‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 41 sur 79 · SOCRATE, H. E., l, 25; PG.,LXVII · texte numérisé non relu

SOCRATE, H. E., l, 25; PG.,LXVII

beau, elle finit par se décider et lui recommanda Eutocios, comme un homme digne de toute confiance. L^hérésie avait trouvé l'instrument cherché. Constantin, qui venait de rappeler Eusèbe, consentit encore à entendre Eutocios, et la même leçon, toujours répétée, pénétra de plus en plus dans son esprit. Il fit mander Arius, et, comme celui-ci ne se pressait pas, lui adressa une lettre personnelle ainsi conçue : « Depuis longtemps, ta gravité a reçu l'invitation de se rendre à mon camp pour jouir de ma présence. Je m'étonne beaucoup que tu ne l'aies pas fait immédiatement. Prends donc le char public, et hâte-toi de parvenir à mon camp ; afin que, favorisé de ma bienveillance et de ma sollicitude, tu puisses revoir ta patrie. Que Dieu te garde, moucher. » La lettre est datée du 27 novembre (330?).

Cette fois, , Arius ne se fit pas prier. En compagnie d'Euzoïos, diacre d'Alexandrie, jadis excommunié avec lui par Alexandre, il partit pour Byzance et fut reçu à l'audience impériale. Constantin leur demanda s'ils professaient la foi de l'Eglise. Sur leur réponse affirmative, il réclama l'expression écrite de leur croyance. La formule qu'ils remirent à l'empereur ne contient pas l'ofxoouGcoç ; elle glisse sur les points les plus délicats, expri-

mant surtout l'intention de se conformer à la doctrine des Écritures. Constantin, tout à fait incapable de débrouiller la question, n'insista pas. Arius fut autorisé à rentrer dans Alexandrie ' .

Mais Athanase n'était pas, pour autant, disposé aie recevoir dans l'Église. Alors Eusèbe de Nicomédie s'interposa. Il écrivit à l'évêque pour le prier de recevoir le prêtre excommunié, ajoutant que l'empereur l'aurait pour agréable. La demande était polie dans la l'orme ; entre les lignes, se lisait clairement une menace. Athanase répondit qu'on ne pouvait recevoir dans l'Église les hérétiques, anathématisés par le concile œcuménique.

Cette fois, Eusèbe lui fit écrire par l'empereur en personne; et le ton de la lettre, apportée par les palatins Synclétius et Gaudentius, était ferme : « Ayant connaissance de ma volonté, accorde à tous ceux qui le voudront libre entrée dans l'église. Si j'apprends que tu as arrêté quelques-uns de ceux qui désirent venir à l'église ou leur en as refusé l'accès, jeté ferai aussitôt relever de tes fonctions et conduire ailleurs. »

C'était la guerre. Au cours de l'année 331, Athanase était appelé à Nicomédie et tenu à

1. SocRATE, H. E., I, 26-27; PG., LXYII, 149-153; S. Athanase, ApoL c. Arian., 59-60 ; PG. , XXV, 357.

la disposition de la cour. Il eut à Psammathie, faubourg de Nicomédie, une audience de l'empereur. Sa droiture fit impression sur Constantin, qui, au lieu de donner gain de cause à ses . ennemis, le renvoya aux Alexandrins, porteur d'une lettre où il était qualifié d'homme de Dieu.

Mais les Eusébiens, ayant fait alliance avec, les Mélétiens d'Egypte, allaient revenir à la charge indéfiniment, avec un arsenal, jamais épuisé, de calomnies bizarres. En 334, ils essayaient d'attirer leur adversaire à un concile de Gésarée en Palestine, pour le mettre en accusation et le condamner. Athanase se dérobait. L'année suivante, ils faisaient appel à l'autorité de l'empereur pour l'obliger de comparaître au concile de Tyr. Là, sa déchéance était proclamée; quelques semaines plus tard, un concile de Jérusalem procédait à la réhabilitation d'Arius.

Entre-temps, Athanase s'était rendu à Constantinople pour obtenir justice. Il n'en repartit que pour se rendre en exil à Trêves, au commencement de l'année 336. Eusèbe enregistrait une nouvelle victoire.

Eustathe d'Antioche et Athanase d'Alexandrie écartés, le plus illustre des nicéens était désormais Marcel d'Ancyre. Adversaire en somme peu redoutable, car sa théologie assez

flottante donnait prise à de faciles attaques; mais tout son passé le désignait aux vengeances du parti. On ne lui pardonnait pas d'avoir écrit un livre contre le sophiste arien Asterius. On ne lui pardonnait pas son attitude au concile de Tyr, où il avait refusé de souscrire la condamnation d'Athanase, et son absence du concile de Jérusalem, qui pouvait passer pour un affront direct à l'empereur, car Constantin avait fait coïncider avec cette assemblée la célébration de sa trentième aiinée de règne. L'abattre ne fut qu'un jéuV Eusèbe et ses amis, venus à Constantinople à la fin de l'année 335 sur un ordre de l'empereur, en profitèrent pour lui dénoncer Marcel, comme renouvelant l'erreur de Paul de Samosate.

Marcel fut déposé, le siège d'Ancyre fut attribué à Basile, qui allait exercer une influence considérable sur les destinées ultérieures du semiarianisme.

L'année 336 avait vu disparaître Arius, à la veille d'une réintégration solennelle dans l'Eglise de Constantinople; elle avait vu disparaître l'évêque même de Constantinople, Alexandre, inflexible dans sa résistance aux sommations des Eusébiens. L'année 337 vit encore disparaître l'empereur Constantin. Au

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