature fut créée telle qu'elle est. Il est Dieu; les créatures seront créées à sa ressemblance, semblables à' son Verbe, selon son bon plaisir. Toutes ont été faites au moyen du Verbe par Dieu, toutes sont de Dieu. 'Prenez ce thème et le travaillez selon la grâce que Dieu a- mise en vous; hâtez-vous d'écrire à mon ^Maître Alexandre : j'ai confiance que, si vous lui écrivez, vous le retournerez. Salut à tous dans le Seigneur. Qiie là grâce' divine 'vous 'garde vaillant et priant 'pour nous, Maître.
Cette lettre renferme tout lé fond de^ l'arianisme : négatioiGi directe à\iGphsubstdijitiel;\dL génération du Verbe assimilée -r— sauf ré,serves verbales'-^ à là création ;/ appeiau texte scriptiiraire qui revienli perpétuellement dans cétie controverse, et dont l'on s'autorise pour supprimer l'abîme qui sépare le Fils de Dieu de soii œuvre, Prqv., yiii, 22V Tout cela, ^écho fidèle de la lettre adressée par Ariusiau même Eusèbe dB Nicomédie\ ' ■ - -'■■■■
l Parmi I^s prélats orientaux dont il se croyait sûr^Arius, dans cette. lettre à l'évêque de Nicor médie; riornihait déjà Paulin de Tyr ; il noni-^ maii aussi, et en première ligne, Eùsèbé (ië Gésarée, assez compromis par son activité littéraire pour qu'on pût difficilémefit se méprendre, sur sa pénse^. Dans l'œuvre j;rès vaste .d'Eusèbe,rarianisme n'apparaît pas tour jours, mais il affleure souvient. Pour apprécier l'accord dé Pévequ,e de Gésarée avec son homonyme de Nicomédie, on. peut se référer aux textes qui furent citéslors du deuxième concile dë^Nicéè,'en787'. /.. ' ."'.-V^ ;'"\"V"v'! ,. Les iconoclastes, visés par de deuxième con-j cile'dê Nicée,"se réclamaient d'Eusèbe comme d'un ancêtre ; et ils en avaient le droit, car nous possédons une. lettre. d'Eusèbe à l'imper-