‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 40 sur 79 · Théodoret, h. E., I, 20; PG., LXXXII, 965-968; Socrate · texte numérisé non relu

Théodoret, h. E., I, 20; PG., LXXXII, 965-968; Socrate

ce drame judiciaire gagnaient Byzance à toute allure, mettaient sous les yeux de l'empereur un dossier perfide et lui arrachaient une sentence de bannissement (330). Saint Eustathe d'Antioche, conduit en Thrace, y finira ses jours.

Restait à pourvoir au siège d'Antioche. On l'offrit à Eusèbe de Gésarée, qui eut le bon goût de refuser. Ge geste lui valut une lettre flatteuse de l'empereur, qui le félicita d'avoir paru digne d'être l'évêque, non pas d'une ville, mais presque de tout l'univers. Eusèbe a eu soin de nous conserver la lettre, dans son Panégyrique ài% Gonstantin. Alors, on recourut à Paulin de Tyr, qui montra moins de scrupule. Après quoi, Eusèbe de Nicomédie et les siens purent dormir en paix : l'Eglise syrienne né leur donnerait plus aucun souci.

Beaucoup d'autres évêques furent alors déposés sous divers prétextes : saint Athanase nous en a conservé des noms ^ : Eutrope d'Andrinople, Euphration de Balanées, Kymatios de Paltos, Kyinatios d'Antarados, Asclépas de Gaza, Gyr de Bérée, Diodore évêque d'Asie, Domnion de Sirmium, Hellanicos de Tripoli.

Mais la victoire la plus désirable, au gré de l'hérésie, était celle qui eût abattu le jeune et

1. s. Athanase, Historia Arianorum ad Monachos, 5; PG., XXV, 700.

vaillant évê que d'Alexandrie, saint Athanase: En succédant, moins de trois ans après le concile de Nicée, à Févêque Alexandre, Athanase avait accumulé sur sa tête tous les ressentiments de la faction arienne. C'est lui surtout qu'on voulait atteindre. On attaqua d'abord son élection, prétextant sa jeunesse, parlant de pression exercée sur les électeurs. Ces manœuvres échouèrent. Mais deux ou trois ans plus tard, l'occasion parut favorable pour le perdre. Eustathe d'Antioche venait de partir pour l'exil; Arius venait de rentrer en grâce avec l'empereur. Eusèbe de Nicomédie en personne mena Tattaque.

Nous venons de faire allusion à la rentrée en grâce d' Arius. Dans ce revirement invraisemblable, un rôle décisif paraît avoir été joué par l'impératrice Gonstantia, veuve de Licinius et sœur de Constantin ^ . Un prêtre arien nommé Eutocios, qui l'approchait, réussit à lui persuader qu'Arius avait été, au concile de Nicée, victime d'une injustice et que sa prétendue hérésie était un mythe. Constantia hésitait à faire part à son frère d'une telle communication. Là-dessus, elle tomba malade.

Visitée fréquemment par l'empereur, au cours de cette maladie qui devait la conduire au tom-

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