Mansi, Concîl., t. XIII, col
non comme l'une des créatures; — si, d'autre part, vôtre lettre les accuse de dire que le Fils de Dieu a été fait comme l'une des créatures, alors qu'ils ne disent pas cela, mais le nient expressément; voyez s'ils n'ont point dès lors occasion de protéstei? encore et d'attaquer àleiirgré.
Oïl cita enfin une lettre à Euphration de Balanées, un des Pères du concile de Nicée, où Eusèbe s'exprime ainsi :
Nous ne disons pas que le Fils existe avec le Père, mais que le Père préexiste au Fils. Et le Fils de Dieu en per- • sonne, qui le sait mieux que tout autre, qui a conscience d'être distinct du Père et moindre et inférieur, nous l'enseigne en toute piété, quand il dit : Mon Père, qui m'a envoyé; est plus grand g-we moi.. D'aiitant que lé Fils . même est Dieu, mais non pas vrai Dieu.
Tous ces textes rendent la même note :
c'est la note la plus aiguë du subordinatianisme origéniste, pour qui le Fils est bien Dieu en quelque manière, mais non pas Dieu au sens plènièr; une sorte de Dieu amoindri!
Une telle conception ne se confondait pas tout à fait avec la pensée d'Arius, mais certaiiiement elle la rejoignait. Nous savons déjà qu'Eusèbe transigeait sur le dogme de la génération éternelle. ïl n'en trouvait pas moins Je moyen dé signer, au concile de Nicée, la profession de foi au consubstantiel et de justifier sa signature devant son peuple' de Césarée. Jusqu'à quel point se laissà-t-il duper par son propre artifice d'exégèse et crut-il
mettre d'accord sa conscience et la vérité dogmatique? C'est un point difficile à éclaicir. Ce savant homme avait les illusions et les faiblesses d'un courtisan. Quant à Eusèbe de Nicomédie, vrai chef du parti eusébien, aucune excuse n'est possible : toute sa conduite montre un fourbe consommé. C'est lui qui doit nous occuper surtout.
Reprenons d'un peu plus haut la trame de sa ténébreuse intrigue.
Après avoir étudié à Antioche sous Lucien, Eusèbe était devenu évêque de Béryte en Syrie, puis n'avait pas tardé à échanger ce siège obslîur contre le siège plus reluisant de la ville impériale, Nicomédie. Aux rives du Bosphore, il allait soigner sa fortune ecclésiastique. Un lien de parenté avec la famille constantinienne lui donnait accès près de l'impératrice Gonstantia, sœur de Constantin, mariée à Licinius. Eusèbe trouva moyen de se faire bien voir à la cour, dans le temps même où Licinius persécutait les chrétiens. Arius, excommunié par son évêque et fuyant Alexandrie, recourut à son ancien condisciple ; Eusèbe le reçut à bras ouverts, et dès lors mena campagne en faveur de l'hérésie. Un synode assemblé à Nicomédie se prononçait potir la doctrine d' Arius; laBithynie devint le quartier