‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 52 sur 79 · L. c, 2-11; PG., XLII · texte numérisé non relu

L. c, 2-11; PG., XLII

évêques de Phénicie pour maintenir intact le dépôt de la foi. Suit un long exposé du dogme trinitaire, qui repousse énergiquement la donnée arienne du Fils créature et insiste sur sa parfaite conformité d'essence avec le Père :

ou,owç xkt' ouciav.

Voilà qui sonne assez mal. Car si la présence du mot oùçiav procède d'une bonne intention, le mot op-otoç demeure réellement inadéquat à Fexpression de la foi nicéenne. Mais poursuivons la lecture.

La formule du baptême trinitaire, qui associe étroitement le Père, le Fils et l'Esprit Saint, montré assez que le Père a engendré un Fils à lui semblable par essence. La relation du Père au Fils n'est pas celle du Créateur à la créature ; pas même celle du Créateur à l'instrument créé de la création. Prendre le feu de l'autel avec la main ou le prendre avec une pince, est au fond une même chose : la pince est, comme le feu, un ouvrage fait de main de l'homme. Or tel n'est pas le Fils de Dieu : il dépasse tout l'ordre de la création.

Le synode ne souffre pas qu'on abuse de ce nom de Fils pour assimiler la génération du Fils de Dieu à la nôtre. La génération du Fils de Dieu échappe à toute comparaison. Il faut respecter le mystère divin et de ne pas vider de sa vertu la croix du Christ. Tel est l'ensei-

gnementdela Sagesse incréée, selon saint Paul et selon les Psaumes, selon le livre des Proverbes et selon saint Jean.

Le synode se refuse d'autre part à dire que le Fils est la même chose que le Père : pas plus que deux hommes ne sont un, le Père et le Fils ne sont un. A ceux qui prétendent que le Fils n'est qu'une même essence avec le Père — ôpoucrioç ou TauToouGioç, — il dit anathème.

Et donc ici nous trouvons, hélas ! le semiarianisme, en opposition directe avec la parole du Seigneur en saint Jean : « Mon Père et moi, nous sommes un. » Il convient ppurtant d'observer, à la décharge des Pères d'Ancyre, que la tendance du développement ne va point à méconnaître l'unique majesté divine, mais bien à revendiquer, selon la lettre des Ecritures, la distinction des personnes; c'est une protestation contre le monarchianisme sabellien, beaucoup plus réellement qu'une déclaration arienne.

Le document conservé par saint Epiphane porte douze signatures d'évêques, en premier lieu celle de Basile d'Ancyre, personnage le plus éminent du groupe homéusien. C'est à lui, manifestement, qu'appartient la rédaction.

Pour la première fois, au synode d'Ancyre en B58, le semiarianisme entre en scène officiellement.

Le deuxième document cité par saint Epiphane porte en tête les noms de Basile d'Ancyre et de Grégoire de Laodicée \ Il réédite les mêmes enseignements, en soulignant l'opportunité du vocable oùoia, qui déplaît aux Ariens et parfois est récusé par eux, comme étranger aux Ecritures. En quoi ils se condamnent euxmêmes doublement. D'abord ils donnent, contrairement à leurs principes, l'exemple du recours à un terme non scripturaire, quand, au nom propre du Père, Tlar/ip, ils Substituent celui d'Inengendré, 'Âysvv/iToç. Ils ont pour cela leurs raisons : le nom de Père implique assez clairement laparfaite conformité d'essence entre le Père et le Fils ; c'est précisément là . ce qu'ils veulent voiler, aussi préfèrent-ils le nom d'Inengendré, qui implique seulement la prérogative du Père. Mais l'Ecriture leur oppose un démenti manifeste : car on y lit à chaque ligne le nom de Père, et pas celui d'Inengendré. Déplus, les Ariens ont enchâssé le mot oÙGi'a dans une formule captieuse, où ils ont dit que le Fils était d'autre essence que le Père, àvoptoç. xar' oùdav. Il a bien fallu les suivre sur ce terrain et rétablir la vraie doctrine au moyen des mêmes termes qu'ils employèrent pour la fausser. Donc l'op-

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