‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 50 sur 79 · LK DOGME DK NICÉE · texte numérisé non relu

LK DOGME DK NICÉE

Le mot d'ordre de l'orthodoxie nicéenne était oiAoouffwç, de même essence. Le mot d'ordre du semiarianisme fut dpwuffwç, de semblable essence. Il s'oppose d'une part à l'opoucioç nicéen, qui dit communauté dé substance, d'autre part à l'àvopioç de l'arianisme radical, qui exclut toute similitude essentielle entre le Père et le Fils. Ce mot d'ordre apparaît un quart de siècle après Nicée ; car nous pouvons négliger la rumeur recueillie, au siècle suivant, par l'Arien Philostorge, d'après laquelle, dès le temps du concile œcuménique, Eusèbe de Nicomédie, Théognis de Nicée, Maris de Chalcédoine, auraient glissé subrepticement un imperceptible t dans l'ôfxoouGioç, de manière ,à signer réellement une profession de foi arienne, tout en ayant l'air de signer la profession de foi catholique : c'est là manifestement une histoire inventée après coup. En réalité, on s'est battu un bon quart de siècle autour de l'opoudioç, avant d'imaginer cet amendement, destiné à une assez baillante fortune.

Semiarien et homéusien pourraient donc être tenus pour synonymes, n'était le relent d'hérésie inséparable du mot semiarien et que ne comporte pas nécessairement le mot homéusien. Par quelle diplomatie, et surtout par quels coups de Providence, le mot ôpto'Jaioç fut purgé du venin qu'il pouvait receler et

devint une formule de transaction, jugée acceptable par les maîtres de l'orthodoxie, c'est la leçon qu'il nous faut recueillir.

Saint Epiphane, dans son Panarion, Gonsa.cre aux Semiariens un article assez long et peu flatteur ^ Pour lui, les Semiariens ne sont que des Ariens déguisés, qui voient dans le Fils de Dieu une pure créature. Et sans doute, le semiarianisme se présente, à son origine, comme un schisme dans l'arianisme même. Cette origine n'est pas pour le recommander beaucoup.

On lui doit pourtant cette justice, de ne pas lui demander seulement d'où il sort, mais qui il est et à quoi il tend. A cette question, saint Epiphane fournit lui-même une réponse partielle, et plus indulgente qu'il ne l'a prévue. D'esprit assez peu critique, et précipité dans ses jugements, le fougueux évêque de Chypre a du moins souvent la bonne fortune de mettre la main sur. des documents très précieux et le mérite de nous les transmettre tels quels. Son article sur les Semiariens, où la part du rédacteur est minime, ne renferme pas moins de quatre de ces documents ou groupes de documents originaux, dont les deux premiers surtout nous font pénétrer assez avant dans l'âme du semiarianisme.

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