‹ Le dogme de Nicée [microform]Chapitre 6 sur 79 · i'ERTULLÎiaN · texte numérisé non relu

i'ERTULLÎiaN

appelle le Verbe « Esprit de Dieu, Lumière de lumière ».

Ces textes, qu'il nous serait facile de multiplier, rendent éloquent témoiguage de la foi trinitaire dans l'Eglise au ii* et au iii^ siècle ; foi héritée des Apôtres, appuyée sur l'Ecriture. A vrai dire, des flottements se produisaient. Nous en trouvons un exemple mémorable dans les controverses qui, peu après le milieu du uf siècle, mirent aux prises Alexandrie, Rome et Antioche, c'est-à-dire les trois plus grandes Églises qui fussent sous le ciel. Précisément, Vhomoousios était en cause. Arrêtons-nous à cet épisode célèbre et diversement compris.

Voici d'abord Alexandrie. Sur le siège épiscopal de cette grande ville, nous trouvons un évêque illustre, saint Denys, ancien disciple d'Orig-ène et confesseur de la foi. Son autorité s'étend à toute l'Eglise d'Egypte. Or, cette Église est travaillée par une hérésie antitrinitaire, l'hérésie monarchienne de Sabellius.

Denys s'est préoccupé d'enrayer cette propagande; il l'a fait, selon l'esprit de son maître Origène, en insistant beaucoup, et jusqu'à l'excès, sur la distinction des personnes divines et sur la hiérarchie indiquée par l'ordre de leurs processions : le Père au-dessus du Fils, le Père et le Fils au-dessus du Saint-Esprit.

.Les adversaires avaient beau jeu pour présenter cette doctrine sons un faux jour, comme si l'évêque d'Alexandrie affirmait réellement trois dieux, et, qui plus est, trois dieux inégaux. L'accusation fit son chemin; elle parvint aux oreilles du Pape Denys de Rome, qui crut devoir adresser à son homonyme alexandrin un avertissement sévère. Denys d'Alexandrie se justifia par un mémoire dont une page nous a été conservée par saint Athanase, dans l'ouvrage qu'il a consacré à la mémoire de son illustre prédécesseur. Voici cette page^ :

... J'ai déjà réfute le mensonge qu'on produit contre moi : on m'accuse de nier que le Verbe soit consnbstantiel à Dieu. J'avoue n'avoir rencontré ce nom, ne l'avoir lu en aucun passage des Saintes Écritures ; néanmoins, la suite de mes essais littéraires, que (les adversaires) n'ont point cités, n'a rien que de conforme à cette doctrine.

. En effet, j'ai rapproché (de la génération divine) la génération humaine, évidemment parce qu'elle se fait dans l'unité de l'espèce. J'ai dit positivement que les parents ne sont pas autres que les enfants, sauf qu'ils ne sont pas les enfants eux-mêmes : car il n'y aurait ni parents ni enfants. Quant à ma lettre, je le répète, les circonstances ne me permettent pas de m'en procurer le texte, sinon je vous aurais envoyé le passage, ou plutôt une copie complète; je le ferai, si je puis me la procurer. Mais j'ai bon souvenir d'avoir ajouté nombre de comparaisons, prises

• d'objets de même espèce. J'ai dit que la plante, procédant de la semence ou de la racine, est autre que son principe, mais pourtant de même nature absolument; que le fleuve, coulant de la source, prend un autre aspect et un autre

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